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Quatre méthodes infaillibles pour rater son projet de construction

Je vais être franc avec vous. Quand j’ai commencé à travailler dans le bâtiment, c’était en partie pour me trouver un nouveau métier. Mais aussi parce que je me disais que je pourrai moi aussi construire de mes mains ma super maison écologique que j’aurais moi-même conçue. Je le ferai bien sûr selon les principes bioclimatiques et écologiques les plus évolués.

La réalité fut fort différente. Au fur et à mesure que les années passaient, j’ai vu 10 puis 50 puis 200 projets de maison auto-construites. Elles l’étaient par des gens en général passionnés voire obsédés par leur projet. Il aboutissaient presque tous un résultat médiocre voire catastrophique.

Je ne vous cite qu’un exemple : il y a quelques années, je visitais une école alternative située dans le sud de la France. Les parents très motivés s’étaient regroupés pendant un été entier pour construire un nouveau bâtiment éco-conçu. Ils l’ont réalisé avec une ossature bois isolée en paille et recouvert d’un enduis terre. Je visitais ce nouveau bâtiment, fierté de l’école, d’une surface d’envions 80 m2. Nous étions alors 5 dans cette salle.

L’institutrice qui nous faisait visiter vantait les mérites de ces murs « respirants » et de l’ensemble des techniques écologiques mises en œuvre. Elle nous montrait les enduis terre, l’isolation en paille, nous parlait du chantier coopératif, etc. Soudain, elle s’interrompt : « Snif snif, il y a une couche pleine dans cette pièce ! » Effectivement, une légère odeur de caca enfantin flottait dans la pièce. Nous n’étions que 5, ce fut assez facile d’en détecter l’origine. Le bébé qui jouait tranquillement à l’autre bout de la pièce avait effectivement rempli sa couche…

Je vous pose la question : comment se fait-il que dans un bâtiment écologique à l’air sain, on puisse en quelques instants détecter l’odeur de couche d’un bébé situé à de 10m. de distance ? Une seule réponse possible : l’air ne se renouvelle pas. Or, un air qui se renouvelle pas, c’est une ambiance malsaine. Nous n’étions que 5 dans cette pièce, je vous laisse imaginer le résultat avec 25 enfants.

Cet exemple est resté pour moi l’un des archétypes du bâtiment réalisé avec la meilleure volonté du monde. Un groupe d’auto-constructeurs enthousiastes aboutit à un résultat joli, mais de qualité médiocre. Il m’a semblé, à la longue que différents profils-types d’auto-constructeur ou d’auto-concepteur se dessinent. Des sortes d’archétypes de fonctionnement de gens souhaitant réaliser par eux-mêmes tout ou partie de leur projet. Après 15 ans d’expérience, je considère ces profils comme de bons indicateurs d’échec d’un projet. Je vous laisse les découvrir… en gardant le sourire !-)

Auto-construction – Archétype 1  : l’auto-concepteur auto-proclamé

Je range dans cette catégorie des gens (souvent des ingénieurs, des cadres techniques ou des professeurs) qui estiment disposer des capacités suffisantes à réaliser la conception énergétique d’un bâtiment. Bien souvent, ils achètent pour quelques centaines d’euro, un logiciel « professionnel » tels que PHPP, voire un logiciel de STD tel que Pléiades+Comfie. Ils passent alors des dizaines d’heures le soir ou les week-ends à découvrir ce nouveau jeu vidéo et à développer sur cet outil le modèle de leur maison de rêve. Beaucoup de temps et d’énergie aussi sur un forum comme Futura-Science.

Que se passe t-il ? Ce type d’auto-constructeur ou plus précisément d’auto-concepteur part du principe que, sur la base de sa culture scientifique, de ses compétence d’ingénieur ou de chercheur, il peut capitaliser, intégrer les différentes données du bioclimatisme, de l’énergétique du bâtiment, et ainsi obtenir un bâtiment « performant ». (Je vous invite au sujet de la performance à revisiter cet article). Notons que l’achat du logiciel est bien souvent précédé de l’achat et la lecture passionnée des livres (très intéressants par ailleurs !) de Jean-Pierre Oliva, aux Éditions Terre Vivante.

Quel est le problème? C’est qu’il y a une différence très importante entre “posséder une voiture de course” et “être pilote de course”. Dans le premier cas, il suffit d’acheter l’objet et de lire le manuel pour faire 3 tours de circuits sans accident. Dans le deuxième, il faut des années de pratique, d’entraînement et de recul sur sa pratique. Il faut aussi (souvent) savoir s’entourer.

De même, tout le monde peut obtenir un résultat de calcul disant que “le bâtiment va consommer 14,3kWh/m2/an” avec certaines hypothèses abstraites. De là à en déduire quelque chose d’utile dans la conception, il y a un pas, voire le Chemin de St Jacques en entier.

Car, que fait un expert qui manipule un logiciel ? La première chose qu’il fait, c’est de considérer qu’il a un outil à son service et non pas un oracle qui va prédire une performance. L’outil de calcul ne sert qu’a confirmer ou à infirmer des hypothèses de conception. Par ailleurs, comme je l’ai indiqué dans cet autre article traitant de la STD, l’expert ne réalise finalement qu’une dizaine ou une quinzaine de simulations dont il sait exactement ce qu’il attend comme résultat en fonction des cas qu’il entend valider. Ce n’est pas du tout ce que réalise notre ingénieur ou notre concepteur auto-proclamé. Bien souvent, il réalise un nombre incroyable de simulations dont les résultats donnent des informations à utilité fort relative. Je le sais parce que je l’ai fait pendant plusieurs années !

Au final, ces auto-concepteurs ne réalisent souvent que des simulations destinées à confirmer leurs propres croyances. En s’appuyant sur un calcul “rationnel”, ces croyances se légitiment.

Bref, il ne viendrait à l’idée de personne d’imaginer qu’après quelques soirées passées sur la question, on deviendrait apte à concevoir un avion, un moteur, ou un sytème électronique extrêmement performant. Et bien d’une manière surprenante, la plupart des ingénieurs ou des enseignants en sciences techniques, s’estiment en revanche, compétents à concevoir un objet aussi complexe qu’un système usager-bâtiment moderne. Il n’est donc pas surprenant qu’à l’expérience, la plupart des bâtiments ainsi conçus s’avèrent d’une piètre performance et d’un confort souvent très problématique.

Auto-construction – Archétype 2 : l’auto-constructeur en kit

On a là une démarche très courante parmi les gens qui s’intéressent à la construction dite « alternative ». Il est en effet très simple de consulter des ouvrages (comme cet autre livre passionnant) ou des magasines traitant de la construction écologique (celui-ci est excellent : La Maison Écologique). On peut lister certaines caractéristiques fréquentes dans les bâtiments écologiques. Par exemple, ils sont réalisés en ossature bois, ou bien isolés avec de la paille. D’autres sont équipés d’un puit canadien, d’une ventilation double flux, d’un “mur capteur” ou d’un chauffage par poêle de masse.

De ces descriptions individuelles, on pourrait émettre l’hypothèse que la compilation de ces différentes caractéristiques, toutes mises ensemble, nous donnerait le top du bâtiment écologique. Et on trouve effectivement une multitude de bâtiments auto-conçus et/ou auto-construits qui disposent de l’ensemble de ces caractéristiques. Le cas typique est une ossature-bois-isolé-en-paille-avec-des-baies-vitrées- au-sud-poêle-de-masse-ventilation-double-flux. Avec un peu d’expérience, on est à peu près sûr (sans calcul) qu’il fonctionnera extrêmement mal et sera invivable une bonne partie de l’année.

C’est logique. Ce n’est pas parce qu’on aime le chocolat, les moules et le fromage que la raclette-aux-moules-chocolatées sera une réussite. De même, il est absurde de considérer que le fait d’additionner des caractéristiques individuelles dans un même bâtiment permet d’additionner les différentes qualités. A titre d’exemple, un bâtiment en ossature bois, isolé en paille est forcément à inertie légère. Ceci pose de très graves problèmes, lorsqu’on le dote d’importantes surfaces vitrées sensées maximiser les apports passifs et de surcroit si on l’équipe d’un poêle de masse ne permettant quasi aucune régulation à l’échelle de la journée.

Souvenons-nous : nous parlons d’un système, d’un holisme. La pensée “en kit” ne fonctionne pas ici, il nous faut une pensée systémique.

Auto-construction – Archétype 3 : l’amoureux d’une technique

On trouve des passionnés du puit canadien, l’obsédé de l’isolation paille (technique GREB… ou non) l’amoureux de la brique monomur et des toqués du mur capteur. J’en passe et des meilleur(e)s. Souvent, avec la meilleure volonté du monde, ces gens passent un temps important à se former sur des chantiers participatifs sur leur technique de prédiclection. Il acquièrent ainsi  la compétence nécessaire pour pouvoir appliquer la technique sur leur propre chantier. Ces démarches sont fort honorables.

