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Le chiffre faux que tout le monde recopie sans réfléchir

C’est quasiment un “marronnier” lorsque l’hiver arrive et que les chauffages s’allument. À la télévision, dans les magazines et les journaux, et bien sûr, sur internet, vous pouvez voir passer ce conseil :  « si vous voulez réduire vos consommations de chauffage, il suffit de baisser vos consignes de 1°C et vous économiserez 7% sur votre consommation de chauffage ». Je pense qu’avant ma naissance, qui commence à dater, il circulait déjà. Et bien ce chiffre, il pose plusieurs problèmes dont je voulais vous parler. Après tout, moi aussi j’ai le droit de suivre les saisons pour mes sujets.

7% d’économies de chauffage : mais d’où sort ce chiffre ?

C’est une convention et un gage de sérieux lorsqu’on annonce un chiffre : on cite la source. Disons que c’est un préliminaire, permettant au lecteur de se référer à la source initiale. Cela aide, comme nous l’a réexpliqué Yves Marignac, à mieux distinguer l’opinion du fait. Et bien en ce qui concerne ce chiffre, impossible pour l’instant d’en identifier la source. Malgré son ancienneté et son apparente universalité (j’ai retrouvé des citations belges), aucune source (parfois, juste “l’ADEME”) n’est fournie.

C’est d’autant plus surprenant qu’il est annoncé comme une généralité. On ne vous dit pas si cela varie selon votre logement, votre mode de vie, vos habitudes… Non, c’est juste “7% d’économie pour 1° en moins”. On peut critiquer les scénarios conventionnels, ils ont au moins la délicatesse de changer selon les situations. Et on peut critiquer les calculs réglementaires, ils n’ont jamais prétendu à une valeur universelle. Mais pour le “7% d’économies”, si : c’est pareil pour tout le monde, n’importe où. Voilà qui est curieux.

On ne peut donc pas critiquer la source. Mais on peut au moins confronter cette valeur à ce qu’on observe, chacun chez soi. C’est ce que j’ai fait, et il se trouve que “chez moi”, cela implique beaucoup, beaucoup de bâtiments.

(Si un lecteur charitable connait cette source, je lui serais infiniment reconnaissant de me la transmettre – et au moins, vous pouvez mentionner www.incub.net comme source affirmant que ce chiffre est faux !-))

7% d’économies de chauffage : un chiffre faux… et pas qu’un peu !

7% d'économie - STD

Le genre de graphique facile à faire – ici pour un bâtiment “classique” en RT2005 – 30% d’augmentation pour 2°C sur la consigne, soit 15% par degré (source Incub’)

Je vais le dire franchement. Cela fait presque 15 ans que j’étudie des bâtiments de toutes sortes. Pour les logements cela va de la yourte à la villa de luxe et passant par les bâtiments collectifs, sociaux ou “haut de gamme”. J’inclus dans la perspective les bâtiments tertiaires. Dans tous ces bâtiments, on observe une chose :  plus la “performance” des bâtiments augmente, plus cette valeur est fausse. Et je n’ai jamais obtenu une économie de 7% pour un degré de réduction de la consigne. Je ne suis bien sûr pas seul à le dire, mon ami et maître Olivier Sidler le répète partout depuis des années.

Le calcul est très facile à faire en simulation thermique dynamique. Les valeurs typiques qu’on trouve de nos jours sont de 15, 25 voire 30% d’augmentation des besoins de chauffage pour un degré d’élévation de la consigne. Et les résultats sont très variables selon les types de logement, individuels ou collectifs.

Disons-le donc : sur la plupart des bâtiments, cette valeur est fausse. Mais pas qu’un peu ! On parle là d’une erreur souvent d’un facteur 2 à 4. Cela veut dire que dans la plupart des bâtiments, si vous augmentez votre consigne d’un degré vous augmentez votre besoin de chauffage (donc, en gros, votre consommation) 15 à 30%. Là où 7% semblent anodin, on réagit beaucoup plus à une économie potentielle de 15 à 30%. Lorsqu’on m’offre une réduction de 7% sur les chocolats,  je ne réagis pas beaucoup. Lorsqu’on me parle de 30%, je commence à négocier mon régime…

Ne pensez-vous pas qu’une campagne “25% d’économie pour 1 degré” aurait plus d’impact que notre vieille “7% d’économie pour 1 degré” ?

7% d’économie de chauffage : mais comment baisser les consignes ?

Thermostat - STDIl y a un autre problème de fond. C’est bien joli de dire aux gens “baissez la consigne”. Mais le message est brouillé par ce qu’il ne dit pas, ou ce qu’il sous-entend. Je m’explique. On ne chauffe pas un local pour le plaisir de chauffer, mais pour obtenir un niveau de confort. Si je vous invite uniquement à baisser la consigne, je peux sous-entendre deux choses :

  • soit que vous êtes distrait ou incompétent : vous n’aviez pas remarqué que vous pouviez régler le thermostat ?
  • soit que vous êtes un irresponsable surconsommateur : le niveau de service que vous demandez n’est pas raisonnable.

C’est évidemment un peu plus subtil. Mais c’est un mécanisme similaire à ce qui se produit lorsqu’un parent dit à un enfant : “tu ne pourrais pas baisser ta musique ?”. Avez-vous déjà vécu cela, enfant ? Vous souvenez-vous de ce sentiment d’incompréhension ? Et si vous avez effectivement baissé le son, l’avez-vous fait avec plaisir ? Pour ma part, jamais. Juste un sentiment d’incompréhension.

Car baisser une consigne de chauffage est un vrai choix lorsque j’obtiens un niveau de satisfaction similaire. Tout le monde (loin de là) n’est pas capable, immédiatement, de remplacer une sensation de fraicheur par la satisfaction de contribuer à la Transition. On peut le rappeler : il y a 6 paramètres au confort. La température de l’air n’en est qu’un. On peut donc ajuster les curseurs pour diminuer les températures ET maintenir le même niveau de confort. Une communication en simple “réduction de consigne” ne s’intéresse qu’à la moitié de la solution, et ne donne pas à chacun les moyens de gérer la situation au mieux.

7% d’économie de chauffage : si vous êtes maître d’ouvrage ou habitant

Si vous êtes dans la situation d’acheter, de faire construire ou de changer de logement, on vous fournit une étiquette énergie ou un résultat de calcul réglementaire. Tout cela n’apporte pas beaucoup d’information utile, comme je vous l’ai expliqué ailleurs. Mais si vous le pouvez (en particulier si vous faites construire), demandez à ce qu’on vous fournisse cette valeur. Demandez à votre concepteur  architecte, bureau d’études, de la calculer pour votre logement, et de vous la fournir. Vous l’appelez et vous lui dites « bureau d’études, dis-moi, s’il te plait, quand j’augmente ma consigne de 1 degré, de combien est-ce que je vais augmenter ma consommation ? »

C’est une valeur très importante à connaître. La plupart des gens ont entendu dire, pour leur voiture, que “au delà de 120 km/h, elle consomme beaucoup !”. C’est pareil pour votre logement, vous devez demander cette valeur. Interrogez vos concepteurs, les vendeurs, les bureaux d’études. Le fait qu’ils vous la fournissent est gage de sérieux.

7% d’économie de chauffage : si vous êtes un professionnel

Et si vous êtes architecte ou bureau d’études, vous devez étudier, connaître et fournir cette valeur. Bien sûr, ce n’est pas le calcul réglementaire qui vous la donnera, il faudra aller plus loin. Mais ne pas s’interroger dessus, c’est se comporter comme des constructeurs automobiles en ce qui concerne les émissions du diesel, c’est à dire ne pas chercher et fournir les informations qui permettent à chacun d’évaluer la réalité. Notre travail de concepteur, c’est de permettre à chacun d’évaluer autant que possible comment tout cela fonctionne en vrai. Pas en théorie.

Nous tous qui concevons des bâtiments, qui produisons des chiffres (c’est mon cas), nous devons évaluer et fournir cette valeur. Elle est essentielle et ce n’est pas la Réglementation Thermique RT2012 qui vous la donne. C’est un manque cruel, j’ai même fait une contribution récente auprès des institutions en ce sens.

7% d’économie de chauffage : si vous êtes journaliste ou acteur de la Transition

Résumons : il est raisonnable de considérer que cette valeur de  7% est fausse,  et l’est depuis assez longtemps d’ailleurs. Continuer de la diffuser est contre-productif, c’est de l’ordre de la Fake News. Vous êtes journaliste ? Arrêtez de la citer, et corrigez le chiffre. Cela sera d’autant plus incitatif et marquant pour vos lecteurs. Vous êtes de ces acteurs du changement qui souhaitez “sensibiliser” vos publics ou inciter à des changements de comportement ? Parlez plutôt de 15 ou 25%. Ce sera moins faux, plus efficace et plus incitatif.

7% d’économie de chauffage : à quoi sert un tel chiffre ?

Sachons qu’un chiffre unique ne peut pas avoir de valeur universelle. Autant il peut être frappant, autant il nous faut garder à l’esprit que ces valeurs sont variables. Les professionnels sérieux vous le diront, et pourront vous fournir le chiffre qui correspond à votre situation précise, si vous leur demandez. Et si votre interlocuteur refuse de vous la donner, demandez-vous pourquoi.

Au delà de la “véracité” d’un chiffre, toujours discutable, un point est essentiel à retenir : on le communique dans un but. Si ce “7%” a une importance, c’est parce qu’on l’utilise pour encourager à un changement d’habitude. Il est censé être incitatif, il cherche à “vendre du rêve”, au service d’une plus grande sobriété énergétique. Au final, ce qui compte, c’est l’économie mesurée en kWh ou en €. C’est certain, 20% d’économie sur 1500 kWh (bâtiment performant), c’est beaucoup moins d’économie que 7% de 15 000 kWh (bâtiment peu performant). Si je dis : “dans un bâtiment très performant, on économise jusqu’à 12€ par an en baissant sa consigne de 1°C”, je n’encourage qu’une chose : un bel effet rebond, induit par la notion maintenant exprimée que les économies n’ont aucun intérêt dans un bâtiment performant.

Dans un monde qui a grandement besoin d’encourager les comportements adéquats, la présentation des chiffres est aussi un levier d’action. Est-ce de la malhonnêteté ? Non, la réalité physique ne change pas. Il n’est question que de choisir le prisme le plus parlant et le plus efficace dans un contexte précis.

 

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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Jérôme - 30 janvier 2019 Reply

Bonjour,
Cela fait bien plaisir de lire ton article et j’adore le côté “mouton noir”.
Cela me ramène à une grosse prise de tête personnelle au sujet du réglage de la température de consigne à 16°C pendant les absences. En effet si baisser la consigne de 1°C amène tout ce que tu dis dans ton article, alors la baisse de la consigne de 19°C à 16°C pendant les absences engendre forcément le même genre de ” croyance populaire “.
Et du coup, j’en profite pour te demander s’il serait même envisageable d’imaginer faire encore plus d’économie pendant ces fichues absences en diminuant encore la consigne ? Car la croyance populaire est catégorique sur le sujet : c’est non ! Et je reste en suspend avec mon expérience personnelle dictée par la loi intraitable du porte monnaie : dans le logement que j’occupe depuis plus de dix ans maintenant, j’ai remarqué ( lors d’une belle période d’amincissement de mon compte bancaire ) que je ne perdais pas grand chose en terme de confort lorsque je ne chauffe pas du tout pendant mon absence ( le logement n’est jamais descendu beaucoup plus bas que 12°C lors des plus longues absences hivernales et il remonte en une heure trente environ à 19°C ). Alors c’est sûr qu’on ne parle pas d’un modèle du genre en tant que logement. Je suis locataire, j’adapte ma façon d’être habillé en fonction de mes sensations mais franchement, cette consigne infranchissable de 16°C, c’est aussi bidon que les 7%, non ?
En te remerciant,
Jérôme

    pascal - 10 février 2019 Reply

    Bonjour Jérôme,
    Oui, tu as raison, il y a le même genre de “croyance populaire” sur ces niveaux de température, les écarts. En fait, ces valeurs de 19° et 16° sont celles utilisées dans les scénarios conventionnels de la RT. elles ne signifient pas grand chose dans la RT.
    On peut bien entendu diminuer autant qu’on veut les consigne, puisque le service rendu n’est pas une température, mais une sensation, la tienne. C’est pour cela que je recommande toujours (par exemple dans cette vidéo, qui tangue un peu !-)) l’expérimentation.
    Ce qui compte surtout, c’est d’apprendre à connaître la dynamique de ton logement, pour que tu puisse piloter les systèmes de manière à ce qu’ils te donnent le service quand tu es chez toi. Cela peut impliquer de couper le chauffage 1 ou 2 heures avant de partir ou de t’endormir, par exemple.
    Donc, oui, tu as raison, et la croyance populaire a tord…
    En fait… je me dis qu’il faut que je fasse un ou deux articles sur le sujet…
    A bientôt, et merci de ta remarque.

Clément Brondolin - 4 janvier 2019 Reply

Bonjour Pascal et bonjour à tous!

Alors malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé cette fameuse “source Ademe des 7%”, par contre, j’ai retrouvé la démonstration que nous avait faite un de mes professeurs d’université.

Il avait commencé sa présentation par :”Bien sûr, ce calcul est peu réaliste et ne prend pas en compte pleins de paramètres”

La démonstration est la suivante:
(Dans le cas d’un chauffage en continu à une température de consigne donné!)

Dans ce cas, la consommation énergétique est proportionnelle aux DJU et peu importe le niveau d’isolation.
(Conso(kWh) = Gv(déperdition volumique W/K) x DJU(de la T° de consigne) x0.024)

Partant de là, si on prend un DJU (saison de chauffe) à 20° et qu’on le compare à un DJU 21°(ou entre 21° et 22°), on se rend compte, selon les villes choisies, que les écarts varient entre 5 et 10% (5% en montagne,7% à Paris, 10% à Montpellier)

Bien évidemment,ce calcul ne prend pas en compte les apports solaires, les apports internes, une baisse de la T° de consigne, un rendement du générateur de chauffage (qui peut varier en fonction de la saison), etc…

C’est donc tout à fait normal que la STD trouve des valeurs différentes.

Voilà!

Au plaisir d’avoir pu contribuer!

Clément

PS: J’ai fait un petit Excel si vous voulez les valeurs.

    pascal - 5 janvier 2019 Reply

    Bonjour Clément,
    merci infiniment de cet exemple. Il recoupe l’interprétation fournie, sur un autre canal, par un autre lecteur : c’est bien sur la base d’un calcul en DJU qu’on trouve de telles valeurs. Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est qu’on parte d’un calcul qui, comme vous le dites “est peu réaliste et ne prend pas en compte plein de paramètres” pour arriver à une espèce de notion universellement partagée et communiquée.
    Je mets cela en parallèle d’un phénomène décrit par Oliver Sacks dans Le Fleuve de la Conscience, les “scotomes”, mais aussi avec le phénomène de propagation des Fake News.
    Cela n’est pas rassurant.
    Ce qui est encore plus surprenant, c’est qu’un chiffre aussi peu fiable soit la base, en réalité, d’une “campagne de propagande” destinée à encourager la baisse des consignes… Quitte à mettre un chiffre faux, pourquoi avoir mis celui-ci, plutôt dans la tranche inférieure ? Cela semble le phénomène opposé aux démarches publicitaires, affichant des chiffres impressionnants, modulés par des compléments d’information écrits en minuscule en bas de page…
    Vraiment, plus j’y pense, plus ce chiffre et son histoire restent des mystères pour moi !-).
    Merci encore de votre contribution. Et oui, je veux bien le tableur si c’est OK pour vous. Vous pouvez utiliser l’adresse générique contact(at)incub.net
    Belle journée à vous.

    Pascal

      Ali - 28 janvier 2019 Reply

      Bonjour ,

      Une petite précision sur les 7%, il me semble que dans la formule intervient au dénominateur K qui implique un delta T.

      Celui ci est pris pour l,écart entre tmoy interieure et t exterieure de base, que se passe t-il si on rapporte les conso à une température extérieure moyenne d’hiver de 4 utilisée en France et que l’on passe de 20 à 21 en ambiance hivernale, on tombe il me semble sur environ 7%.

      C’est comme vous le dites sans tenir compte ni de la dynamique, ni des apports, mais c’est une moyenne simpliste qui date d’une époque où l’on ne pouvait faire de las std, mais juste des bonnes règles de trois…pour ommuniquer c’était pratique et accessible. …

      Cordialemenrnt

Thomas Letz - 21 décembre 2018 Reply

Bonjour Pascal
Article intéressant, mais à mon avis un peu incomplet: Ce qui intéresse l’ occupant d’un logement, c’est finalement moins le pourcentage d’économie que les kWh économisés, et, partant de là les pépettes. Et peut-être que 7 % sur un logement à 300 kWh/m2 sont aussi “intéressants” que 20 % sur un logement à 100 kWh/m2. Je n’ai pas fait le calcul mais j’ai un peu l’intuition que les économies absolues sont assez similaires dans les deux situations.
C’est un peu comme quand on communique sur le prix du kWh électrique, bien plus bas en France qu’en Allemagne “grâce au nucléaire que le monde entier nous envie”, et qu’on oublie de le multiplier par le nombre de kWh consommés annuellement.

    pascal - 21 décembre 2018 Reply

    Bonjour Thomas,

    merci beaucoup de ton commentaire. C’est vrai que j’ai mis du temps à te répondre, je m’en excuse. En réalité, j’ai modifié légèrement l’article après ce que tu m’as écrit, car tu relèves un point fondamental : il y a l’info “objective”, et parallèlement, la manière de la présenter. Je comprends que Yves Marignac parle aussi de cela, quand il nous dit bien faire la différence entre les faits et l’opinion.
    On communique souvent un chiffre dans un but précis, surtout sur ce sujet.
    Je recopie ci-dessous l’extrait d’une réponse que j’ai fait à un autre lecteur sur le même sujet, où je donne mon opinion là-dessus.
    Merci en tous cas beaucoup de ta contribution et de ton regard aiguisé.
    A bientôt.
    Pascal

    Je pense qu’il faut être au clair sur la raison d’utiliser un tel chiffre. pourquoi souhaitez-vous communiquer dessus ? Si c’est pour « informer », dans l’idée (non validée) que « des habitants informés et sensibilisés engagerons peut-être des comportements plus sobres », alors je ne vois pas bien l’intérêt.
    Si c’est dans l’objectif clair dès le début que c’est pour faire bouger les lignes, alors on est dans la communication, la « propagande d’idée vertueuse ». Il ne s’agit plutôt de « mise en forme d’information » que de « véracité de chiffres ».
    Je pourrais parler de mes projets de manière aussi « vraie »(ou fausse) en disant « j’obtiens généralement 14 à 20% d’économie sur les projets que j’étudie » ou « j’obtiens jusqu’à 30% d’économie sur mes projets ». L’impact est différent.
    La seule manière « propre » de le dire (mais sérait-elle utile ?) pourrait être de la forme « sur 193 projets, j’obtiens une valeur moyenne de 17,4% avec un écart-type de 8,9 ». Mais quel intérêt ?

Julien - 16 décembre 2018 Reply

Bonjour Pascal. Si j’ai bien compris, vous annoncez entre 15 et 30% de surconsommation pour 1°C de plus de consigne de chauffage, est-ce exact ? Si oui, pour quelle températures des consignes et extérieure est-ce ? Existe-t-il une formule qui permette de l’estimer simplement ? J’ai en tête que la puissance à fournir pour chauffer (ou climatiser d’ailleurs) est proportionnelle à la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur. Est-ce exact ?

Cyril - 16 décembre 2018 Reply

Bonjour Pascal,
Un article comme toujours très instructif.
Merci.
J’ai juste un doute sur ta citation :
« si vous voulez réduire vos consommations de chauffage, il suffit de baisser vos consignes de 7°C et vous économiserez 7% sur votre consommation de chauffage »
N’y aurait-il pas une petite coquille avec un “1°C” remplacé par un “7°C” ?
Salutation
Cyril

    pascal - 16 décembre 2018 Reply

    Bonjour Cyril,
    et oui, tu as raison… la coquille a été corrigée. Merci beaucoup !
    Bonne journée !

    Pascal

Lefrançois - 16 décembre 2018 Reply

Merci Pascal de m’avoir alerté sur ce point.
J’ai, de suite, intégré ce fait et, maintenant que vous l’avez développé, je vais pouvoir mettre un lien vers les articles pour lesquels j’ai ou j’aurai à justifier de valeurs plus “actuelles” car, si nous partageons beaucoup, il est un point sur lequel nous sommes totalement raccords : il faut pouvoir contrôler ce qu’on lit ou entend et, comme vous, je m’attache à sourcer au maximum.
C’est d’ailleurs souvent salutaire, ça évite de dire ou affirmer pas mal de choses qui sont, à tout le moins et souvent, douteuses.
Je viens de mettre un 1er lien vers cet article. Encore merci.

L’article en question : https://www.build-green.fr/chauffage-confort-nos-preconisations/

    pascal - 16 décembre 2018 Reply

    Bonjour Claude,
    merci beaucoup de votre retour, et du partage. Et bravo pour vos publications, que j’aime également beaucoup.
    A bientôt.

    Pascal

Pierrick Chevillotte - 16 décembre 2018 Reply

Bonjour Pascal,
C’est très juste et pertinent. Quels outils avons-nous pour produire cette valeur lorsque les calculs complexes nous échappent?
Amicalement

    pascal - 16 décembre 2018 Reply

    Bonjour Pierrick,
    à ma connaissance, c’est la STD qui est l’outil le plus simple/rapide pour produire une telle valeur.
    il y a une option, non mise en production, dans l’outil OSCAR (du CNOA). Peut-être que l’Ordre accepterais de la mettre en service ? Ce serait une piste.
    A bientôt.

    pascal

David Bourguignon - 16 décembre 2018 Reply

Pascal, si fournir des chiffres faux, “c’est se comporter comme des constructeurs allemands en ce qui concerne les émissions du diesel”, n’oublions pas que nos soi-disant champions nationaux sont également très forts en la matière : https://www.turbo.fr/actualite-automobile/dieselgate-selon-un-rapport-renault-serait-pire-que-volskwagen-39957

Donc je reformulerais en “c’est se comporter comme des constructeurs automobiles en ce qui concerne les émissions du diesel” et je retirerais le lien vers l’affaire du cartel des constructeurs allemands, car chez nous c’est pareil dans la téléphonie mobile et tutti quanti.

Non, vraiment, au-delà d’une certaine taille d’entreprise, ou bien au-delà d’un certain niveau de revenu ou de fortune, l’organisation ou l’individu moyen se croit souvent au-dessus de la loi commune, et cela finit souvent mal, avec des guillotines et du sang sur le trottoir.

Sur la question des échelles en économie, sur la nature du travail en général, je ne peux que conseiller de relire d’urgence https://fr.wikipedia.org/wiki/Small_is_beautiful car les réflexions de E.F. Schumacher font toujours partie des impensés de notre société actuelle.

    pascal - 16 décembre 2018 Reply

    Bonjour David,
    merci de ton commentaire éclairé et pertinent. Je m’en vais ajuster cette phrase dans le texte (dans la vidéo, je ne peux pas !).
    Merci, et à bientôt.

    Pascal

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