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Raclette : Norman n’a rien compris

Vous connaissez probablement Norman Thavaud (dit “Norman fait des vidéos”). Et si vous ne le connaissez pas, alors demandez à l’un de vos enfants ou ados. Ce cher Norman, donc, est l’un des plus célèbres Youtubeurs français. Et dès l’approche de l’hiver, l’une de ses vidéos circule abondamment : celle sur la raclette. Alors que j’écris cet article, elle dépasse les 12 millions de vues. Ce qui correspond (à l’heure où j’écris cet article) à 167 ans de trafic de ce blog… (mais ca progresse !).

Si cette vidéo est effrayante pour le designer énergétique que je suis, c’est qu’elle aborde un sujet fondamental du design énergétique. À un point tel que, lorsque je dois illustrer en quoi consiste cette pratique, je commence par parler de… raclette. Regardez la vidéo de Norman : vous y verrez la version électrique moderne de ce plat ancestral. À croire qu’il n’en existe plus d’autre.

C’est pour cela que je voulais vous présenter une merveille : la raclette à la bougie. Il s’agit de ce petit objet métallique, pouvant accueillir 1 poêlon et 3 ou 4 bougies chauffe-plat.

raclette - bougie

Pour quelqu’un comme moi, une telle expérience s’approche de l’extase. Et pour convaincre les 12 millions d’internautes qu’ils ont tout intérêt à faire la bascule, je vous propose 10 raisons pour lesquelles la raclette à la bougie est MIEUX que son pseudo-successeur électrique.

Raclette à la bougie – raison 1 : 1 appareil pour 1 convive

Un appareil à raclette électrique courant est prévu pour 6 poêlons (parfois 8 ou 12). Si vous êtes moins, l’appareil est trop gros : vous consommez autant que pour 6 convives. Si vous êtes plus, l’appareil est trop petit, vous jonglez avec des ressources trop rares. L’organisation d’une raclette efficace vous impose d’inviter le bon nombre d’amis.

En réalité, on est dans le même cas qu’avec une voiture, cet objet si souvent dimensionné pour le départ en vacances, et donc totalement inadapté à un usage quotidien en solo-voiturage.

Alors qu’avec la raclette à la bougie… Il y a toujours le nombre de poêlons adaptés, et la puissance évolue avec le nombre de participants. Il est même possible (je l’ai fait…) de manger une raclette SEUL, voire de se la faire quand les enfants préfèrent un Parmentier de canard (oui… mes enfants adorent le Parmentier de canard).

Raclette à la bougie – raison 2 : consommation énergétique divisée par 40

Faisons un peu de calcul… Un appareil à raclette électrique (comme on les décrit ici) représente de1000 à 1500 W. Ce qui nous fait tout de même, sous réserve de manger à six, 150 à 300 W par personne. Une heure de raclette représente donc une consommation de 0,3 kWh par personne. Evidemment, si on n’est que 3 sur un appareil à 6 poêlons, on se retrouve à 0,6 kWh/personne. Dans tous les cas, l’heure de raclette représente 1,5 kWh environ. Il s’agit bien d’énergie finale, consommée au niveau du compteur.

Evidemment, il s’agit d’électricité. Et pour avoir avoir l’impact réel, il nous faut remonter à l’énergie primaire. Soyons vraiment sympa, et prenons le coefficient de conversion primaire/finale conventionnel, soit 2,58. Cela nous amène a 0,78 kWhep/personne (si on est 6), la session d’une heure représentant 3,87 kWhep. Si on est un peu moins sympa, et qu’on prend le coefficient de conversion “physique” (soit 3,2 environ), on se retrouve à quasiment 1 kWhep/personne (si on est 6), la soirée coûtant quand même 6 kWhep.

Tristesse du four électrique…

Mais qu’en est-il de raclette à la bougie ? Pas très facile d’estimer la puissance d’une bougie. Heureusement, grâce à ce merveilleux article d’un astrophysicien, nous avons un ordre de grandeur que je trouve fort acceptable : 7 à 10 W. Comme mes chauffe-plat sont petits, prenons la valeur basse. Mon appareil à raclette individuel a donc une puissance de 21 à 28 W/personne (version à 3 ou 4 bougies). C’est déjà 7 à 10 fois moins que l’appareil électrique, en comptant en énergie finale.