Malheureusement, un bâtiment est un objet technique faisant appel a des dizaines de techniques. Et chacune de ces techniques possède au moins une “alternative”. Pour l’électricité ? il y aura l’électricité biocompatible. Pour la ventilation ? C’est sans fin, entre naturelle, traversante, simple ou double… Le recours approfondi à une technique, aussi séduisante soit-elle, ne peut résumer la performance finale. Ainsi, comme je l’ai montré en introduction, ce n’est certainement pas parce que l’on a réalisé un mur en  paille que l’on a réalisé un bâtiment sain. De la même manière, ce n’est pas parce qu’on a choisi un processeur d’une marque réputée, que l’on a obtenu un ordinateur performant. C’est de la cohérence des différents composants (et il sont multiples dans un bâtiment) que résulte la performance globale. Et non pas de l’intérêt particulier, même si on est très amoureux d’un unique composant. Et souvenons-nous que pour chacune de ces techniques, devenir un expert d’un niveau suffisant prend quelques années.

Auto-construction – Archétype 4 : le “bon bricoleur”

J’ai vécu cette situation maintes et maintes fois. Je discute avec un ami, un collègue ou une connaissance. Ou mon père. Je lui explique que depuis des années, je fais des recherches, je travaille quotidiennement sur la performance énergétique des bâtiments. Et soudain, la réponse survient : « ah oui, moi aussi, j’ai un oncle, il s’y connaît drôlement bien, il a retapé 3 maisons lui-meme, il vient d’ailleurs de refaire le carrelage de sa cuisine. »

Je sais alors que je me trouve confronté à un «  bon bricoleur ». Celui qui, tous les week-ends, va dans une grande surface de bricolage (une “GSB”, comme on dit) pour mener lui-même un chantier ou une rénovation. Et bien, même si cela m’attriste, je me dois d’affirmer que l’immense majorité de ces chantiers réalisés par des « bon bricoleurs » sont des catastrophes.

Pourquoi ? Notons d’abord que bien souvent, il s’agit de chantier de rénovation. Or, on sait depuis maintenant une quinzaine d’années qu’une rénovation ne saurait être menée proprement sans approche globale. En l’absence d’une telle approche, on est à peu près assuré de réaliser des travaux d’une pérennité moyenne, d’une performance énergétique à peu près nulle et d’une performance économique pitoyable. C’est tout particulièrement vrai pour les aspects liés à l’humidité et à la ventilation. On compte par dizaine les bâtiments envahis de moisissure moins de 10 ans après une “rénovation” mal menée.

Or, la caractéristique du bon bricoleur est de raisonner élément par élément et non pas dans le cadre d’une approche globale. A priori donc, je considère aujourd’hui le « bon bricoleur » comme un danger pour le bâtiment sur lequel il intervient. Je pense néanmoins que le bon bricoleur peut être une ressource intelligemment utilisée dans le cadre d’une démarche efficace, concertée à l’avance, voire imaginer qu’un professionnel, tel que l’architecte ou le designer énergétique, peut lui fournir la vison globale qui lui fait en général défaut.

L’autre danger du bon bricoleur est son autorité dans le cercle où il agit. Les architectes ou bureaux d’études le savent bien. Quarante ans d’expérience ne pèsent rien face à l’expérience “de bon sens” du voisin-qui-a-rénové-l’appartement-de-son-neveu. Je dis que c’est un danger parce que souvent, l’intervention du “bon bricoleur” est un signe de discussion “en opposition”, et non en coopération. J’aime, dans ces situations, me souvenir d’une étude de  la MIQCP : les phases de conception engagent la performance est les frais liés au bâtiment pour les 40 ans à venir. L’effet de levier est maximal. Bricoleurs, pesez l’effet long terme des affirmations avancées lors de ces phases !

Conclusion

Le point commun entre un chef de cuisine et un architecte

Ces quatre profils typiques ne sont, bien entendu, pas incompatibles. On rencontre (malheureusement) des ingénieurs auto-proclamés, amoureux d’une seule technique et bons bricoleurs. Cela ne présage pas grand chose de bon sur le projet.

Je voudrais conclure par une citation (de mémoire… j’ai perdu le livre !) d’un livre de cuisine de Marie-Nöel Rio. On y trouve un paragraphe intitulé “À quoi servent les restaurants ?” : « Si vous allez dans un restaurant et que vous commander un melon au jambon, vous êtes un sot. Un restaurant est fait pour expérimenter des cuissons complexes et des mélanges uniques que seule une équipe compétente menée par un chef expérimenté peut réaliser».

C’est exactement la même chose pour un bâtiment : le professionnel, comme l’architecte, le concepteur spécialisé, le designer énergétique, le maitre d’oeuvre, se caractérise par cette capacité à avoir une vue panoramique du projet dans lequel les questions de calcul, les questions de modes constructifs, fussent-ils alternatifs, les questions de techniques de réalisation (que peut réaliser le bon bricoleur ou un artisan) trouvent une place cohérente avec l’ensemble, toutes choses qui prennent des années à acquérir. Quel est le point commun de ces quatre profils d’auto-quelque chose ? J’en vois deux très importants.

Le premier est que, ne pouvant se fonder sur une expérience ou une vue panoramique, ils ne peuvent (et c’est bien normal, ils ont autre chose à faire) se concentrer que sur une portion du problème. Ils ne peuvent avoir la vison systémique du complexe bâtiment-usage dont nous savons bien qu’il s’agit là du réel problème à résoudre.

Le deuxième est nettement plus difficile à combattre. Auto-concevoir, c’est mettre une forte dose d’affectivité dans le projet. Et c’est courir le grand risque de voir les croyances empêcher l’objectivité, la tempérance voir l’honnêteté intellectuelle.

On n’est plus dans les années 50

Je comprends bien, pour l’avoir vécu moi-même, à quel point le mythe de l’auto-construction est satisfaisant. Depuis des siècles, chacun rêve de bâtir sa maison, de tailler sa grotte dans la falaise pour abriter sa famille des animaux sauvages ou des ennemis velus qui souhaiteraient la décimer. Mais les temps ont changé. Les bâtiments d’aujourd’hui sont beaucoup plus qu’une simple cahute élevée avec trois branchages et quelques pierres. Ils regroupent de nombreux paramètres techniques. Leur isolation importante les rend très intolérants aux écarts par rapport à l’usage prévus. Toute cette évolution récente, en particulier depuis ces 15 dernières années, rend très difficile l’approche empirique et de bon sens qui rendait autrefois possible une auto-construction de qualité.

Suis-je en train de vendre à toute force des prestations d’accompagnement ? Non. Ce que je recommande, c’est plutôt de savoir conserver de la modestie et de l’intelligence. Les ressources sont intelligemment utilisées lorsqu’on l’on se concentre sur ce que l’on sait faire, et lorsque l’on a recourt à quelqu’un qui va beaucoup plus vite et qui est beaucoup plus efficace sur les choses que l’on mettrait très longtemps à acquérir ou à maitriser à un niveau suffisant.

À vous qui me lisez et qui révez d’auto-construction : ne renoncez pas pour autant à vos envies de mettre la main la pâte. Mais je vous invite vraiment à considérer de manière objective et modérée vos ressources, les compétences nécessaires et le niveau de performance global qui doit être atteint sur un bâtiment récent. Ni plus ni moins, il s’agit de vous respecter VOUS et de respecter la noblesse de la tâche que vous envisagez. Soyez bien convaincu que je parle pas là uniquement de bâtiments extrêmement technologiques. Le problème est exactement le même si l’on souhaite concevoir une maison tout à fait rustique, isolée en matériaux écologiques et équipés avec une ventilation naturelle. Une ventilation naturelle ne fonctionne pas uniquement avec la croyance erronée que, en ouvrant les fenêtres, ça va aller. Au minimum, ayez l’objectivité de mesurer les taux de CO2 dans les locaux, et tirez-en les conséquences. Soyez LEAN, parce que vous lancez un prototype !

NOUVEAU (mai 2019) : après en avoir exploré les contenus, je recommande aux candidats auto-constructeurs les formations proposées par Solution ERA. Cette entreprise québécoise a adapté ses contenus pour la France, et propose un cursus pertinent et plutôt complet pour aborder les questions dans le bon sens. Et si cela vous semble trop cher, reposez-vous VRAIMENT la question des endroits où il vous semble important de mettre de l’argent. Vous verrez qu’investir dans votre compétence, c’est probablement ce que vous pouvez faire de mieux… 

Pour finir

Je serais très heureux de recevoir des témoignages d’auto-construction réussie. Par réussie, j’entends des auto-constructions objectivement conformes aux objectifs visés et qui n’ont induits que de la joie chez les gens qui l’ont conçues. A titre personnel, j’ai été tellement ému de la quantité de projets ratés que j’ai quasiment cessé d’accompagner des auto-constructions. Trop dur, je suis un sensible.

