fbpx

OSCAR, Un pont jeté par les architectes vers les ingénieurs

OSCAR - pont

OSCAR - téléphone

Thierry est architecte depuis 18 ans, son agence compte maintenant 4 collaborateurs. Pourtant, à chaque fois qu’il se prépare à appeler l’ingénieur Sakaille, il ressent toujours la même lassitude. Gilbert Sakaille est l’ingénieur qui dirige le bureau d’études fluides auquel il a recours habituellement. L’entreprise s’appelle Bureau d’Études Techniques et Énergétiques. En abrégé… BETE.. Cela pourrait faire rire : un ingénieur chargé du chauffage qui s’appelle Sakaille, un BE à l’acronyme ridicule. Mais cela ne fait plus rire Thierry depuis longtemps. Avec un soupir, il décroche le téléphone.

Après les politesses habituelles, il entre dans le vif du sujet : « voilà, on a cette école à Brou-la-Bridoire, on voudrait faire du passif, et on commence l’esquisse… J’aurais besoin que tu me dise ce que je mets comme épaisseur d’isolant.

On entend le sourire de Gilbert Sakaille, même dans le téléphone : « Facile : envoies-moi les plans, et je te dis si ça passe ! »

Moment de solitude de Thierry… « Mais… pour implanter le bâtiment et faire une esquisse, j’ai besoin d’avoir une idée des épaisseurs ! »

Sakaille ne se démonte pas : « J’entends bien… mais pour ne pas dire n’importe quoi sur les épaisseurs, j’ai besoin de plans… ».

Un ange passe…

Thierry sent de nouveau un poids sur ses épaules, et se souvient avoir cherché la semaine dernière sur internet. Dans sa région des Causses du Bigarois, le BETE et l’ingénieur Sakaille sont les seuls interlocuteurs possibles. Il va falloir s’accrocher, une fois de plus.

Une idée fondatrice pour OSCAR : rapprocher les deux mondes

Je suis ingénieur de formation, et cela fait plus de 10 ans que je donne des formations à des groupes d’architectes. Aussi, à chaque session, je prends un temps pour interroger les participants sur les relations avec leurs bureaux d’études. En risquant la caricature (on peut aussi s’en amuser !), les réponses sont quasi-constantes : ingénieurs et architectes ne sont pas « cablés » pareil. L’immense majorité témoigne des difficultés de compréhension. Parfois, un architecte témoigne avoir croisé sur sa route un ingénieur avec lequel « ça passe ». Dans ce cas, il ne le lâche plus… voire il l’embauche !

Rassurons-nous : quand ce sont des ingénieurs que j’ai en formation, ils s’attristent également sur les difficiles relations avec les architectes.

C’est donc peu dire que ces deux univers, pourtant intimement liés dans une conception de bâtiment, ont souvent du mal à communiquer. Et bien souvent aussi, pourtant, chacun fait de son mieux !

Ainsi, l’ingénieur qui se rend « compatible » avec le travail de l’architecte fait déjà un grand pas au service de la qualité des bâtiments. Cela peut se faire, par exemple, en modifiant l’utilisation des outils, comme je l’ai évoqué pour la STD. Mais en matière de travail collaboratif, cela marche encore mieux quand les deux protagonistes font un pas vers l’autre.

C’est la raison pour laquelle le Conseil National de l’Ordre des Architectes a créé le logiciel OSCAR, proposé gratuitement à tous les architectes inscrits au tableau. La commande originale était presque aussi simple que le cahier des charges de la 2CV : proposer aux architectes n’ayant habituellement pas recours à un énergéticien, un outil qui puisse au moins partiellement s’y substituer et permettre de « lancer » le projet sur les bons rails.

Le propos est également politique. Avec un tel outil, l’Ordre affirme que l’architecte est un interlocuteur parfaitement légitime sur les questions énergétiques.

Un tout petit peu d’histoire…

Une fois le groupe de travail réuni, regroupant architectes, ingénieurs et ni-ni (ni architecte, ni ingénieur), il fallut pas moins de 6 mois pour élaborer une vision claire. Quand je disais que ces deux mondes ont du mal à se comprendre ! D’abord parce que chaque mot (« usage », « épaisseur », etc.) est interprété différemment par chacun. Mais surtout parce que la « logique thermique », sur laquelle repose tous les logiciels de calcul énergétique est inadaptée dans les phases préliminaires.