Mais surtout, il ne s’agit plus d’électricité ! Le coefficient de conversion énergie finale / énergie primaire est donc très faible, par exemple 1,1 (j’aime cette valeur qu’utilisent nos amis Suisses). Cela nous fait une consommation par personne pour une heure de raclette égale à 23,1 Whep, soit… 43 fois moins que la version électrique !

Imaginez une publicité : “madame, monsieur… que diriez-vous de remplacer votre appareil par un autre qui donne le même résultat, mais qui consomme 43 fois moins de ressources naturelles ?”. Je suis déjà fan… et je ne vous ai donné que deux raisons sur 10.

Raclette à la bougie – raison 3 – émissions de gaz a effet de serre

Parlons un peu de changement climatique. Il y a différentes méthodes pour compter le contenu carbone de l’électricité de réseau. Si on considère la méthode officielle, dite “méthodes d’allocation”, alors l’électricité pour ma raclette devrait se compter en usage de cuisson, à 60 gCO2/kWhutile. L’heure d’utilisation de l’appareil nous coûte donc 1,5 * 60 g = 90 gCO2, qu’on se répartit au nombre de personnes. Si on est 6 (appareil complet), cela fait 15 gCO2 par personne.

Je préfère pour ma part la “méthode marginale”, qui évalue mieux la contribution de MON kWh. Et avec une telle méthode, le kWh de raclette se retrouve à… 600 g/kWh, comme le chauffage. L’heure de four à raclette électrique fait donc une émission de 1,5 * 600 = 900 g de CO2, soit 150 g/personne.

Et pour la bougie ? Je fais un calcul de coin de table… Nous avons vu plus haut que l’heure de raclette consomme environ 25 Wh/personne. Je vais faire simple : je considère qu’une bougie, c’est un peu comme du pétrole, avec des émissions de CO2 de l’ordre de 250 geqCO2/kWh. Pendant mon heure de raclette, les émissions de gaz à effet de serre seront donc de 0,025*250 = 6,25 g.

Moralité : ce calcul de coin de table montre que la raclette à la bougie émet 2 fois moins de gaz à effet de serre que la version électrique si j’utilise la “méthode d’allocation”. Mais si j’utilise la méthode marginale, plus représentative (d’autant qu’une raclette, ca se passe surtout le soir), alors la raclette à la bougie émet… 25 moins de gaz à effet de serre.

OK, c’est un calcul de coin de table… mais je ne vous parle pas d’un écart de 30%, ou 60%. Non. Il y a un facteur 25 entre les deux technologies !!!

Raclette à la bougie – raison 4 – ressources naturelles

Faisons bref… l’électricité en France, c’est 78% de nucléaire, pas mal de gaz et d’hydraulique, et sur les usages marginaux (voir juste au dessus), du charbon. Certes, vous pouvez brancher votre four à raclette chez quelqu’un qui vous fournit une électricité vraiment verte. Cela demande un peu de travail d’information, mais on y arrive.

Et la bougie ? Et bien ma foi… le problème est le même. Si on prend n’importe quel chauffe-plat qui vient de n’importe où, bien difficile de savoir ce qu’il y a dedans. Mais rien, absolument rien n’interdit de prendre de la cire de l’apiculteur local, ou de mettre de l’huile d’olive bio, ou n’importe quelle huile d’ailleurs.

J’ai tendance à penser que je maîtrise mieux la bougie que je mets que la manière dont mon électricité est produite. Encore faut-il que je fasse la démarche de prendre les bonnes bougies…

Sur ce point précis, je donne la victoire à la raclette à la bougie parce qu’elle me donne plus facilement la possibilité de maîtriser entièrement ce que je brûle. Mais passons aux sujets vraiment, vraiment importants…

Raclette à la bougie – raison 5 – le salon reste frais

Vous connaissez cette sensation qui monte après 20 minutes de fonctionnement du four à raclette… Les joues qui chauffent, l’impression d’être en juillet sans crème solaire, accentuée par l’ambiance dans le salon qui monte de 2 degrés en un quart d’heure…

Et bien ce n’est encore rien ! Car la plupart d’entre nous avons pratiqué la raclette dans des passoires énergétiques.