Ainsi donc, si vous êtes un ingénieur autoproclamé, témoignez donc de vos calculs de conception efficace bien menés et ayant conduits à une conception bien réalisée. Vous êtes un bon bricoleur ? Merci de vos témoignages de rénovation subtile et pérenne. Vous êtes amoureux d’une technique de construction ? Merci de vos témoignages de vos conceptions globales menées grâce à votre amour de cette technique précise.

Merci de vos commentaires qui mettront en défaut tout le mal que j’ai pu dire de vos capacités d’auto-concepteur. Merci de me faire mentir !

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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Christian - 27 juillet 2020 Reply

Bonjour,

Le résumé de Pascal est pertinent, humilité et intelligence.
Architecte de profession, je ne suis qu’un maillon de l’acte de bâtir, un acte humain dans lequel l’imperfection se corrige quotidiennement. Toutefois les 3 ou 4 chantiers en auto construction auxquels j’ai participé ont pour trait commun d’avoir créé des liens humains forts entre les participants.
Comme dans certaines régions ou tout un village participe à une construction communautaire, le chantier devient un lieu de lien social, je tenais à préciser que c’est aussi ça la construction.
Je prend souvent l’exemple des pyramides Egyptiennes. Souvent présentées comme un chantier d’esclaves elles était bien au contraire le lieu ou pouvait s’affirmer l’engagement des habitants dans leur collectivité qui les reconnaissait comme tel en retour.
En tout cas je milite du mieux possible pour les chantiers à taille humaine avec des relations sincères et des participants humbles et intelligents 🙂

Christian

    pascal - 27 juillet 2020 Reply

    Merci Christian de votre regard de professionnel.
    Et merci pour les pyramides : une espèce d’auto-construction participative, donc ?

Y lemarchand - 12 juillet 2020 Reply

Bonjour. Merci pour vos refelectiins sur l’autoconstruction que je trouve fort intéressante. J’ai moi même entrepris a ma retraite 62 ans l’auticonstructiln de ma maison pour finir mes jours. C’est une maison de 70m2 habitale. Ossature bois isolation laine de verre 15 cm mur et 39cm toiture. Chauffage électrique dans la dalle de 5cm plus carrelage isolation du dol 8 cm. Vmc simple flux. Bardage bois, Tout fonctionne électrique y compris la voiture. Dépense énergie annuel 135€ / mois. Température hiver 19*, l’été en canicule nous ne dépassons pas les 26. Cela correspond à ce que j’avais envisagé pendant l’étude. Pleinement satisfait depuis 8 ans d’exploitation. C’est une réalisation simple un rectangle de 9.60m x 7,80m. Pas de complication d’angle et autre a ajuster et réaliser. J’envisage actuellement de construire une autre maison pour occuper les journées, avec une isolation un peut plus performante, une ventilation double flux pour le reste cela restera dans la continuité de la 1er réalisation. Merci pour votre article. Je vais consulter un thermicien et aerolicien pour définir qu’elle critaire peut être amélioré ou annuler. Cordialement Y. L

Tonny - 5 février 2020 Reply

Bonjour,

Ces articles mis à la disposition des lecteurs sont vraiment très intéressant!
Quant à moi, j’ai découvert une manière très efficace de construire sa maison et économiser des milliers d’euros ou dollars à chaque étape de la construction ici:http://bit.ly/Economisezdesmilliersdeurossurtouteslesétapesdelaconstruction

Je me permets de la poster ici car elle devrait aider beaucoup de personnes à dépenser moins dans leur construction.

Merci et à bientôt sur d’autres articles!

Eric - 26 mai 2019 Reply

Bonjour, et merci pour cette synthèse. Auto-constructeur, TB bricoleur, technicien et maintenant professeur, je suis de ceux qui s’épanouissent plus dans une GSB que dans les garages automobiles et vestimentaires!
Oui, j’ai construis ma ”cabane” et momentanément tt va bien. Peut être pouvez vous ajouter que les profiles comme le mien peuvent accéder au CAUE départemental. Architecte et thermicien sont à votre disposition. Ils m’ont accompagnés au démarrage du projet(6 RDV), recadré et poussé à construire une maquette 1/10 de mes plans.
A ce jour, un seul regret sur le choix d’un baie à galandage.

    pascal - 27 mai 2019 Reply

    Merci Eric de votre partage. Vous avez raison de mentionner que les ressources existent pour obtenir de l’aide pertinente sur le projet, pour trouver le bon équilibre et maximiser les chances de succès en auto-construction.
    Amicalement,

    Pascal

Vincent - 19 novembre 2018 Reply

Bonjour,
Cet article est intéressant, je me permet de vous partager en liens, le blog de mes parents, qui ont construit eux même leur maison en ossature bois d’environ 160m2. Cela fait un peu près 20 ans maintenant qu’ils vivent dedans et à ce jour on peut dire qu’ils sont très satisfait de leur maison. Le seul chauffage qu’ils possèdent est un insert placé au centre de la maison. Je classerai mes parents dans la catégorie des “bons bricoleurs” leur métier n’a rien avoir avec la construction ou le bricolage. Par contre ils ont passé beaucoup d’année a lire, apprendre et réfléchir à leur projet avant de se lancer.

Voici le lien du blog http://maison-bois.over-blog.net/

    pascal - 6 décembre 2018 Reply

    Bonjour Vincent,
    merci beaucoup de votre partage. C’est intéressant d’avoir des témoignages de maisons qui fonctionnent avec une unique chauffage à bois sur des surfaces importantes. Bien qu’il y ait de nombreuses références, c’est typiquement une conception qui n’est pas sensée exister depuis la RT2012.
    Encore une preuve que monde réel et monde réglementaire sont bien différents !-)
    A bientôt.

    Pascal

Jean-Pierre - 28 mai 2018 Reply

Bonjour
Autoconstructeur de mon projet en cours, je dirais tout d’abord qui ne tente rien, ne se trompe qu’une fois !
Je construis une maison mixte (brique collée-bardage bois de 165m◊) avec une mezzanine, une véranda et un garage accolé.

J’ai vite déchanté sur mon optimisme et pour tenir le coup j’ai dû adopter la formule un jour à la fois !
Pour un autoconstructeur seul comme moi, le temps est le premier élément clé du chantier qui vole aux éclats ! Ensuite, généralement, c’est le “bon conseil” qui m’a fait défaut crucialement !
L’autoconstructeur, contrairement à une entreprise ou un artisan, prend normalement le temps de soigner son travail ou de rattraper des erreurs… C’est un gros “plus” !
Bien d’accord qu’un tel investissement soit une rude aventure, mais chaque phase terminée nourrit l’espoir !!
En prenant le pouls du bâtiment, j’en suis venu à l’opinion que malheureusement le secteur croulait dans un gigantisme royaume de malfaçons !
Au-devant de ce constat, pour moi, la course au devis ne sert à rien, car c’est toujours trop cher quand c’est mal réalisé !
Ensuite, au fil du temps, j’en suis venu à penser qu’avec toutes ces contraintes(lois, budget, lobbyisme, etc.) on négligeait beaucoup trop la simplicité dans la conception ! Si je devais refaire un projet (j’en doute, j’ai 53 ans !), il y a beaucoup de choses que je ferai différemment !
Les marchands de négoces ne cherchent qu’à vendre leurs produits en stock et les fabricants vantent des matériaux qui sont parfois très loin d’être reluisant pour la fonction qui leur est attribuée !
De plus aujourd’hui, un autoconstructeur sur une rénovation va devoir être très stratégique pour se débarrasser de ses déchets, car les temps changent… Dans mon coin, nous payons très cher le ramassage des ordures ménagères et la déchetterie va nous mettre un portillon électronique avec des restrictions de volumes par semaine !
Bref, on pourrait écrire un roman !
Courage à ceux qui sont dans le jus !
Jean-Pierre

    pascal - 28 mai 2018 Reply

    Bonjour Jean-Pierre,
    vous êtes la deuxième personne aujourd’hui à dire que cela pourrait faire l’objet d’un roman !
    Les expériences sont très diverses, merci beaucoup d’avoir partagé la vôtre. Au plaisir !

    Pascal

David Bourguignon - 28 mai 2018 Reply

Connaissez-vous la FEDAC ? https://www.fedac.fr/

    pascal - 28 mai 2018 Reply

    Bonjour,
    je ne connaissais pas, merci beaucoup de cette information. Très heureux de voir, dans la brève vidéo de présentation des visages connus.
    Le projet porté me semble en effet important !
    Merci encore de cette ressources.
    Amicalement,
    Pascal

gvarchitecte - 3 mai 2018 Reply

Cher Pascal,

J’habite en Suisse et suis architecte. Lors de mes études, j’ai effectué un travail de recherche passionnant sur les autoconstructions et je trouve vos constatations quelque peut catégoriques et hâtives.
En effet, il ne faut pas oublier qu’à l’échelle mondiale, l’immense majorité des constructions sont faites sans architectes et appartiennent à la catégorie des autoconstructions. Il en va de même des constructions vernaculaires qui répondent à des contraintes climatiques parfois extrême alors qu’elles sont le résultat de siècles d’améliorations empiriques de techniques transmisent de générations en générations. Si vous regardez les immeubles en terre de Sanaa au Yemen ou les huttes primitives des caraïbes ou encore les fermes d’alpages du Haut-Valais, vous verez que ces autoconstructions répondent parfaitement à leur environnement et utilisent des matériaux de proximités et des techniques constructives simple et efficace. Ces qualités sont exactement les fondamentaux de l’architecture écologique. Aujourd’hui, la complexité dans le secteur de la construction est grandissante. Les différentes professions liées à ce secteur deviennent des spécialisations de plus en plus pointues. Les immeubles s’ennoblissent de labels énergétiques. Malheureusement, l’incompétence récurrente de certaines entreprises et de certains architectes donnent des résultats désastreux à de nombreuses constructions. “Nous sommes fier d’inauguré cette immeuble Minergie Eco.” Puis, 2 ans plus tard, on se rend compte que les habitants ouvrent leur fenêtre, ce que les calculs savants qui ont permis l’attribution du label et des subventions qui y sont associées n’avaient pas prévus.
Je pense que, toute proportions gardées, il y a plus de mauvaises constructions issus d’une organisation traditionnelle (architecte, ingénieurs, entreprises) que d’autoconstructions. Cela pour deux raisons: l’auto constructeur va commettre de nombreuses erreurs mais il va mettre tout son cœur à l’ouvrage. Il est motivé car il a décidé d’investir du temps et de l’argent dans son projet. Si il est bien aiguillé pour la technique du bâtiment, sa construction sera fonctionnelle. En revanche, vous le savez comme moi, les motivations de certains professionnels de la constructions sont toutes autres. L’hypocrisie, l’appât du gains, la mauvaise fois, l’incompétence parfois ahurissante sont autant de raisons à la médiocrité du résultat final.

L’autoconstruction est une réponse aux problèmes sociétaux de l’homme d’aujourd’hui. Habitants des villes, nous vivons de plus en plus dans un monde virtuel. Les connexions vitales entre l’homme et la nature se raréfient. Nos enfants ne savent plus tenir un marteau ni comment pousse une tomate. Pourtant, l’acte de construire est porteur de sens. Les auteurs d’autoconstructions sont fiers de leur logement et l’identification de la famille a l’habitat est un processus très valorisant. Les retombées de tels aventures vont bien au delà du cercle rapproché et permettent à d’autres personnes d’entreprendre à leur tour une autoconstruction.

Je pense qu’il faut prévenir des dangers, informer et ENCOURAGER les autoconstructions.

Nicolas

    pascal - 9 mai 2018 Reply

    Bonjour Nicolas,
    merci beaucoup de votre commentaire précis et passionnant, visiblement nourri du terrain. Je pense que sur le fond, nous sommes d’accord. Lorsque j’ai écrit cet article, en réalité, je ne m’attendait pas à ce qu’il soit l’un des plus populaire du blog. C’était presque une blague, d’où le côté caricatural.
    Je crois qu’au final, nous disons la même chose : les mauvais professionnels construisent mal (et leur logique est parfois peu glorieuse), et les bons auto-constructeurs font de belles réalisations.
    Finalement, le “petit” sujet que j’aborde dans cet article, c’est celui que vous formulez ainsi : “s’i il est bien aiguillé pour la technique du bâtiment, sa construction sera fonctionnelle”. pour que quelqu’un soit bien aiguillé, encore faut-il qu’il ait conscience du besoin d’être aiguillé. Les portraits-robots que je trace sont représentatifs des cas pour lesquelles j’ai pu observer que cette tempérance n’est pas spontanée. Mais je crois que ce n’est ni mieux ni pire que dans les autres domaines…

    Les constructions vernaculaires dont vous parlez sont effectivement passionnantes, mais leurs constructeurs étaient différents de nos auto-constructeurs : ils cherchaient rarement à faire autre chose que ce qui se faisait déjà. Plusieurs siècles d’expérience accumulée validait les principes. Nos auto-constructeurs actuels, lorsqu’ils choisissent un modèle constructif et une architecture, doivent absorber ou réfléchir sur un prototype, ce qui ne se fait pas dans le vernaculaire.

    Je suis entièrement d’accord avec vous, une auto-construction réussie est une chose magnifique aux multiples retombées. S’il n’y a qu’un message à retenir de l’article, c’est justement que c’est trop précieux et trop important pour se laisser piéger par un rêve, un forum internet, un logiciel ou une surestimation de ses capacités.

    Et pour ceux qui veulent, il y a des gens comme vous et moi qui, à leur échelle, peuvent “prévenir des dangers, informer et encourager”.
    Belle journée à vous.

    Pascal

Jean Dupuis - 1 mars 2018 Reply

Désolé, j’ai oublié un autre point très très important!
C’est la notion de temps! Je pense que les conjoints et conjointes des auto constructeurs, rénovateurs etc. seront d’accord avec moi!
Quand j’ai demandé il y a vingt ans à un maitre d’œuvre de prendre en charge la rénovation de mon bâtiment parce que je n’étais pas sur place, j’ai économisé un temps précieux, très précieux! J’ai continué à sortir, j’ai voyagé, modestement, j’ai consacré un peu de temps à la déco mais globalement, je n’ai pas passé des années à vivre dans une maison en travaux, et ça, franchement, pour l’avoir aussi plus ou moins vécu quand j’étais enfant, ça n’a presque pas de prix. Quand, au bout de quatre mois, (c’était prévu avec deux mais les conditions climatiques ont faussé le délai), on a pu emménager dans un espace où il n’y avait presque plus rien à faire, il faut dire à quel point c’est confortable. Je veux bien entendre qu’on fait des économies sur un plan financier à travailler soi-même sur son bâtiment mais confier sa restauration à un pro qui gagne du temps, qui sait ce qu’il fait, qui négocie aussi pour vous, c’est un temps précieux gagné à partager avec les siens ou à profiter du beau temps pour s’aérer, bouger et sortir de ses réseaux d’alimentation électrique ou des différents systèmes de chauffage possibles. Un pro vous aide à y voir clair rapidement et sincèrement, sur ce point, je ne regrette pas les quelques 50 000 francs que ça m’a coûté à l’époque, soit 7500 euros pour un total de travaux de 80 000. En terme de temps, ces 7500 euros n’ont aucun rapport possible avec le temps que j’aurais passé à planifier, négocier etc. et faire des erreurs aussi. A bon entendeur…
Mesdames les épouses qui rongent leur frein face à leurs obsédés de maris, je pense à vous lol

    pascal - 2 mars 2018 Reply

    Bonjour Jean,
    Merci beaucoup pour vos compléments. J’adore, et ne peux que souscrire. Vous avez raison de penser aux épouses, mais je me dois de noter que j’ai aussi rencontré des femmes obsédées de travaux !-). Là aussi, nous sommes égaux.
    Merci encore, et à très bientôt j’espère.
    Amicalement,
    Pascal

Jean Dupuis - 1 mars 2018 Reply

Un grand merci pour cet article que je découvre grâce au lien de Pierrick Chevillotte. Je ne suis pas un grand bricoleur, j’ai une petite expérience de la rénovation de bâtiments anciens, je suis admiratif de voir chez vous comme chez Monsieur Chevillotte cette approche holistique du bâtiment, ce qui a beaucoup manqué dans mes expériences et ce dont je suis bien conscient. Modestement, je peux affirmer n’avoir pas fait trop de bêtises avec mon analyse non pro alimentée par beaucoup d’erreurs dans ma famille ou parmi mes amis. A trop rechercher l’économie de moyens, à vouloir éviter les frais externes, on grève le budget de fonctionnement de bâtiments existants ou d’extensions, vérandas, parfois définitivement et sans appel. C’est un peu comme si, demain, je décidais de faire du vin en achetant une parcelle, des plants et des livres. La modestie, l’observation, l’expérience sont des atouts indispensables quel que soit le projet de rénovation, d’extension ou de construction. Je pense à des amis qui ont construit une véranda, bons bricoleurs, censés mais sans approche globale. Le bilan est terrible. 25 à 30 000 euros dépensés sans compter la main d’œuvre pour aboutir à un espace désespérément froid l’hiver, malgré les trois systèmes de chauffage, mal intégré à l’espace d’origine, très bruyant dès qu’il pleut enfin, ce que j’appelle une vraie catastrophe. Merci encore pour votre analyse et vos exemples de profils qui me parlent sans que je m’y retrouve. Ca me donne aussi très envie de vous confier une étude thermique dans le cadre d’une nouvelle tranche de travaux.