Pour faire court : à un moment, pour le thermicien, il faut en passer par des surfaces et des résistances thermiques. Le « bâtiment de l’ingénieur » est un ensemble de parois à travers lesquelles passe de l’énergie. Et un calcul est d’autant plus fiable que les données sont précises. L’ingénieur peut d’autant mieux répondre à des questions précises qu’il a suffisamment d’information.

A l’inverse, l’architecte a besoin de beaucoup de réponses le plus tôt possible, justement quand il y a très peu de données. En tous cas, pas assez pour nourrir un calcul propre !

C’est pourquoi les premières séances de travail ont consisté en « speed dating » : 20 minutes de face à face entre un énergéticien et un architecte. Aucun calcul. Et pourtant… quelque chose se passe, le projet s’améliore. C’est ce « quelque chose » qu’OSCAR vise à reproduire.

OSCAR - page principaleJe pense également important de noter qu’aucun éditeur de logiciels de thermique reconnu n’a souhaité répondre à la consultation lancée pour le développement d’OSCAR. On pourrait comprendre qu’il soit délicat de développer un logiciel gratuit pour 30 000 clients potentiels d’un logiciel que l’on vend déjà. Mais je pense que la raison est plus profonde. Ce que fait OSCAR n’est pas de la thermique « habituelle », on pourrait dire « rigoureuse ». Il fait un peu de calcul, pioche dans des références étrangères, fait des arbitrages… Tout cela fait un peu « cuisine maison », et cela fait a priori fuir les experts reconnus de la thermique classique. C’est pourquoi OSCAR a été développé par un artisan développeur expert en méthodes agiles, Xavier Nopre (Logixen). Comme il n’est absolument pas thermicien (quoiqu’on le devienne un peu en chemin !), le poids des coutumes énergétique ne s’est pas fait sentir.

Ce que fait OSCAR

OSCAR a été mis en ligne au printemps 2013, puis amélioré avec l’adjonction d’un module spécifique sur la rénovation livré fin 2014. Un nouveau seuil a été franchi début 2016, grâce au partenariat du CNOA avec l’éditeur Cype France : OSCAR permet désormais à tout architecte de générer ses propres attestations RT2012 de niveau PC.

Voyons un peu plus précisément de quoi il retourne, sur trois points majeurs…

OSCAR et l’approche « par les tangentes »

L’intérêt principal d’OSCAR,  c’est qu’il applique la philosophie de l’approche « par les tangentes » (Cet article explique de quoi il s’agit). C’est en cela qu’il est vraiment un outil « pour l’architecte ». En ayant recours à des calculs simplifiés et des retours d’expérience, avec un souci permanent du juste niveau de détail, il s’attache à donner le maximum d’informations utiles à la conception avec le minimum de données d’entrée.

Les valeurs de calculs énergétiques sont par essence déjà difficiles à fiabiliser dans les phases tardives de conception. Il serait donc carrément utopiste de donner un résultat de calcul dans ces phases amont. OSCAR ne rend par conséquent aucun résultat chiffré, mais place un curseur sur une réglette.

Il intègre la possibilité (propre aux logiciels de STD, alors qu’il n’en est pas un !) d’ajuster les scénarios de fonctionnement, et propose plusieurs outils pour aider l’architecte à avancer rapidement dans son projet.

  • OSCAR propose les améliorations de manière itérative, actualisant ses propositions en temps réel. Les priorités sont affichées en rouge, et le système propose toujours des valeurs « de référence ». L’expérience montre qu’en 15 minutes et sans expérience importante, l’architecte parvient à caler les paramètres majeurs d’une conception de niveau passif.
  • Tous les termes techniques sont expliqués, et des valeurs typiques sont fournies, afin de ne jamais être bloqué longtemps par une incompréhension.

OSCAR et la rénovation

OSCAR - rénovationBien plus que la construction neuve, la rénovation des bâtiments existants est un enjeu majeur de la Transition Énergétique. Et curieusement, les architectes sont quasiment absents de ce marché, dominé par les artisans, les entreprises du bâtiment et le DIY. Apte à prendre en charge de nombreux aspects d’une rénovation (patrimoine, désordre, coordination des corps de métier, agencement, etc.), il manquait à l’architecte une vision énergétique.

Le module Rénovation d’OSCAR, bâti sur la même logique que la partie « construction », permet d’identifier rapidement une approche cohérente.

Par comparaison avec le projet initial, l’architecte élabore ainsi rapidement une stratégie globale de rénovation.