J’entends par là que, dans un logement français moyen, on peut s’attendre à ce qu’il faille de 100 à 200 W/m2 pour chauffer au plus froid de l’hiver. Concrètement, un radiateur de 1 kW dans une pièce de 10 m2, c’est courant. Cela tombe bien, c’est la puissance de notre four à raclette : le chauffage se coupe, le four fait le job, l’excès de puissance amène une sympathique petite surchauffe passagère qu’on attribue au vin, Mamie dit qu’elle a des vapeurs, et au bout de deux heures, on n’en parle plus.

Mais (et je veux bien un témoignage dans les commentaires, cher.e lecteur.trice), imaginons la même raclette dans une maison passive. Figurez-vous que dans un tel bâtiment, on limite les puissances de chauffage à 10 W/m2. Cela fait 100 W pour chauffer 10 m2, ou 1000 W pour chauffer 100 m2.

Jamais un chat ne s’approcherait d’un four à raclette

Un four à raclette normal est donc capable de chauffer un bâtiment passif d’une surface de 150 m2 au plus froid de l’hiver. Autant dire que si on veut gérer la soirée, il vaut mieux commencer fraîchement, parce que les températures vont monter en flèche. Solutions ? Je n’en vois pas beaucoup d’autres que d’ouvrir les fenêtres (ce qui est toujours un peu absurde en février) ou de faire la raclette dehors.

Ou alors, il y a la raclette à la bougie ! Vingt à trente watts par personne, c’est ce qu’il faut pour chauffer 2 à 3 m2, soit un espace vital confortable, sans surchauffe notable, surtout avec le by-pass de ventilation.

Notez donc : la raclette à la bougie est compatible avec les bâtiments passifs. Pas les fours électriques classiques.

Raclette à la bougie – raison 6 – le blanc reste frais

C’est bien beau d’aligner des chiffres, mais la raclette, bien entendu, ne saurait s’approcher de cette seule manière. Si l’appareil électrique, nous l’avons vu, est si gourmand, c’est qu’entre autre il est fort peu efficace. Détaillons un peu l’histoire de la raclette pour mieux comprendre…

Traditionnellement, on mettait une meule à fondre devant le foyer. Il y avait un rayonnement très important pour chauffer la pièce, et une petite partie de ce rayonnement était utilisée pour fondre le fromage. Il n’y avait donc pas, à proprement parler, de “consommation énergétique de la raclette”. On faisait comme pour beaucoup d’autres usages : on utilisait un système déjà présent (le foyer) pour faire autre chose.

Quand la fée électricité a décidé de faire, elle aussi, de la raclette, elle a procédé de la même manière : par rayonnement. Car la fée électricité n’a pas de formation en design énergétique… On a donc fait des “machins” avec une résistance portée au rouge, et chauffant par rayonnement un fromage qu’on approche. Ça marche, mais c’est très inefficace.

Et que veut dire “très inefficace” ? Ça veut dire qu’une faible partie de l’électricité est effectivement utilisée à fondre du fromage. Si on se réfère au calcul plus haut, on pourrait estimer un rendement maximal de l’ordre de 10%. Il en reste un peu pour garder les patates au chaud, mais bon, la plus grande partie sert surtout à chauffer la pièce (voir plus haut), et… le verre de vin blanc. Il n’y a que chez Norman qu’on boit du rouge avec la raclette…

Alors que la raclette à la bougie fonctionne fort intelligemment par conduction. Les 20 ou 30 W chauffent le dessous du poêlon, qui réchauffe le fromage. Le rendement est nettement meilleur, et surtout, ca ne rayonne pas dans tous les sens. Résultat : le blanc reste frais. Voilà de la physique utile…

Raclette à la bougie – raison 7 – finie la rallonge

De toute ma vie, j’ai le souvenir de cette grande question quand on se place autour du four à raclette : qui va devoir gérer le fil ? À l’époque, je ne voyais que cet inconvénient relativement mineur de passer une partie de la soirée avec une sorte de serpent noir sous le coude. S’ajoutaient les remarques permanentes du genre “Attention au fil !”. Avec un peu de malchance, on posait dessus un poêlon qui attaquait le plastique… C’était le bon temps.