Jean-François ESPAGNO - 1 novembre 2017 Reply

Bonjour, merci de votre article, qui insiste sur la vision globale nécessaire pour entreprendre toute construction, neuve ou rénovation, et qui permet (entre autres !) de se remémorer la définition du mot “holisme”.
La vision d’un bâtiment doit être encore “plus globale”, si je puis dire. Les qualités thermiques, sanitaires et environnementales sont loin d’être les seules à privilégier. Il faut prendre en compte les qualités spécifiques à chaque client (quel est l’objectif de son investissement ? quels besoins et/ou envies des occupants ? quel adéquation avec son budget ? etc.), la qualité culturelle de l’architecture (trop souvent déviée vers un simple “design”, totalement étranger à ce qu’est l’architecture, justement), voire le respect des contraintes légales – souvent artificielles et néfastes comme le sont certains règlements d’urbanisme et certaines réglementations, etc.

Dutherage Sébastien - 5 septembre 2017 Reply

Bonjour,

J’accompagne depuis bientôt 10 ans des auto-constructeurs dans la réalisation de leurs travaux.
Ayant moi-même une formation dans le bâtiment conventionnel, je suis aussi passé par la phase autoconstruction, car j’ai entièrement rénové ma maison avec les techniques les plus alternatives possibles et pour lesquelles je n’étais pas formé.
J’ai donc fait ce que font toutes auto constructeurs, j’ai fais des erreurs. Rien de bien grave, rien qui n’est pu être refait ou réparé. Et comme la plupart des auto constructeurs le résultats n’est pas parfait.
Mais il est quand même très correcte , et les performances énergétiques sont proche de la basse consommation rénovation alors que je n’y ai mis aucune technologie complexe. Hormis des panneaux solaires thermiques et photovoltaïque. Et surtout j’y ai pris du plaisir et ma famille et moi nous sentons très bien dans cette maison. Et surtout j’ai appris un tas de chose en me trompant: Comme dirais mon ami la plante verte: “si tu te plantes pas tu pousses pas!”
Alors est ce vraiment importante qu’une maison soit parfaite? Et qu’est ce qu’une maison parfaite en fait?
Pour reprendre vos exemples:
Doit-on arrêter de cuisiner parce qu’on est pas capable de rivaliser avec les grands chefs.
Doit doit arrêter de conduire une voiture parce qu’on est pas un pilote de course?

Personnellement je continue d’accompagner avec beaucoup de plaisir les autoconstructeurs, avec toutes leurs diversité de projets, d’envie, de caractères.
C’est parfois frustrant de ne pas toujours être écouté, de les voir faire des erreurs alors qu’on leurs avais dit de ne pas le faire. Mais, j’ai la naïveté de penser que je leurs permet d’en faire moins, en tout cas les plus grosses.
La demande d’accompagnement n’a jamais été aussi grande et la plupart des gens n’ont tout simplement pas le le budget pour faire construire, ils n’ont pas le choix. Ils n’ont jamais autant eu besoin de professionnels pour faire ça, alors ne nous décourageons pas, et acceptons l’imperfection.

    pascal - 7 septembre 2017 Reply

    Bonjour Sebastien,
    merci beaucoup de votre témoignage. Vous avez raison de souligner qu’il ne s’agit pas de rejeter l’imperfection. Comme je l’ai dit, la rédaction de cet article m’a surtout été inspiré par un sentiment de tristesse après avoir beaucoup, beaucoup vu de projets dans lesquels les gens ne sont pas si bien, mais surtout qui ont aspiré beaucoup d’énergie et d’argent dans leur vie. Tellement qu’il n’en reste parfois pas beaucoup, ou pas assez, pour vivre, tout simplement.
    La question n’est pas d’arrêter de cuisiner si on n’est pas un grand chef… elle est d’avoir la sagesse et l’humilité de s’arrêter assez tôt quand il y a risque d’empoisonnement ou d’incendier la maison. Et d’une certaine manière, notre époque n’incite pas à la lenteur, la modestie, le lent apprentissage. Ceux qui y parviennent ont d’autant plus de mérite et de sagesse !
    A bientôt.
    Pascal

Camille Bissuel - 5 septembre 2017 Reply

Mon petit retour d’expérience : en étant bien accompagné par un bon architecte : http://www.architecte-bio.com/ et un bon termicien (Fabien, Incub’) qui ont travaillés ensembles, notre projet a été mis sur les bons rails… et du coup nous avons pu tout faire nous même après le hors d’eau hors d’air… et c’est performant, et fonctionnel !
Donc oui, ne pas négliger la conception !

Laurent38 - 30 août 2017 Reply

Bonjour

J’adore votre article.
Je souhaite apporter mon témoignage :
De manière synthétique ma réalisation :
Une maison de 140m² construire avec des blocs de polystyrène remplis de béton banché, un toit avec 40cm d’épaisseur de laine de bois intégrée, de très grandes baies vitrées, un plafond cathédral de 6m de haut pour la partie de vie soutenue par une charpente traditionnelle.
Énergie : un insert à granule, films électriques chauffants au sol, un chauffe-eau thermodynamique et un bassin de 16m3 récupérant les eaux de pluie, une climatisation naturelle.

Je me suis bien reconnu dans l’auto-concepteur mais pour des objectifs différents. Je partais du principe que pour moi il était impossible d’évaluer précisément ma future consommation énergétique ; par contre il y a de grands principes de base, il est acté par des statiques que 30% des déperditions sont au niveau du toit, 25% au niveau des murs, 13% au niveau des vitres/huisseries, 7% au niveau du sol et 5% au niveau des ponts thermiques.
Fort de ce constat, j’ai investi dans l’isolation : 40cm de laine de bois dans le toit, 24cm de polystyrène sur les murs et côté extérieur, du triple vitrage avec une étanchéité soignée entre les huisseries et les murs, une dalle en polystyrène de 30cm posée sur un vide sanitaire et j’ai éliminé le maximum de ponts thermiques.
Par contre j’ai utilisé un outil 3D de conception pour faire des économies et pour être efficace dans ma réalisation et j’y ai passé un grand nombre de soirées.
Par exemple quand le constructeur de bloc de polystyrène évaluait un certain nombre de blocs plus 10 à 15%, comme quand on fait un carrelage, et qu’un bloc coûte environ 30€, on imagine bien les économies que l’on peut faire. Quand j’ai terminé l’assemblage des blocs, il m’en restait 2.
De 8000€ de de carrelage avec 10% de chute, j’ai réduit ma facture à 6000€ en faisant un calepinage virtuel.
En contrepartie quand on est dans le concret, on ne se pose plus de question, on suit à la lettre le plan.
En construisant virtuellement ma maison, j’ai découvert des difficultés techniques et j’y ai donc trouvé des solutions virtuelles qui ont été efficace.
Par exemple, une descente de charge de ma charpente tombait en plein milieu du linteau de ma grande baie vitrée qui m’empêchait d’encastrer mon volet roulant.
La solution : j’ai fait des piliers intérieurs de part et d’autre de ma baie pour soutenir un IPN portant du coup ma ferme. J’ai fait des caissons en BA13 et du coup ça met en valeur ma baie. On constate aussi le rendu en 3D.
Avec le logiciel 3D, j’ai fait ma charpente, je l’ai exportée dans Excel avec toutes les dimensions, je l’ai donné à ma scierie qui a débité toute ma charpente.
Donc le logiciel 3D m’a permis de faire des économies, de régler un grand nombre de problèmes techniques, de préparer et chiffrer tous mes matériaux et de me rendre compte du rendu final, et tout ça avant même de poser la première pierre.

Je me suis aussi reconnu en partie dans l’auto constructeur en kit : ma dalle et mes murs en polystyrène m’ont été livré en kit et j’ai suivi une formation d’une journée pour les assembler.

L’amoureux d’une technique, je l’ai été aussi ! mon sujet de prédilection : ma charpente traditionnelle et apparente grâce à mon plafond cathédral. J’y ai mis beaucoup d’attention.

Le bon bricoleur ? pour moi un bricoleur est une personne qui réalise partiellement un travail, il fait un bout de mur, il installe une prise électrique supplémentaire etc.
Par contre quand la personne réalise de bout en bout un travail : conception / étude du plan électrique, réalisation en respectant les normes NF 1500 jusqu’au control du Consuel ; pour moi ce n’est plus un bricoleur ; c’est un pro sans avoir le statut.
Si une seule personne réalise plusieurs corps de métier de bout en bout, ce n’est vraiment plus un bricoleur face à un tel chantier. Faire l’étude de sa charpente de bout en bout (les charges, les portées, les contraintes, les sections des éléments, les descentes de charge etc.) ce n’est plus un bricoleur.

Un autre sujet pour moi qui fût important : c’était l’investissement dans l’outillage, pour un travail de pro, il faut des outils de pro pour faire bien et efficacement le travail ; j’ai par exemple acheté une grue, une grande scie à ruban, une combi etc.
Quand on est auto-constructeur on passe beaucoup de temps à réaliser sa maison, mais si on perd du temps à réaliser des travaux parce qu’on est mal équipé, alors là ce n’est plus possible.

Je suis aussi tout à fait d’accord avec le fait que beaucoup de personnes, y compris des pro, conçoivent très mal l’aménagement intérieure en termes d’énergie.
J’étais parti par exemple pour un chauffage au sol à eau chauffée par des panneaux solaires, et du coup j’avais aussi un ballon d’eau chaud solaire avec un complément.
Mais mon vendeur de bloc de polystyrène m’offrait pour 1€ supplémentaire un chauffage au sol électrique. J’ai dit OK mais j’ai dû installé un chauffe-eau thermodynamique et installer un insert à granule pour être cohérent.
Et c’est là que l’on se rend qu’on que la RT2012 c’est bien mais pas encore suffisant ; c’est pour moi comme les assurances, c’est un ensemble de points de type malus, comme du chauffage électrique à énergie sale, et un ensemble de points de type bonus comme l’insert à granule et le CE thermodynamique (énergie propre) ; on respecte la RT2012 si on n’est pas dans le malus mais sans pour autant être cohérent dans les choix technologiques.

Dans le sujet de la cohérence, voici quelques exemples que j’ai mis en œuvre : il est très intéressant d’avoir un effet casquette vis-à-vis du soleil pour qu’il ne réchauffe pas trop la maison l’été, pour cela j’ai fait une galerie tout autour de la maison, j’ai donc prolongé mon toit qui a la capacité de remplir un grand bassin d’eau de 16m3 dans une partie de mon vide sanitaire rendu étanche par un liner.
Les réflexions typiquement françaises : une dizaine de personnes m’ont demandé si je n’avais pas trop d’humidité dans la maison : non pas du coup car ma dalle de polystyrène bétonnée est étanche, par contre il y a une très bonne aération de ce bassin et du vide sanitaire qui me procure de la fraicheur l’été que je redistribue dans la maison car je ne peux pas faire de puits provençal dans un terrain sablonneux.

Etant aussi passionné par la domotique, j’ai conçu ma maison pour passer à postériori des câbles. C’est avec cette domotique que je suis en train de mettre en place que je mesurerai ma consommation énergétique (chauffage, électricité, eau) et elle apportera du confort (gestion de la climatisation naturelle, la sécurité, l’automatisation de certaines choses etc.)

Premier constat : j’ai 4 à 5 degrés en moins par rapport à l’extérieur et ce toute la journée quand il y a une canicule sans faire quoi que ce soit avec la domotique, ni en récupérant de la fraicheur de mon bassin et vide de sanitaire. Preuve que la maison est bien isolée.

En conclusion, une approche systémique cohérente est essentielle mais il est très compliqué de mettre en œuvre des éléments techniques de manière cohérente fournissant du chauffage, de la lumière, de la ventilation, de l’eau chaude etc., dans une maison pouvant être isolée de multiple manière et avec une contrainte budgétaire. Et il n’y a pas beaucoup de professionnels qui y arrivent.

    pascal - 30 août 2017 Reply

    Bonjour Laurent,

    merci beaucoup de votre témoignage très détaillé ! Ce n’est pas habituel d’avoir des retours de projets qui semblent “hybrides” entre les techniques dites écologiques et celles considérées comme “traditionnelles”. Je n’ai pas vu souvent d’enveloppes en bloc polystyrène à bancher et isolation laine de bois, comme je n’ai pas vu souvent de systèmes à granule utilisés en base combinés avec des films électriques au sol.
    Comme quoi, on en découvre tous les jours…
    Merci encore de votre témoignage.

    Pascal

Philippe - 1 août 2017 Reply

J’avoue que j’ai lu les bouquins de JP.Oliva, je suis abonné à la maison écologique, j’ai passé quelques heures sur Futura-science… Et je m’auto diagnostique aisément dans les catégories 1 et 2 😉

J’ai donc patiemment travaillé à la rénovation d’une maison en pisé, sur plusieurs années, avec une très forte dose d’auto-construction/rénovation.
Le résultat : pas si mal ! Pourquoi ? Parce que ma vie professionnelle m’a pris beaucoup de temps, et m’a imposé de travailler sur ma maison lentement, en m’obligeant à beaucoup de recul (donc du temps pris pour pour lire, pour dialoguer, pour comprendre, pour changer d’avis etc).

Très objectivement, je ne regrette pas grand chose. Quelques choix perfectibles, mais dans l’ensemble je n’ai pas été “jusqu’au boutiste” ni “monsieur plus”. Encore une fois, les contraintes de temps m’ont obligé à prendre du recul et à être sélectif. Mais je pense aussi que si j’avais disposé de plus de temps, j’aurais fait beaucoup d’erreurs en partant bille en tête avec des convictions très approximatives !

Et aujourd’hui, je quitte en vends ma maison (en 24h ! …les acquéreurs sont sous le charme. C’est vrai qu’on s’y sent bien et que c’est la plus belle des maisons 😉

Et je change de région et je fais construire une maison neuve. Et malgré le temps dont je dispose aujourd’hui, je fais appel à un maître d’oeuvre ayant une grosse expérience confort-bioclim-basse-conso…
Et j’avoue qu’après plusieurs mois d’aventure commune avec cet architecte, je ne commence que maintenant à comprendre son mode de fonctionnement (un mix pragmatique d’expérience, de prise en compte des usages, de bon sens, de validation par les outils numériques, etc).

Et bien sûr, je me garde quelques travaux d’aménagement pour soulager le porte monnaie et pour satisfaire mon égo 😉

BOITEUX Laurent - 1 août 2017 Reply

re-bonjour… au vue du contenu de cet article et des commentaires, je ne peux m’empêcher de penser que cette “clientèle potentielle ou non” semble de plus en plus présente sur le terrain… (même si elle a toujours existé) …peut-être est-ce renforcé par le retour du “Do It Yourself” que prônait le mouvement punk dans les années 70 😉 … Je pense que nous reconnaissons tous qu’une partie des autoconstructeurs sont parfois des autodestructeurs et que d’autres font un travail de qualité 🙂 Certains semblent vouloir éviter à tout prix de développer une relation professionnelle avec eux… je peux le comprendre et j’en ai parfois envie moi aussi… Par contre, je pense qu’il nous faut aujourd’hui accepter cette modulation des pratiques qui est un révélateur fort de notre société. Plutôt que de les éviter, je pense que nous devons moduler nos pratiques pour espérer les aider (soit à bien construire, soit à envisager recourir à un professionnel). Je n’ai guère pour habitude de profiter des articles des autres pour faire de la pub pour nos actions, mais là j’avoue que je ne peux m’empêcher de vous informer que nous proposons une action de formation, dénommée l’ATELIER PRATIQUE DES SAVOIRS, destinée aux professionnels du bâtiment, qui a pour ambition d’aider pratiquement à cette transition professionnelle et à la “gestion des relations humaines, des besoins et des attentes” … les infos se trouvent ici : http://www.bourgogne-batiment-durable.fr/.

belle journée et bon projet à toutes et tous

M. Jean-Yves Mesnil - 30 juillet 2017 Reply

Suis-même énergéticien, et par experiences je refuse de travailler avec les particuliers, on passe son temps à discuter sur toutes les modes du moment. Juste un exemple en vogue, le poele à bois qui chauffe toute la maison, ou une autre on veut des murs “perspirants” mais on refuse la ventilation mécanique…et une autre caracteristique bien française, on ne veut pas respecter les regles surtout celles qui ont fait leurs preuves…enfin, le calvaire c’est mon voisin m’a dit que, l’artisan me recommande ce truc…ou le summum : ” mon cousin (qui est cuisinier) s’y connait LUI !!! Sous-entendu pas comme vous 🙂 franchement je prefere que l’architecte gere ses clients …

    pascal - 31 juillet 2017 Reply

    merci Jean-Yves Mesnil de votre commentaire. Il me semble donc que vous avez régulièrement rencontré nos amis les archétypes !

Hien Tran - 29 juillet 2017 Reply

Sympa cet article. Merci
Un accompagnement pour réussir, c’est bien. Mais comment ?
Comment choisir le sachant le plus pertinent par rapport à son projet?
Comment arriver à un travail commun qui sera concluant ?
Comment faire confiance, somme toute ?
Hien.

    pascal - 29 juillet 2017 Reply

    Bonjour Hien,

    Des questions courtes, mais dont chacune mériterait probablement des pages entières.
    La question du “choix de l’équipe” est centrale, et loin de se limiter au domaine du bâtiment. Finalement, c’est la même question que dans les Ressources Humaines pour une entreprise, ou dans la constitution d’équipes de projet. Les références peuvent être un premier guide, avec l’inconvénient de laisser, parfois, peu de chance aux “jeunes”.
    Je crois qu’aujourd’hui, mes deux indicateurs les plus fiables sont “le réseau” et “le feeling”.

    Ta dernière question est peut-être la pire : “comment faire confiance ?”. Ma foi… On dit que la confiance ne se décrète pas, elle se construit. En particulier, j’aime beaucoup, si quelqu’un hésite à travailler avec moi, lui donner la possibilité de contacter mes anciens clients. La confiance ne peut être aveugle. J’aime avoir confiance a priori, sans renoncer à la nécessaire vigilance.

    Voici 2 lignes… et il faudrait 10 pages. Bon, en tous cas, quelques articles prévus prochainement me semblent pouvoir alimenter ce questionnement.
    Merci encore, et à bientôt.

    Pascal

    PS : je n’ai pas vraiment osé remettre un lien vers les accompagnements que je propose… Néanmoins, je pense qu’il y a peu d’offre présentée de cette manière. Alors je le mets quand même. Cliquez ici pour voir les accompagnement.

Rémy LUCAS - 29 juillet 2017 Reply

Bonjour,

J’ai acheté une cité ouvrière il y a bientôt 15 ans. J’ai faits plusieurs travaux d’amélioration, certains moi-même, certains via des entreprises.

Le bâtiment est ancien, murs en pierre de 40 cm, isolé par l’intérieur. Je dépense 550€ de gaz par an pour le chauffage et l’eau chaude, pour 82 m² habitables + un beau sous-sol de 35 m² servant d’atelier, ce qui est assez raisonnable pour la Franche-Comté. Aucun problème d’humidité ni d’odeurs.

Le problème quand on fait soit-même c’est effectivement :
– de sous-estimer le temps nécessaire
– le coût de l’outillage
– les erreurs

Le problème avec les travaux confiés aux entreprises c’est aussi :
– le cout
– le cahier des charges non respecté, sans que ce soit une malfaçon
– les malfaçons et/ou les arnaques

Le problème est là aussi : même avec de l’argent et même en faisant intervenir des professionnels, on n’est pas à l’abris des problèmes. C’est une réalité que votre billet ignore complètement. A plusieurs reprises, j’ai du refaire moi-même ce que certaines entreprises avait mal faites… C’est extrêmement rageant : je me dis “j’ai un peu d’argent, je vais faire tels ou tels travaux par une entreprise, je serais tranquille et tout sera bien fait et en fait non…”

Une autoconstruction c’est pharaonique pour un particulier. Chez moi je n’ai fait que moi-même des travaux relativement modestes.

Chez moi je ne fait moi-même que ce que je maîtrise un minimum.
L’idéal avant de se lancer étant de commencer petit à petit. J’ai d’abord commencé par de l’entretient et du dépannage, puis par des petits travaux comme refaire l’angle d’une pièce avec le revêtement mural, le câblage électrique et la plomberie. Les risques sont limités, et on peut se rendre compte de ses limites. Ensuite on peut décider si on est capable de refaire un étage complet soi-même ou s’il faut avoir recours à des entreprises.

Mais en tout cas, savoir faire certaines choses soi-même est utile, même si au final on confie un gros chantier à une entreprise. Cela permet d’avoir un avis bien plus éclairé que le consommateur lambda. On peut tout apprendre mais à condition d’y passer le temps nécessaire. Même si on ne fera pas les travaux soi-même, se renseigner sur le matériel, sur les techniques, aller dans les magasins pour comparer différentes chaudières, demander plusieurs devis, c’est toujours mieux que de passer une commande “en aveugle”.

Pour moi le principal problème du bâtiment c’est que de façon générale rien n’est démontable. Si on veux modifier, il faut casser. Pas de CTRL+Z comme sur ordinateur ! Souvent les besoins des occupants évoluent, mais le bâtiment reste, bref on a toujours des travaux à faire.

Ce dilemme concerne surtout les aménagements intérieurs : le sur mesure c’est le top mais quand on doit changer l’affectation d’une pièce aie… Quand on a un bâtiment classique avec salon / cuisine / sdb / chambres ce n’est pas trop complexe… Mais dès qu’on veut un bureau, un studio photo, un labo d’électronique ou un atelier de peintre

Un bâtiment, ou du moins sa carcasse (fondations, murs, planchers, fenêtres, toiture, mode de chauffage, ventilation) quand il est bien fait, on n’y revient plus. D’ailleurs avec les règlements d’urbanisme qui sont de plus en plus sévère ça devient compliqué de changer quoi que ce soit à l’extérieur. Pour moi il y a pas mal d’innovations à trouver en ce qui concerne l’intérieur. D’ailleurs quand les gens parlent de travaux c’est souvent de l’intérieur dont il s’agit.

Comment faire évoluer une pièce ? Peut-on avoir des aménagements modulables ? Dans quel cas faut-il des meubles indépendants et déplaçables ou du sur-mesure ?

Pourquoi toutes les rangements de ma maison n’auraient-ils pas les mêmes “modules” (blocs tiroirs, tablettes, barre de penderie, portes vitrées…) de telle sorte que je puisse facilement inter-changer n’importe quel espace de rangement de n’importe quelle pièce ?

Ces questions sont d’autant plus centrales que les logements sont de plus en plus petits, crise oblige.

Aujourd’hui on ne peux plus avoir une chambre d’amis, une bibliothèque, un bureau, une salle de jeu, et 3 chambres. Il faut une pièce qui soit à la fois une bibliothèque et un bureau transformable en chambre d’amis.

Autre aspect des choses : pour qu’une maison soit confortable il faut minimiser le travail domestique. Avoir un intérieur facile à nettoyer (pas de mobiliser de cuisine avec des tas de racoins horribles à nettoyer). Une VMC double flux avec des filtres, pour avoir de l’air neuf mais avec un minimum de poussière et de particules.

Avoir aussi un logement facilement “adaptable” pour les vieux jours ou le handicap.

La domotique n’est pas un gadget mais peut être utile pour pas mal de choses.

Aujourd’hui avoir une bonne acoustique, la distribution des signaux audio, vidéo, Internet, sont devenus presque aussi importants que l’installation électrique

Je maîtrise l’électricité et l’électronique, pour l’avoir étudié et pour avoir travaillé dans ses domaines. J’ai refait mon installation électrique et courant faible, en aménageant des gaines techniques de telle sorte que je peux tirer un nouveau câble de n’importe quelle pièce vers n’importe quelle autre sans faire de trous, et ceci de la cave au grenier. C’est très appréciable quand je décide de changer de pièce l’ordinateur, la box, le téléphone, la machine qui a besoin d’une connexion réseau…

En été, aérer automatiquement la nuit et tout fermer avant qu’il fasse chaud le matin, ça permet pas mal d’économies de clim tout en ayant un bon confort.

Bref pour moi la prochaine révolution du bâtiment sera… à l’intérieur

Beaucoup de plateaux de bureaux sont modulables, on peut déplacer les cloisons et des portes sans rien casser, passer des câbles dans les faux plafonds, changer l’emplacement des luminaires sans rien casser non plus ; un tel concept dans l’habitat serait génial.

A bientôt

    pascal - 29 juillet 2017 Reply

    Bonjour Remy,
    merci de ce témoignage très dense.
    Et oui, l’article traitant de l’autoconstruction, je n’ai pas abordé les questions autour de la relation aux artisans, ou d’une manière générale de la compétence globale et particulière des entreprises du bâtiment, fruit d’une looooongue politique en France.
    Je ne peux pas tout discuter en un article, mais… peut-être dans un livre, bientôt ?
    En tous cas, votre témoignage me donne matière à plusieurs articles, même si certains ne sont pas spécifiquement énergétiques.
    Merci encore, et à bientôt.
    pascal

Pascal - 28 juillet 2017 Reply

Bonjour,

Article très intéressant en effet, même si je le trouve quand même un peu trop catégorique sur certains points. J’avais une vision un peu différente car en dehors de l’exemple de Robin dont la réalisation est remarquablement bien conçue et exécutée, j’avais jusque là à ma connaissance une très large majorité d’exemple qui relèvent de l’Archétype 4 voire d’un cinquième non décrit ici, de gens profondément convaincus mais n’étant ni bricoleurs, ni ingénieurs/scientifiques, ni des autres typologies décrites. Uniquement motivés et convaincus, en tout au moins avant le début des galères…

Pour avoir suivi de loin le projet de Robin, et avoir réalisé pour ma part une auto-réhabilitation ambitieuse (un peu trop…), j’adhère en tout cas à une bonne partie des propos et aurait tendance à résumer tout ça par le fait qu’il faut se donner les moyens de ses ambitions, et ne pas présumer de ses forces. Il faut essayer d’être tous ces archétypes à la fois, mais aucun complètement, et prendre le temps de se former pour acquérir les différentes connaissances nécessaires dans de très nombreux domaines (et pas uniquement les connaissances techniques, il faut aussi savoir faire un budget réaliste, gérer un projet et son calendrier, gérer la main d’oeuvre dont vous ne pourrez vous passer au moins ponctuellement, etc.)

En gros, à moins d’être ambitieux mais fauché, et penser que sacrifier des milliers d’heures de temps libre pour atteindre ses ambitions vaut vraiment le coup, soit finalement des cas assez peu fréquents si la question était posée ainsi, je pense donc comme vous que s’accompagner de professionnels est quand même la meilleure des solutions !

Je pense avoir à peu près réussi mes travaux, mais je ne le conseille à personne 😉

Bravo pour vos articles variés et divertissants

Pascal

    pascal - 28 juillet 2017 Reply

    Bonjour Pascal,
    merci beaucoup de votre commentaire et de votre retour d’expérience. L’équilibre entre la caricature et la nuance est bien délicate, je vous l’accorde.
    Votre conclusion et votre résumé me semblent tout à fait justes : les cas réussi témoigne d’une “tempérance” remarquable de leurs auteurs, et ne sont, à mon sens, pas une généralité. Ils conservent ce rôle important d’inspiration.
    J’imagine que c’est comme dans beaucoup de domaines : on peut admirer des musiciens de talent (et surtout “de travail”), s’en inspirer… Mais dans le long chemin vers l’utopie, il est important de rester réaliste sur l’ampleur du travail, l’humilité à conserver et… le temps à investir. Mais cela, vous le dites très bien !-)
    Merci encore, et à bientôt.

    Pascal

stéphane - 27 juillet 2017 Reply

au top !!! alors la je pourrais en rajouter quelques couches…comme celui qui vient te chercher comme artisan après ses conneries et qui te demande comment on fait désormais…sauf que je ne suis pas la mère Teresa du bâtiment. Un régal ton texte!!!!

Stephane Demguilhem - 27 juillet 2017 Reply

Bonjour,

Merci pour cette article fort intéressant et plein d’humour.
Pour info nous avons pas mal d’auto-constructeurs qui nous prennent des Kits de végétalisation de toiture à installer eux même et pour l’heure ils ont tous réussis leurs toitures végétales.

Alors, nous n’avons pas la main sur la qualité de ce qu’ils ont fait en dessous et il doit certainement y avoir des perles rappelant ce que vous citez dans votre article.
Nous mettons seulement l’accent sur la surcharge en toiture à prévoir et sur le type d’étanchéité qui convient pour la mise en oeuvre du procédé Vertige.

S’il est vrais que nous devons quelque fois calmer les ardeurs de certains candidats « un peu trop perchés » , dans la grande majorité des cas nous avons à faire à des convaincus qui prennent le temps d’évaluer les différents systèmes afin de choisir celui qui convient le mieux à leur projet, à leur niveau de bricoleur et à leur moyens.

En vous remerciant encore pour votre sympathique article.

Lisa grimaud - 27 juillet 2017 Reply

Merci pour cet article, assez drôle et juste il est vrai, mais combien de projets réalisés par des maîtres d’œuvres sont aussi ratés dans leur conception thermique… Il y a un tel retard en France sur la performance énergétique(cf l’accueil réticent -et c’est un euphémisme- de la RT2012 par les artisans et les particuliers souhaitant construire…)qui nous vient, entre autres, de l’habitude prise pendant les 30 glorieuses de ne pas se soucier de l’énergie dépensée… Bref.
Je voudrais juste réagir sur le poncif qui décrète que les maisons ossature bois n’ont pas d’inertie… la structure, peut-être, mais il y a quand même pas mal de solutions pour en amener par ailleurs : fibre de bois dense, dalle ou chape, enduits terre…
Je serai d’ailleurs très intéressée par un article sur l’inertie, donnée complexe et dont la quantification et la gestion restent problématiques…

    pascal - 27 juillet 2017 Reply

    Bonjour Lisa,

    merci beaucoup de votre retour. Vous avez raison de rappeler que l’ossature d’une enveloppe extérieure ne préjuge en rien de l’inertie qui peut se trouver dans le coeur du bâtiment, sur les planchers, etc. Et vous avez raison de mentionner que la question du déphasage (que j’ai tendance à découpler de la question de l’inertie) a son rôle à jouer. Ma foi en 2500 mots (ce qui est déjà long), difficile de ne pas caricaturer.
    J’aborderai cette question de l’inertie dans un prochain article, et également en profondeur dans la future formation sur la surchauffe, à laquelle chacun peut se pré-inscrire en bas de cet article

BOITEUX Laurent - 27 juillet 2017 Reply

hello. Merci pour cet article qui traduit par écrit ce que je pense et dis depuis de nombreuses années. Bien que parfois caricatural (mais comment ne pas l’être…), il me semble emprunt de justesse. Heureusement, je connais quelques “auto-constructions” de bonne facture et plutôt réussies (même si elles sont rares, très rares…).

Au fil des années, je me suis rendu compte que le problème ne résidait pas forcément dans l’autoconstruction, mais dans la croyance des porteurs de projet que si l’on peut faire de l’auto-construction c’est que l’on est, de fait, également compétent pour faire de l’auto-conception… et c’est là que le bas blesse… A mon avis, ce n’est donc pas une problématique liée à l’autoconstruction mais au secteur du bâtiment dans sa globalité… je pense que le problème ne réside pas prioritairement dans la réalisation mais dans l’absence de maîtrise d’œuvre en amont (programme, conception, prescription) puis en suivi de chantier (interopérabilité, contrôles, approche correctives, …)… Comme je le dis souvent, ce ne sont pas les bâtiments que nous devons réhabiliter mais la mission de maîtrise d’œuvre.

et enfin, même si certains peuvent s’autoproclamer artisans (et parfois réaliser de bons travaux), je reste persuadé que leurs travaux ne peuvent que nuire à l’image des compagnons et donc à leur capacité à évoluer. Que penserait on des chirurgiens si nous pouvions nous même opérer nos enfants atteints d’une appendicite ? Serions nous prêts à les payer, à leur laisser faire des choix et leur donnerions nous encore suffisamment d’argent pour qu’ils puissent poursuivre leur formation continue et évoluer dans leur métier ?

Dans ce moment un peu difficile pour les entreprises et professionnels du bâtiment, économiquement parlant, je pense qu’il faudrait leur donner les moyens d’exprimer leurs compétences plutôt que de vouloir les remplacer… Tout le monde aurait à y gagner à moyen et long terme…

Quoiqu’il en soit, bons projets à toutes et à tous !

    pascal - 27 juillet 2017 Reply

    Bonjour Laurent,

    merci de votre retour, que j’imagine fondé sur les nombreuses opérations que vous avez suivies en Bourgogne. Il faut d’ailleurs reconnaître à cette Région le remarquable travail d’accompagnement des Maîtres d’ouvrage.
    A bientôt.
    Pascal

Robin THIERRY - 27 juillet 2017 Reply

Bonjour,

Je pense pouvoir témoigner d’une autoconstruction réussie, dans le sens ou nous avons atteint les objectifs de départ tant en terme de performances, qu’en terme de confort.
Je suis de l’archétype n°1 et ai réalisé avec mon beau frère, un habitat pour deux familles, passive (nous n’avons pas de moyen de chauffage, à 650m d’altitude dans le Forez), réalisée avec des matériaux bio-sourcés (ossature bois et isolants ouate / fibre de bois / liège).
La construction date de 2014.

Pour plus d’infos, voir le blog
https://sites.google.com/site/belleaventureloire/

    pascal - 27 juillet 2017 Reply

    Bonjour Robin,
    et merci beaucoup de votre témoignage. Puis-je vous demander, puisque vous précisez “pas de moyen de chauffage”, de quelle manière vous gérez les éventuels besoins d’appoint en période froide ? Du moins… si vous estimez qu’il y a parfois besoin d’appoint.

    Ah, et tant que j’y suis… vous racontez brièvement un épisode de canicule sur votre blog. pouvez-vous expliquer de quelle manière vous la gérez ? Moins de 3 degrés de dérive par rapport à votre “normale” de 24°, c’est remarquable. En tout cas… assez pour que j’ai envie d’en savoir plus !-)

    Bravo encore pour cette Belle Aventure !
    Pascal

      Robin Thierry - 27 juillet 2017 Reply

      Les appoints sont gérés via un petit radiateur soufflant de salle de bain (2 kw). Nous le mettons environs une 50aines d’heures par an.
      Sinon pour les épisodes de chaleurs, nous les gérons par l’aération nocturne. La présence du puits canadien est sur ce point anecdotique. Il sert surtout à mettre la VMC hors gel l’hivers sans avoir recours à une batterie de chauffe.

      Robin.

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