OSCAR et la RT2012

Pour beaucoup d’architectes, la RT2012 est en grande partie mal vécue, probablement parce que mal communiquée. Elle impose un travail énergétique en amont, en particulier sur l’enveloppe. C’était, à l’époque, une grande avancée, et aussi un important changement culturel. La mise en oeuvre de cette contrainte, concrètement, consiste en l’obligation d’adjoindre au dossier de Permis de Construire une attestation basée sur un calcul RT2012 partiel (ne rentrons pas trop dans les détails…).

Cette attestation, vécue comme « juste un papier en plus » a été l’occasion d’ouvrir un important marché. On peut garantir que lorsqu’une attestation vaut 100 ou 150 €, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour l’élaborer, un ingénieur débutant coûtant entre 600 et 700 € par jour…

En permettant à l’architecte de réaliser lui-même les attestations de ses projets, OSCAR lui permet surtout de garder la main sur son projet, et de lui conserver une cohérence. Avec un peu de pratique, la procédure prend environ 30 minutes tout compris. Cela comprend une pré-évaluation entièrement réalisée sous OSCAR, avec vérification des exigences de moyens et calcul du Bbio). Ensuite, un logiciel partenaire (gratuit pour l’architecte) permet de générer le fichier HTML officiel. Et pas besoin d’avoir recours à un prestataire complémentaire !

En conclusion

Lorsque je me suis présenté au bureau du CNOA pour accompagner le développement d’OSCAR, on m’a demandé si je n’avais pas peur de « perdre mon travail » en développant un logiciel qui remplace les énergéticiens.

La réponse est non. D’abord parce que OSCAR n’est pas fait pour se substituer aux énergéticiens. Mais aussi parce qu’il prend une place là où ils sont souvent absents (petits projets, petites structures, etc.). Par ailleurs, dans tous les cas, il permet à l’architecte d’avancer lui-même rapidement sur les phases amont. Ainsi, lorsqu’il prend contact avec un ingénieur, une part du chemin l’un vers l’autre est déjà faite. De nombreuses données sont déjà disponibles en « langage ingénieur », facilitant la compréhension mutuelle.

Enfin et surtout, un logiciel est fait pour simplifier la vie, et aller plus vite vers une plus grande créativité. La créativité, vous savez, c’est cette partie du travail qui, jamais, ne pourra être réalisée par un logiciel, aussi « intelligent » soit-il. A charge pour les ingénieurs de toujours fournir quelque chose qu’un logiciel ne sait pas faire !

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

Click Here to Leave a Comment Below

Bourri - 17 avril 2018 Reply

Bonjour
Non, OSCAR ne permet pas de “générer ses propres attestations RT2012 de niveau PC”. Il permet d’exporter un fichier qui sera importé dans un logiciel EVALUE utilisant le moteur Th-BCE (comme CYPE), pouvant ALORS générer un fichier XML qui sera importé sur le site rt-batiment.fr/attestations/ pour GENERER l’attestation de dépôt PC.
Et au passage, il y a des règles quand aux versions de moteurs Th-BCE à utiliser en fonction de la date de dépôt PC… :-/

Il faut être précis et ne pas se mélanger les pinceaux dans les affirmations, ca serait déjà pas mal, non ?
D.

    pascal - 18 avril 2018 Reply

    Bonjour Didier,
    merci beaucoup de votre commentaire riche en précision. Vous avez tout à fait raison sur le processus d’échange de fichiers entre trois outils. C’est la raison pour laquelle l’article mentionne le partenariat avec Cype. Le processus est également mentionné dans cet autre article, et décrit en détail dans le module 1 de la formation “Attestations RT2012”, accessible gratuitement (le module 1… pas la formation).

    La question des dates de moteurs est gérée au niveau de CypeTherm et de la plateforme RT-bâtiment, cette dernière refusant de générer l’attestation si le calcul n’est pas effectué sur la bonne version de moteur. Par ailleurs, lorsque Cype met à jour son outil, ils mettent également à jour le moteur de calcul (le même , mais non certifié) dans OSCAR. Je parle ici du moteur qui permet de faire la pré-évaluation du Bbio à l’intérieur d’OSCAR.
    il y a donc à mon sens peu de risque de “décalage de version” ou de résultat incohérent de ce côté.

    Je partage tout à fait votre avis que “ce ne serait déjà pas mal d’être précis et de ne pas se mélanger les pinceaux dans les affirmations”. L’exercice d’écriture sur un blog ou dans un livre est une sorte d’équilibrisme entre la précision, l’intérêt du lecteur, la concision du propos et la valeur ajoutée des détails.