Oui, le bon temps, car je ne me souciais guère des éventuels impacts des rayonnements à 50 Hz. Je sais, on peut dire “il y a controverse”. Il n’empêche… S’il y a le choix entre passer la soirée avec un fil à 1500 W sur les genoux avec une résistance à moins d’un mètre et rien, alors je choisis rien. Vive la raclette à la bougie.

On me rétorquera que brûler des bougies, c’est dangereux aussi, il y a des émanations, certains citent les COV, etc. Je répondrais que si vous êtes dans un lieu où 3 chauffe-plats allumés pendant une heure posent d’important problèmes sanitaires, alors vous avez de toutes façons un problème de ventilation qui dépasse largement la saison de la raclette. Je vous invite donc à relire cet article, ou à passer à l’avantage suivant…

Raclette à la bougie – raison 8 – un modèle démocratique réparti

La raclette à la bougie est au four à raclette électrique ce que les énergies renouvelables sont au système électrique nucléaire/fossile. Je m’explique.

Un four à raclette électrique est une installation importante, encombrante posée en un endroit fixe. Vous voulez en profitez ? Et bien déplacez-vous, et venez vous raccorder. Et une fois que c’est lancé, bien difficile de changer l’organisation : je n’ai jamais vu personne ne serait-ce qu’envisager de se déplacer parce que “on serait mieux dans le salon” ou “et pourquoi pas dans le jardin”.

Tout s’organise autour de cet appareil, on décide, et voilà, c’est parti pour la soirée. Et comme Norman le fait justement remarquer, c’est pareil pour le stock : toutes les patates, toute la charcuterie, tout est dans un stock central dans lequel chacun pioche en guettant un peu son voisin. En un mot : le four à raclette est une installation centralisée qui induit une organisation centralisée. C’était valable dans les années 60.

Allégorie rare du 17 ème siècle, intitulée “Tous autour du four à raclette” – On remarque qu’à l’époque, certains utilisaient des pics à fondue pour la raclette. Cette aberration a disparu au 18ème siècle.

Alors qu’avec votre petit four à bougies, vous faites bien ce que vous voulez. Vous pouvez imaginer une soirée raclette décentralisée avec trois convives sur la table, deux dans le séjour sur la table basse, quatre ados devant un film d’horreur, et deux jeunes enfants qui font dinette dehors. Car oui, les basses puissances permettent d’éviter les paniques du genre “Attention Kiliaaaaaaaaan, c’est super chaud !!!”. Tout cela est mobile, réparti, démocratique et peu dangereux.

Notons qu’il y aussi solidarité entre les régions : ceux qui ont un excès de fromage vont circuler pour le troquer contre une ressource plus rare, telle la viande des grisons ou la patate. De même que les énergies renouvelables décentralisées sont l’avenir de notre modèle énergétique, la raclette à la bougie est l’avenir de notre modèle de raclette.

Raclette à la bougie – raison 9 – vive la mobilité

Dans le monde, il y a deux sortes de gens : ceux qui ont un four à raclette, et ceux qui n’en ont pas. Sauf en Savoie, où tout le monde en a. Mais vous connaissez le problème : pour faire une raclette, il faut un four.

Soit vous en avez un : ça prend de la place, et comme il y a 6 ou 8 poêlons, soit on invite du monde pour compléter, soit on nous invite, et c’est tout un bazar pour le transporter. Ce n’est pas mobile. Rien que de décrire la situation, cela me fatigue…

Alors que la raclette à la bougie permet ce truc génial : organiser une raclette n’importe où, pour une à 800 personnes en donnant cette instruction incroyable : “chacun se débrouille”. Chacun son petit poêlon dans le sac à main, trois bougies, et c’est parti !

Et quand je dis n’importe où… Vous voyagez à vélo ? La raclette est possible. Vous voyagez en covoiturage? Aucun problème (essayez avec un four électrique). Vous partez en train ? Hop, la raclette dans le sac à dos. Vous partez à l’étranger ? Vous trouverez trois bougies (ou une huile exotique) sur place, prenez le four et un poêlon, tout pays civilisé a un fromage qu’on peut faire fondre sur des patates… La raclette à la bougie n’a aucune frontière, alors que la raclette électrique s’arrête au bout de la rallonge.

Raclette à la bougie – raison 10 – trouver l’amour

Si je vous dis “dîner aux chandelles”, quelles images vous traversent l’esprit ? Moi qui suis romantique, j’imagine une auberge isolée entourée d’une sombre forêt. Un hôte discret et chaleureux a dressé une belle table éclairée de bougies, un plateau de fromage local, des salaisons de la Région. On n’entend rien d’autre que le feu qui pétille. Il y a un vin doré (frais… voir plus haut) dans de jolis verres ballon, et je suis en charmante compagnie. Plus tard, nous conversons tandis que le feu s’éteint, éclairés par les mêmes chandelles qui ont fait fondre le fromage tout à l’heure.

(Soupir…)

Et si maintenant je vous dis “dîner au coin d’un four à raclette électrique”, vous pensez à quoi ?

(……………………)

Vous m’avez compris.

Oubliez les neuf raisons précédentes. Celle-ci, à elle toute seule, justifie que vous alliez immédiatement mettre dans la benne “ferrailles” votre four électrique qui, en plus d’être énergétiquement absurde, est un crime contre le romantisme. De toutes façons, si vous ne le faites pas, vous penserez à moi à chaque fois que vous le brancherez 😢😢 (souvenez-vous… 40 fois plus consommateur… 25 fois plus de gaz à effet de serre). Allez… bonne raclette quand même !

Et c’est promis, dès que le printemps arrive, je vous parlerai du barbecue 😭

PS pour Norman : Norman, sois gentil, refais-moi ta vidéo avec une raclette à la bougie, je te garantis qu’on explose le score (et je te dirai même où se trouve l’auberge).

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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charles - 16 juin 2020 Reply

Super idée ! je pense qu’on peut fabriquer des supports de poelon en utilisant des canettes vides. Elle sont très facilement modifiables avec une simple paire de ciseaux ou un cutter.
Si on enlève les deux ronds et qu’on coupe la surface du cylindre on peut déplier un joli rectangle.

Je réfléchis à un modèle avec trois canettes intacte pour la structure, et

Anonyme - 18 mai 2019 Reply

Dans la pratique, les gens qui font de la raclette à la bougie le font avec des bougies au pétrole.

Vous ne comparez pas l’énergie finale qui n’a aucune comparaison (allez griller de la raclette avec des bougies).
Les optimisations énergétiques de l’appareil à raclette peuvent être faites quelque soit l’énergie utilisée. Et il est vrai que l’appareil électrique est très peu efficace. On pourrait facilement en concevoir consommant 5 fois moins (par exemple en mettant une petite résistance chauffant autant que votre bougie). La comparaison serait alors tout autre.

Enfin concernant la déconnexion du réseau électrique, vous pouvez vous même constater que certains de vos lecteurs on fait ce choix. Le dernier que j’ai rencontré chauffait son eau avec une chaudière GPL, et avait un frigo GPL de camping, avec une efficacité déplorable. Ses panneaux solaires ne lui servait que pour quelques éclairages. A tous les niveaux (coût, émissions CO2, confort), son bilan était catastrophique, alors qu’il en était très fier. Mais je ne vais pas généraliser

    pascal - 18 mai 2019 Reply

    Bonjour,

    si j’ai publié ce commentaire reçu aujourd’hui, ce n’est pas tant pour y répondre que pour (re)dire que, sur le fond, je souhaitais ne pas le publier. En effet, il a été déposé sans signature ni sans contact d’aucune sorte. Étant plutôt du genre “cherchons à devenir plus intelligents ensemble”, je refuse systématiquement les commentaires non signés.

    Je n’ai pas, par ailleurs, compris la phrase “vous ne comparez pas l’énergie finale qui n’a aucune comparaison”.

    Il m’est fort difficile d’envisager une réponse à une remarque incompréhensible émise par un anonyme du web.

    Merci donc à l’avenir, de vous identifier, et de clarifier autant que possible vos propos.
    Et à bientôt.

    Pascal

Bénédicte - 11 février 2019 Reply

Bonjour Pascal,

Ta démonstration est excellente. J’adore.
Il fallait avoir de l’idée pour arriver à trouver les 5 dernières raisons (fil à rallonge, blanc frais, modèle démocratique, mobilité, amour).
Un seul bémol concernant la bougie, elle reste toujours une source de pollution directe ( émissions toxiques, COV… ) car la combustion est incomplète, même lorsqu’elle est 100% cire d’abeille et/ou huile de bonne qualité.
Dès qu’il y a fumée et/ou odeur (je ne parle pas de celle de la raclette qui se lache), il y a forcément pollution.
J’espère que Norman se manifestera…
Bonne journée

    pascal - 11 février 2019 Reply

    Bonjour Bénédicte,
    oui, tu as raison, dès qu’il y a mobilisation d’énergie, il y a un impact.
    Une différence importante entre l’électricité et la bougie, c’est la localisation : elle est chez moi dans le cas de la bougie, elle est… ailleurs dans le cas de l’électricité. C’est pour cette raison que j’ai donné un avantage sur ce point à la bougie.
    Par ailleurs, la notion de “pollution” est un peu délicate. Récemment, un ami expert du sujet m’a expliqué de manière limpide qu’en réalité, il s’agit d’un rapport entre émission de polluant et capacité d’absorption/évacuation par le milieu. C’est pour cette raison que j’ai mentionné que si la pollution d’une bougie chauffe-plat est un problème le temps d’une raclette, alors il y a probablement à s’inquiéter également pour tous les autres temps de la vie, car le milieu (la pièce, l’appartement, etc.) est probablement sous-ventilé.
    A bientôt, avec grand plaisir !

    Pascal

Bruno - 29 janvier 2019 Reply

Article intéressant, mais malheureusement avec à mon sens beaucoup d’erreurs.
– Erreur n°1 : Un appareil à raclette de 1500 W utilisé pendant une heure ne consomme pas 1.5 kWh. L’appareil est à pleine puissance (1500 W) pendant la chauffe, mais ne sera pas en permanence à pleine puissance. C’est le principe avec des plaques de cuisson
– Erreur n°2 : l’électricité marginale n’a de sens que si le système électrique est sous tension, et que les moyens à bas coût et à bas carbone (nucléaire et hydro) ne sont pas utilisés. L’usage cuisson est statistiquement celui le plus adapté. Prendre 600 gCO2 /kWh n’a pas beaucoup de rationnel. Ou alors dites à l’ADEME que la base carbone est fausse.
– Erreur n°3 : les ressources naturelles : 99% des bougies vendues en grande surface sont fabriquées à partir de pétrole. Aux lecteurs de se faire une opinion entre la pérennité du pétrole vs. le nucléaire et l’hydraulique qui représente plus de 85% du mix

Cela me fait penser à des écolos qui, voulant se débrancher d’EDF, s’éclairent à la lampe à pétrole :-). D’ailleurs pourquoi pas un article la dessus ?

    pascal - 29 janvier 2019 Reply

    Bonjour Bruno,
    merci beaucoup de votre commentaire attentif.
    Concernant le point 1, je ne suis pas d’accord avec vous. Une plaque électrique classique possède une modulation de puissance et une certaine inertie. Si on ne souhaite pas la puissance maximale, il y a effectivement une intermittence et la consommation n’est pas seulement Pmax*tmps.
    Mais un four à raclette ne possède aucune inertie, justement parce qu’il chauffe par rayonnement. D’ailleurs, la plupart des modèles n’ont aucune régulation, on branche ou on débranche. Lorsque je mesure (avec un petit wattmètre personnel), je n’observe aucune variation de puissance, cela tourne à fond tout le temps. On peut d’ailleurs tenter de faire fondre la dernière tranche de fromage après avoir débranché, pour profiter d’une éventuelle inertie, ca ne marche vraiment pas bien.
    Je maintiens donc qu’en première approche, un four à raclette ne fonctionne qu’à puissance maximale, tout le temps. Ce n’est probablement pas le cas, par exemple, pour les appareils à fondue ou les sauciers qui possèdent souvent un variateur de puissance.
    Votre point n°2 est important, c’est pour cela que j’ai mentionné les deux méthodes. Je pense effectivement que la base carbone de l’ADEME est loin d’être représentative. Si je me base en priorité sur la méthode marginale, c’est parce que la raclette se pratique plutôt en soirée… mais je vous l’accorde, il peut y avoir débat. La bougie reste gagnante avec la méthode par allocation.
    Quand au point 3, je pense que nous sommes d’accord. Ce que je dis dans l’article, c’est que la bougie permet a priori mieux la maîtrise individuelle. Je n’ai pas de statistique sur la composition des bougies de grande surface, j’ai donc un a priori négatif. Mais il est facile et pratique de mettre de l’huile végétale dans le petit réceptacle. Il est aussi facile d’acheter des “kit bougies” pour fabriquer les sienne, avec ce qu’on veut. J’en parle dans l’article.