    En l’occurence, je trouve qu’il y a “stratégiquement” de l’intérêt à dédramatiser ce processus de génération d’attestation. Lorsqu’en formation je décris pour la première fois ce processus d’échange de fichiers (celui dont vous parlez), les architectes ouvrent souvent des yeux ronds et se crispent. Deux heures après, ils accomplissent la manipulation en moins de 5 minutes, c’est devenu un non-problème. Comme je l’explique ici, ce processus n’est ni intéressant, ni difficile. Je fais le choix du raccourci “Oscar permet de générer les attestations”, parce qu’il permet, je crois, de “libérer l’imaginaire”, et d’encourager les architectes à se poser la question de faire le pas (ou non). Comme tout choix, il est criticable.

    Maintenant, si cela relève effectuvement du “mélangeage de pinceaux”, je serai ravi d’apporter des corrections.
    Belle journée à vous, et à bientôt.

    Pascal

    Soubeyrat Magali - 17 août 2018 Reply

    Un peu insultant votre remarque, Mr BOURRI, Pascal Lenormand a fait un travail extra-ordinaire !!! Le respect s’impose, merci !!!

Jean-Yves Mesnil - 9 janvier 2018 Reply

Sur OSCAR, l’idée est bonne parce que les projets architecturaux étaient déjà bouclés avant même que le thermicien intervienne. J’ai vécu cela et en sus la RT20005-2012 me donnait boutons avec ses règles bidons…actuellement, les études réglementaires ne sont perçues que pour le chiffre d’affaires et l’effet vache à lait qu’elles procurent aux BE….l’effet pernicieux c’est que les thermiciens, ne sont pas énergéticiens et surtout ne pensent qu’au travers des règles Th dont j’affirme qu’elles sont foireuses et fallacieuses. Ils ne connaissant pas les normes ISO-CEN-NF !!! bref ce sont des gens qui travaillent avec des outils de lobbies et qui sont eux-mêmes des lobbies. Depuis 10 ans que je travaille en mode conception passive, je regarde amusé que le système tourne autour, en essayant d’inventer autre chose et n’y arrive pas….toutes les règles et labels sont basés sur Th et sont faux….mais les résultats des études sont conformes…on va s’en apercevoir avec RT2020 et le soi-disant positif (des bâtiments qui consommeront 5 fois plus d’énergie finale que celle produite). le principal étant de sauver le COMPTEUR et ses taxes 🙂

    pascal - 9 janvier 2018 Reply

    Bonjour Jean-Yves,

    merci de votre retour. Et oui, l’espace est large entre un bâtiment réglementaire et un bâtiment performant… et encore plus avec un bâtiment confortable !
    Nous n’avons pas fini d’en parler. Et vous avez raison de souligner qu’il y a quelque chose de profondément ancré dans la culture des thermiciens.
    A bientôt pour continuer à en discuter.

    Pascal

Laurent Atienza - 29 juin 2017 Reply

Bonjour,

Je voulais tout d’abord vous remercier pour la qualité de vos articles, bien écrits et qui relèvent le défi de mettre l’énergie en culture.

En tant que BETE, la lecture de votre article sur OSCAR me laisse quelque peu perplexe.

Si je partage pleinement votre analyse des relations architectes ingénieurs, je pense qu’il aurait été intéressant (mais ce n’était sans doute pas le propos de fond de votre article) de remonter à « la racine du mal » qui explique comment nous en sommes arrivés là : manque de formation, manque de culture mais avant toute chose, un énorme manque de savoir être

Ce dernier point est pour moi essentiel : je sais que certains de mes confrères ne sont que des ordinateurs à lunettes contrôlant le respect d’une réglementation thermique et n’apportant aucune plus value à l’acte de construire. Fonctionnant comme un ordinateur, il est donc logique d’être remplacé par un logiciel………

Dans l’autre sens, une partie des architectes avec leur ego démesuré ne sont pas non plus des gens aisés à vivre. J’ignore si vous faites de la maîtrise d’oeuvre mais je vous souhaite bien du courage pour faire déplacer ou réduire la taille d’une fenêtre à « l’oeuvre d’un architecte ».

Le tout est en théorie supérieur à la somme des parties. C’est vrai dans la limite où les égos ne s’annihilent pas les uns les autres……..