    Le rapprochement avec “les écolos qui veulent se débrancher” m’interpelle, je veux bien plus de précision, pour (pourquoi pas) faire un article comme vous le suggérez. S’il y a un point que j’évite, c’est le binarisme, du genre “EDF ou déconnection”. En ce qui concerne la raclette (comme pour la bière), j’ai balayé 10 sujets, techniques ou pas. La plupart des arguments m’orientent vers la bougie, et si vous lisez bien, pas n’importe quelle bougie. A chacun de faire son cheminement.
    Merci encore de votre contribution, et à bientôt j’espère.

    Pascal

JD - 28 janvier 2019 Reply

Merci pour l’article !

Sans être un ingénieur mais en ayant quelques connaissances en thermique, je dirais qu’il est possible d’optimiser le système de chauffe que l’on voit sur la photo en
(i) fermant davantage le foyer avec des matériaux réfléchissant (transfert par rayonnement), ce qui permettrait également de
(ii) canaliser un maximum de l’air chauffé (transfert de chaleur par convection) et en
(iii) disposant des ailettes au niveau du poêlon (transfert de chaleur par conduction).

Cela permettrait d’augmenter le rendement du système et donc de diminuer le nombre de bougies nécessaires à la chauffe et faire autant d’économie d’énergie.

Comme dirait l’autre, il n’y a pas de petites économies (d’énergie 😉 )

Bonne continuation,
JD

    pascal - 29 janvier 2019 Reply

    Bonjour JD,
    merci pour ces suggestions. Et oui, pourquoi pas ? Concernant le poêlon, je sais que le concepteur s’est posé la question de la compatibilité par rapport à des poêlons standards. Mais c’est sûr que si le standard devient le “poêlon par conduction”, on pourrait envisager un design différent;
    Votre réflexion sur les fermetures de foyer me renvoie aux conceptions de réchaud, où l’on cherche effectivement à maximiser le rendement.
    Belle journée à vous, et à bientôt.
    Pascal

Pierrick Chevillotte - 28 janvier 2019 Reply

Formidable ! Et rempli de bon sens… J’adore !!!

Jean-Claude Arnouil - 28 janvier 2019 Reply

Excellent article, j’adore ! (autant que la raclette 😉
Juste une petite question, qu’utilise-tu pour faire le support des poêlons ? Il sont jolies tes supports rouges .. ça ajoute au romantisme en plus 🙂
Etant pour le moment déconnecté du réseau, j’avais renoncé à faire une raclette entre amis .. (pas envie de vider la moitié de ma batterie de 5 kWh pour une heure 1/2 de raclette .. ) .. mais après ton article, tout redevient possible !
Cela fait 4 mois que je vis en (quasi) autonomie énergétique et je dois dire que c’est très formateur car c’est un moyen unique de “toucher” l’énergie et d’apprendre la sobriété .. heureuse .. autour d’une bonne raclette à la bougie !
A bientôt !
– Jean-Claude

    pascal - 29 janvier 2019 Reply

    Bonsoir Jean-Claude,
    heureux que cet article ait pu te redonner un espoir !-)
    Les supports que je connais sont en acier laqué. Certains modèles sont juste en tôle pliée, d’autres un peu plus complexes. Je vais être honnête : j’ai le rêve d’en faire un modèle “spécial Incub'”, réalisé en bidons recyclés. encore faut-il trouver un métallier ou un organisme qui accepte de me les faire d’une manière honorable en payant normalement les gens.
    peut-être l’année prochaine ?
    Si vous avez des tuyaux, je veux bien.

    Pascal

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