Enfin, en tant que petit BETE, je suis vivement intéressé par les petits projets, ceux sur lesquels les grand BETE ne vont pas. Je ne suis pas certain qu’OSCAR soit une bonne nouvelle pour moi dans ce contexte, même si je comprends et partage la logique de fond telle que vous l’avez exposée.

Bien Cordialement

    pascal - 29 juin 2017 Reply

    Bonjour Laurent,
    Effectivement, ce n’était pas l’objet et cet article de traiter les questions de savoir être dans le secteur du bâtiment. Nous savons tout deux comme le sujet est vaste. Donc, comme il se doit, il sera l’objet de prochains articles.
    Pour répondre à votre question : oui, j’ai pratiqué une grosse dizaine d’années en maitrise d’oeuvre et en AMO et je vous l’accorde, les percements sont un sujet chatouilleux. Je crois que ce qui, aujourd’hui, m’intéresse le plus, c’est la compréhension des phénomènes (tant dans la culture, la formation, les outils, que dans les process) qui font que ces sujets cristallisent les tensions.
    Concernant nos collègues ingénieurs, je fais le constat que nombreux sont ceux en recherche de sens. Certes, il y a des « fonctionnaires du calcul », et heureux de l’être. Je ne suis pas sur qu’ils fassent parti de mon lectorat 😉
    Ceux qui, je pense, se posent les mêmes questions que vous et moi, ont tous ceux qui sentent un décalage entre les outils et les cadres qui leur sont proposé et une part de leur aspiration. C’est pour eux qu’Incub’ existe, et en particulier pour les plus jeunes, les étudiants que je croise, déjà dépités de ce qu’on leur propose.
    A propos du tout et des parties… j’aime me dire que pour deux nombres donnés, on peut à la fois rechercher le PGCD et le PPCM. Le PGCD est toujours inférieur au plus petit des deux nombres alors que le PPCM est supérieur au plus grand des deux nombres. Pour moi, l’enjeu est de passer d’une logique PGCD à une logique PPCM (encore un thème de prochain article).
    Pour terminer, je pense qu’OSCAR est une chance pour les petits BETE car il permet à minima de mobiliser des architectes qui ne nous auraient jamais contacté. De plus, OSCAR est bien loin de faire tout le travail. Il nous permet, à nous ingénieurs, de reprendre des projets n’ayant pas été condamnés dès le premier coup de crayon.
    Merci encore pour votre retour et vos remarques pertinentes.

poingt - 4 juin 2017 Reply

bonjour,
J’ai du mal à comprendre comment Thierry et Gilbert n’arrivent pas à mieux communiquer ?
Pour faire une esquisse, à la main ou sur info, c’est un peu la même chose et ce n’est pas l’EPAISSEUR DES ISOLANTS qui va nous “freiner” ? on peut reprendre, à ce stade, sans problème ce qu’on a déjà mis sur un projets précédent, puis on modifiera, on adaptera, mais je ne vois pas en quoi, l’épaisseur des isolants, dans notre cas, puisse poser un quelconque problème ? … FAUX PROBLEME, car il y a tellement d’autres chose à prendre en compte ?
gilles poingt

    pascal - 5 juin 2017 Reply

    Bonjour Gilles,
    évidemment, la situation est un petit peu caricaturale… même si de nombreux architectes (et ingénieurs !) se sont déjà reconnus dedans. Il est souvent compliqué de savoir pourquoi la communication est difficile… De même que je caricature souvent mes personnages de “l’ingénieur” et “l’architecte”, au risque de simplifier la réalité.
    La question des épaisseurs est souvent compliquée, parce que l’implantation se fait sur les dimensions extérieures du bâtiment, et le programme définit en général des surfaces intérieures. Entre les deux, il y a… l’épaisseur des complexes, donc des isolants. IL faut absolument éviter d’avoir à “regonfler” les murs une fois le projet avancé, car alors soit on modifie l’implantation, soit on perd en surfaces utiles.
    Après, tu as raison de mentionner qu’on a souvent toute une série de paramètres de réglage, même si certains sont plus coûteux que d’autres, d’autant plus quand le projet avance.

    Dans le fond je pense que la communication entre ingénieur et architecte est souvent difficile car fondamentalement, le mot “bâtiment” représente des réalités très différentes pour l’un et pour l’autre. Je parle de la manière de le réfléchir, des enjeux, des représentations, etc.
    De cela, nous parlerons encore souvent !
    A bientôt, et merci de ton commentaire.
    Pascal

Leave a Reply: