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A quoi sert un ventilateur ?

J’ai reçu hier le message suivant :

« Bonjour Pascal,

je m’appelle Benoit et j’habite en colocation à Toulouse. En ce moment, il fait très chaud, et comme il n’y a pas assez de courants d’air dans notre appartement, je suis allé acheter un ventilateur. Je l’ai installé sur la fenêtre et je le laisse fonctionner toute la journée pour refroidir l’appartement. Voici ma question : est-il est plus efficace  que je tourne le ventilateur vers l’intérieur (pour souffler du vent frais vers l’intérieur) ou bien vers l’extérieur (pour rejeter l’air chaud vers l’extérieur) ?

Merci de ton aide, merci pour tes articles et à bientôt. »

Et bien, cher Benoit, je vais profiter de ta question pour décrire quelque phénomènes thermiques. Et ainsi, j’en arriverai à répondre à la question « Comment se servir efficacement d’un ventilateur ? »

Un ventilateur (ou une climatisation) pour rafraîchir ?

Reprenons dès le début. Benoit a trop chaud. Spontanément, d’après ce qu’il décrit, il a cherché à diminuer la température de sa chambre. C’est fort compréhensible : nous avons intégré depuis la plus tendre enfance que, si on a trop chaud, c’est parce que la température est trop élevée. C’est même ce qu’on nous dit à la météo, après le journal télévisé ! Pour cette raison, Benoit achète le ventilateur en imaginant extraire l’air trop chaud de sa chambre.

Il fait ainsi quelques hypothèses, que voici :

  • Je me sentirai mieux si je diminue la température de la chambre.
  • C’est en renouvelant l’air de la chambre que je parviendrai  à en diminuer la température.
  • Mon ventilateur est un objet efficace pour renouveler l’air de la pièce.

Examinons ces hypothèses attentivement…

climatisation - thermomètre1/ La température globale de la chambre influe sur le confort

Il est très courant de considérer que la température est LE facteur qui détermine notre confort thermique. En cas d’inconfort (trop chaud ou trop froid), spontanément, notre premier élan est bien souvent d’ajuster la température, soit avec du chauffage, soit avec de la climatisation. Néanmoins, la thermique humaine nous enseigne que la température de l’air n’est qu’un des six facteurs qui déterminent notre confort thermique global. Dit autrement, cela signifie qu’il y a 5 autres possibilités d’influer sur notre environnement proche pour modifier une sensation thermique insatisfaisante.

2/ Le renouvellement d’air va nous permettre de refroidir la chambre

Benoit nous dit qu’il espère “sortir l’air chaud et faire entrer de l’air frais”. Ce dont on peut être sûrs, c’est qu’un renouvellement d’air, est un échange d’air entre deux espaces. Ainsi, de l’air extérieur à une certaine température est introduit dans la pièce, et y remplace la même quantité d’air. Si l’air extérieur est plus chaud que l’air intérieur, alors la température de la pièce va logiquement augmenter. A l’inverse, si la pièce est plus chaude que l’extérieur, l’air extérieur contribuera à la refroidir. Il est donc clair que l’efficacité de la méthode dépend essentiellement de l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur.

Dans la journée, il est courant que l’air soit plus chaud à l’extérieur que dans le logement. Il serait donc absurde de tenter de l’utiliser pour refroidir la pièce. Cela ne ferait, au contraire, qu’augmenter un peu plus la température. A l’inverse, la nuit, l’air extérieur est souvent plus frais qu’à l’intérieur. C’est donc souvent le bon moment pour prendre de l’air extérieur et rafraîchir l’ambiance.

 3/ Un ventilateur est un outil adapté pour renouveler l’air d’une pièce

Sans entrer dans les détails techniques on peut noter que le ventilateur se caractérise par la quantité d’air qu’il brasse. Cette quantité (son débit) est fonction de deux paramètres :

  • La vitesse de l’air : plus la vitesse est grande, plus le débit sera important.
  • La surface du ventilateur ou du conduit dans lequel l’air se déplace : plus la surface sera grande, plus le débit sera important.

De manière un peu plus précise, on peut mettre la formule : débit (m3/s) = vitesse (m/s) x surface (m2)

Grosso modo, pour un même débit, il y a donc deux stratégies :

  1. Choisir une vitesse rapide. C’est le cas des modèles disponibles dans les grandes surfaces en période de canicule. D’une surface restreinte, ils déplacent l’air à une vitesse importante. Leur inconvénient : souvent plutôt bruyants, et énergiquement peu efficaces.
  2. Choisir une surface élevée (et donc une vitesse lente). C’est plutôt le cas des machines d’extraction et de ventilation, pour lesquelles on recherche une faible consommation par rapport au débit déplacé.

La stratégie de Benoit repose sur une vitesse rapide, qu’il espère utiliser pour déplacer des masses d’air.

Voici donc les hypothèses retenues par Benoit pour justifier la solution technique qu’il a adoptée. C’est le moment pour nous de reprendre à la base le processus de Design Énergétique, en remontant aux sources du problème.

Resoudre le problème de Benoit, en trois étapes

Refroidir Benoit

Comme je l’ai déjà expliqué (par exemple ici ou ), notre culture nous amène à “extraire l’humain” des problèmes énergétiques. L’humain est pourtant toujours à l’origine du problème : Benoit nous dit qu’il a trop chaud.

Avoir trop chaud est une chose différente que de considérer qu’une pièce a une température trop élevée. Avoir trop chaud est une sensation. Mesurer une température trop élevée est une mesure objective. Une description plus précise de la demande de Benoit serait donc : Benoit souhaite avoir un ressenti plus frais.

Le fait de recentrer le problème sur le besoin de Benoit nous permet de questionner la première hypothèse qu’il a retenue. En effet, nous nous intéressons maintenant à un problème de sensation thermique, et non pas au simple problème de réduction de la température d’un local. On passe d’un problème ne laissant qu’un paramètre d’action à un problème en ayant six !

En l’occurence, Benoit a acheté un ventilateur rapide. Ça tombe bien : parmi les 6 paramètres de confort thermique humain, on trouve la vitesse de déplacement de l’air !

climatisation - température ressentie

Source – ASHRAE

Le graphique ci-contre illustre une manière de relier la température ressentie à la température “sèche” en fonction de la vitesse d’air. Par exemple, une vitesse d’air de 120 m/min (soit 7,2 km/h) à 15°C provoque un ressenti équivalent à 10°C. Ainsi, le grand intérêt d’un tel ventilateur est de créer une vitesse d’air importante et de largement diminuer la température ressentie en accentuant les phénomènes de convection et d’évaporation sur le corps de Benoit.

Corollaire de cette observation : quand Benoit n’est pas là, il n’y a plus de problème « Benoit a trop chaud ». Une pièce trop chaude dans laquelle personne ne se trouve ne dérange personne. Il n’y a à priori aucun besoin de la refroidir, si ce n’est pour anticiper un éventuel retour des occupants.

Conclusion préliminaire : le meilleur usage du ventilateur de Benoit est donc de ventiler Benoit et non de ventiler la pièce. On peut accentuer l’effet en ajoutant une composante évaporative. On le réalise facilement en mettant un linge humide devant le ventilateur (refroidissement de l’air soufflé) ou encore mieux… sur Benoit.

Refroidissons (sans climatisation) l’ambiance en renouvelant l’air

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Je vous ai dit que la température de l’air n’est peut-être pas le paramètre le plus efficace pour résoudre rapidement le problème de Benoit. On ne peut néanmoins pas dire que ce soit un paramètre sans effet. Il est donc important de considérer de quelle manière on peut faire diminuer cette température ambiante dans la chambre de Benoit.

Il est très courant, dans le bâtiment, d’utiliser l’air malgré sa faible capacité thermique pour refroidir l’ambiance. On le fait en général quand l’air extérieur est plus frais que l’air intérieur, c’est à dire la nuit. Le bon sens, pratiqué par de nombreuses personnes, veut donc qu’on ouvre les fenêtres la nuit afin de favoriser les convections. L’air frais de l’extérieur remplace alors l’air chaud de l’intérieur, refroidissant du même coup la structure du bâtiment. Corollaire : lorsque l’air extérieur est plus chaud que l’air intérieur… on le laisse dehors en fermant les fenêtres !

Notons que ce n’est pas toujours possible ou facile d’aérer la nuit pour une série de raisons : les craintes d’effraction, le bruit, l’entrée des moustiques, le déclenchement d’une alarme, etc. Il faut également noter que dans un appartement comme celui de Benoit, non traversant, la convection peut être rendue difficile. Il y a trop de perte de charges pour que l’air puisse traverser. Cela vaut donc le coup de se poser la question suivante : et si je rajoute un ventilateur, est-ce que ça marche mieux?

La légende du moteur invisible

L’enjeu global est donc, dans ces situations, d’extraire un maximum d’air de l’intérieur pour l’envoyer à l’extérieur. Il y aura malheureusement peu de réponse générale pour résoudre ce problème. Chacun devra s’adapter en fonction de la configuration de son logement ou de son bâtiment.

Mais il y a un grand principe à connaitre : l’air se déplace et traverse un bâtiment sous l’action d’un moteur. Il faut une force pour le faire avancer, se déplacer d’un endroit à l’autre.

Il y a trois sortes de moteurs :

  • Un moteur naturel vertical, le tirage thermique. Les masses d’air chaudes ont tendance à monter. Ainsi, si dans un local, il y a une ouverture en bas et en haut, il y aura un flux d’air naturel, si l’air extérieur est plus frais. L’air chaud de la pièce va monter, sortir par la sortie haute et être remplacée par de l’air frais qui entre par l’entrée basse. On a donc tout intérêt, dans les logements, à ouvrir un ouvrant le plus bas possible et à ouvrir un ouvrant le plus haut possible et à fermer les ouvrants intermédiaires. On maximise ainsi le tirage thermique et le balayage.
  • Un moteur naturel horizontal, le vent sur les parois. Le vent qui frappe sur une surface créé une surpression tandis que de l’autre coté du bâtiment, il y a une dépression. Si on a une ouverture de chacun des deux cotés, il se crée alors un courant d’air, avec des débits parfois très importants qui permettent de rafraîchir. Un petit calcul peut nous permettre d’avoir une idée des débits impliqués.
  • Des moteurs mécaniques : ventilations, extractions, etc.
climatisation - ventilation

Schéma classique de ventilation – source Aldes

Les deux premiers moteurs, s’ils sont possibles, amènent tout de suite des débits très importants. Pour mémoire, une vitesse d’air de 1 m/s à travers une fenêtre de 1 m2 représente un débit de 3600 m3/h. Cela représente un “vent” de 3,6 km/h, pas vraiment une tornade. Et l’air d’une pièce de 20 m3 (la chambre de Benoit) sera renouvelé 180 fois par heure. En langage de “fluidiste”, c’est une ventilation à 180 vol/h.

Le choix est donc simple :

  • Soit les tirages naturels transversaux ou verticaux sont possibles. Alors, c’est probablement la solution la plus efficace à utiliser.
  • Soit ils sont impossibles, par exemple dans un logement non traversant et comprenant qu’une seule fenêtre, comme la chambre d’étudiant de Benoit. Alors on peut s’aider d’un ventilateur que l’on utilisera en extracteur.

Pourquoi en extracteur ? Afin de diminuer les pertes de charges. On tourne le ventilateur vers l’extérieur, l’air peut librement sortir par la fenêtre et sera remplacé par de l’air entrant par on ne sait où. Le principal problème de cette technique, néanmoins, est qu’on ne sait pas par où l’air rentre. On ne sait pas d’où il vient, et il n’y donc pas moyen de mesurer la réelle efficacité.

J’aurais donc tendance à penser que dans l’immense majorité des cas, il est plus intelligent de ventiler le bonhomme plutôt que de ventiler la pièce. Ce n’est pas pour rien que les extracteurs d’air sont fabriqués d’une certaine manière et sont, en général, associés à un réseau d’extraction étanche que l’on installe désormais dans des locaux étanches. Cela permet de maitriser les flux d’air et ainsi de garantir qu’il y ait un réel renouvellement.

Conclusion 

Malgré les quelques digressions un peu théoriques que nous avons faites, voici donc la réponse que je peux faire à Benoit :

Cher Benoit, si tu as trop chaud, alors le problème est bien de te refroidir TOI, et non de refroidir la pièce dans laquelle tu te trouves. Le meilleur usage que tu peux faire de ton ventilateur, c’est donc de te ventiler toi-même. Tu peux augmenter l’effet rafraichissant en utilisant l’évaporation, en utilisant un dispositif type brumisateur : tu peux t’habiller avec un tee-shit mouillé. Mais d’une manière générale, tous les phénomènes se produisent sur ton corps. Tu veux rafraichir ton corps. Le nudisme est également une bonne solution.

Je te suggère également de retenir les deux grands principes de circulation d’air dans les locaux (verticalement par tirage thermique et transversalement par création de « courants d’air ») afin de voir si dans ta configuration particulière, cela est possible.

Pour conclure, j’aimerais rappeler qu’il existe un livre un petit peu ancien, intitulé « Fraicheur sans clim ». Il liste l’ensemble des dispositifs permettants de rafraîchir une ambiance sans avoir recours à cette absurdité (dans la plupart des cas) en France qu’est la climatisation. J’ai l’habitude de dire qu’en matière de Design Énergétique, un local non tertiaire climatisé en France est forcément un local mal conçu. Si vous pouvez le trouver, je vous recommande donc ce livre,

Une alternative : j’envisage de créer des contenus et une formation spécifiquement dédiée à la question de la surchauffe et des rafraichissements naturels. Si cet article vous a intéressé et si vous trouvez qu’il serait pertinent de créer de tels contenus, alors merci de cliquer dans la boite ci-dessous et de me laisser vos coordonnées. Les 20 premiers auront un accès privilégié !

D’ici là, restez frais et n’hésitez pas à partager dans les commentaires, les trucs et techniques qui vous permettent de mieux gérer les situations de canicules.

 

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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Angielo - 24 juillet 2020 Reply

Bonjour,

Merci pour cet article très instructif. J’avais une petite idée non pas scientifique mais brève et commerciale du déplacement de l’air ; ayant été vendeur dans le bricolage (dont produits tels que chauffages, climatiseurs et ventilateurs). J’habite Toulouse centre dans un logement locatif en brique certes mais pas bien isolé (et non je ne m’appelle pas Benoit).

En rez-de-chaussée je ne vous dis pas quand le soleil tape direct sur les murs et stores métalliques. Au début je regrettais mon climatiseur que j’ai vendu, mais je savais que c’était mauvais pour la planète, la santé et le porte-feuille donc j’ai fait mon petit geste… Vraiment la consommation électrique j’ai calculé jusqu’à x54 plus cher ! C’est énorme comparé avec un ventilateur.

J’ai opté pour un brasseur d’air car pas cher et très puissant (moins de 40 euros), des gros diamètres proposés qui permettent de brasser beaucoup d’air et c’est proche du sol ça fait donc remonter et circuler plus rapidement l’air froid de la pièce. Cela peut aussi être très utile pour les gens qui font de l’enduit ou de la peinture quand il fait chaud pour aider à faire sécher la surface plus rapidement (l’hiver ça marche moins bien, si la pièce est très froide mieux vaut utiliser un radiateur soufflant de chantier).

Je sais q’un ventilateur de plafond c’est top car ça fonctionne bien et même à faible vitesse donc encore plus économe niveau électricité. Certains sont encore étonnés que ce type de produit qu’est le brasseur d’air fasse du bruit (je ne vous dis pas le nombre d’avis négatifs qui portent sur le bruit, les gens ne savent malheureusement pas lire une fiche produit et les décibels avant d’acheter). Un brasseur d’air c’est censé envoyer de l’air à fond donc forcément il y aura du bruit ! C’est rare de trouver un brasseur silencieux à moins de taper dans du haut de gamme ou certains modèles, encore une fois le bruit est indiqué sur les fiches produits… Jusqu’à environ 40 dB ça va, à partir de 60 dB ça commence à devenir gênant). Je mets juste le brasseur loin de ma pièce ou un casque audio et le souci est réglé.

Pour millième rappel, ne dormez pas avec le ventilateur et encore moins dirigé vers vous, la nuit le corps n’a pas la même température corporelle, il ne la gère pas aussi bien que quand vous êtes réveillé. Trop d’air assèche les sinus et vous pouvez tomber facilement malade, sans parler des germes de la pièce qui flottent avec l’air…

Thibaud - 1 juillet 2018 Reply

Bonjour Pascal,

Merci pour vos conseils et votre article très instructif.
Je suis exactement dans le même cas que Benoit. Appartement étudiant, dernier étage, toit terrasse, simple vitrage, non traversant, et appartement des années 70 : pas de VMC. L’été est là, et c’est 80% d’humidité et 29 dégrées au thermomètre jour et nuit (fenêtres ouvertes la nuit).
J’ai tout de même du mal à cerner d’ou provient cette chaleur, puisque en pleine nuit, si je perds admettons 2 degrés, et que je ferme la fenêtre, la température et l’humidité Remontent quasi immédiatement. Inertie thermique du toit ?
J’ai néanmoins essayé la technique du ventilo tourné vers l’interieur Et vers l’extérieur. Même si ce n’est que significatif, j’ai l’impression que dans mon cas c’est plus efficace vers l’exterieur (et ça évite de tomber malade en plus).
La question que je me suis également posé, sauf mauvaise lecture, quels sont les 5 autres critères qui jouent sur le confort ambiant ?
Merci bien,
Thibaud

    pascal - 4 juillet 2018 Reply

    Bonjour Thibaud,
    merci de votre témoignage. C’est certain qu’en cette saison, nombreux sont les gens (et les étudiants) à transpirer…
    Je réponds d’abord à votre dernière question. Je vous renvoie vers cet article, dans lequel j’évoque les 6 paramètres du confort thermique humain.

    Ensuite… si vous avez effectivement 29°C/80% d’humidité (vous avez mesuré ?) en étant en dernier étage, alors… il y a probablement de lourds défauts, en particulier de renouvellement d’air.
    Cela fait une GROSSE quantité d’eau, il doit pleuvoir chez vous l’hiver ?
    C’est toujours difficile de dire sans avoir plus détails, mais voici quelques points pour vous éclairer sur les raisons possibles d’une température élevée et constante chez vous, malgré un balayage d’air.
    Du point de vue général, si la température reste constante, c’est qu’autant d’énergie est injectée dans le local qu’il n’en est extrait par le balayage d’air.
    Cela peut venir de :
    – soit des parois opaques : vous êtes sous une dalle lourde, par exemple, qui déphase la vague de chaleur de la journée. Vous subissez le soleil du jour pendant la nuit, en quelques sorte. Pas facile pour vous de corriger cela…
    – soit des locaux autour de vous : votre chambre est peut-être une tout petite partie d’un vaste volume thermique surchauffé. Vous avez beau agir chez vous, c’est petit par rapport à l’ensemble. alors… allez voir vos voisins… en résidence étudiante, on peut organiser des ventilations traversantes avec les voisins de palier. Parfois une heure ou deux suffisent…
    – soit de chez vous : peut-etre avez-vous des appareils en fonctionnement ? Un ordinateur qui tourne, une box, etc. EN période de surchauffe, coupez tout ce qui est possible !

    … et bien sur, fermez tout en journée, dès qu’il faut plus chaud dehors que dedans, et évitez toutes les entrées de soleil. Quand vous partez, fermez volets et fenetres.

    Ce ne sont que quelques pistes… Je vous souhaite bon courage, et beaucoup de fraicheur.

    Pascal

David Michon - 12 juin 2018 Reply

Beaucoup de blabla sans solution..alors oui on voit qu’il y a de la connaissance derrière malheureusement mal utilisée. J’aurais aimé savoir pour refroidir une piece chauffee par l’informatique si je dois introduire de l’air froid ou extraire de l’air chaud via des ventilos, evidemment pas quand il fait plus chaud dehors. Pas de reponse. La bise a Benoit.

    pascal - 12 juin 2018 Reply

    Bonjour David,
    merci de votre enthousiasmant commentaire. La question originale de Benoit est, me semble-t-il, proche de celle que vous posez. Et le principal sujet est en réalité la symétrie de l’échange.
    Si j’ai bien compris votre question, vous voulez connaître l’efficacité comparée entre :
    – de l’introduction d’air froid : où envoyez-vous l’air “chaud” ? Fabriquez-vous du froid (dans une centrale ou un climatiseur) ?
    – de l’extraction d’air chaud : qu’introduisez-vous dans la pièce à la place ? simplement de l’air extérieur, ou de l’air refroidi ?
    (en réalité, ces deux formulations sont strictement identiques…)

    Suggestion de réponse, donc : si vous ne “fabriquez” pas de froid, et que vous ne faite qu’introduire de l’air venant de l’extérieur (et “poussez” donc l’air chaud de la pièce vers l’extérieur) et/ou “tirez” de l’air de la pièce en le remplaçant, par aspiration ou compensation, par de l’air extérieur, alors… c’est kif kif pareil. Vous balayez avec de l’air extérieur, comme je le décris dans l’article. Et je comprends que cette réponse ne vous satisfait pas.

    Le fait de “extraire du chaud” ne permet que cela… Donc… seule l’introduction d’air refroidi permet d’accentuer l’échange, mais il vous faut alors inclure dans le bilan la consommation des machines de froid.

    Vous devez en réalité faire un comparatif tel qu’on le fait pour arbitrer entre refroidissement par ventilation (de type “free cooling, avec de l’air moins froid, mais uniquement de la consommation de ventilateur) et refroidissement par climatisation (avec de l’air plus froid, et de la consommation ventilateurs + froid). La question peut effectivement se poser, et en général, seul un calcul par STD peut vraiment répondre à la question, car cela met en jeu l’inertie du local. Pour cela, il faut également en savoir plus sur l’usage (votre pièce “chauffée par l’informatique” est-elle un local serveur ? un bureau ? une chambre ?).

    enfin… le plus simple est toujours de limiter la puissance émise, et donc… de travailler la puissance consommée par l’informatique. C’est par exemple ce qui a été fait par Enertech dans ses nouveaux locaux.

    je vous souhaite une agréable et fraîche soirée. Je transmets à Benoit.
    Pascal

Lucie Viat - 28 août 2017 Reply

Bonjour,
Les moyens passifs d’obtenir une ambiance supportable en été m’intéressent, en particulier lorsque l’architecture du bâtiment ne s’y prête pas trop… Il est tellement difficile de convaincre un architecte, même dans le neuf, de modifier sa conception pour faciliter le confort d’été !
Donc je me porte volontaire pour suivre ta formation sur le rafraîchissement naturel !
Lucie
Chambéry

    pascal - 30 août 2017 Reply

    Bonjour Lucie,

    merci de votre retour… On vous inscrit d’office pour recevoir les infos sur la prochaine formation “surchauffe”, alors ?
    Je suis curieux d’en savoir un peu plus sur ce que vous entendez par “lorsque l’architecture du bâtiment ne s’y prête pas trop”. Avez-vous des exemples ?
    A bientôt.

    Pascal

      Lucie - 31 août 2017 Reply

      Bonjour,
      Oui, j’ai récemment eu un projet insoluble entre les mains : une énorme halle sportive en ossature bois remplissage paille, largement vitrée (quand même surtout au Nord mais aussi au Sud, à l’Est et à l’Ouest), sans casquettes, avec seulement des stores intérieurs sur les vitrages hauts. J’ai fait une STD pour simuler le confort d’été, peut-être qu’elle est bien fausse ou que ce n’est pas la bonne méthode (je dis ça car j’ai aussi lu votre article sur la STD) mais les résultats sont édifiants…
      Lucie

        pascal - 1 septembre 2017 Reply

        Bonjour Lucie,
        Je crois que je vois précisément de quel genre de situation vous voulez parler… Il y aura, dans les mois qui viennent, un “cas concret” très détaillé sur le blog, qui nous occupera plusieurs articles. Je crois qu’il correspond à ce genre de situations.
        Ce n’est effectivement pas simple de se confronter à une telle situation. Néanmoins, je crois que le simple fait de reconnaître que “oui… c’est mal parti !” permet parfois de trouver des pistes non classiques qui peuvent permettre de mieux vivre la situation, ou même de la résoudre à moindre frais.
        Je vois que vous êtes sur Chambéry… la proximité facilite parfois les choses : n’hésitez pas à me contacter si vous pensez que nous pouvons réfléchir ensemble.
        Merci encore de votre témoignage.
        Pascal

isabelle G - 18 juillet 2017 Reply

Bonjour,

La climatisation naturelle avec un ventilateur. Spéciale benoit si il n’arrive pas à créer de courant d’air.
Mettre de l’eau à congeler dans une bouteille sans la remplir complètement 😉
et en plaçant cette bouteille une fois congelée devant le ventilateur ou sur le bord de la fenêtre le soir elle permettra de rafraîchir l’air.

Et Garder ses volets fermés la journée peut permettre aussi de garder la fraicheur de la nuit.

2tendre un linge humide devant sa fenêtre permet de rafraîchir l’air (Perso je n’ai jamais testé car j’ai une chance inouïe un appartement traversant que j’occulte la journée et que j’ouvre complétement la nuit…

En même temps je n’habite pas toulouse mais en Haute-Savoie donc peut-être plus facile pour nous…!!!

Bon courage à Benoit…et Merci pour les articles qui sont très interessant!

    pascal - 18 juillet 2017 Reply

    Bonsoir Isabelle et merci de votre commentaire très instructif !
    Effectivement, je n’ai pas évoqué la “climatisation africaine” dont plusieurs lecteurs m’ont fait mention. Le sujet est décemment vaste, et sera l’occasion de plusieurs autres articles.
    Merci de votre fidélité à Incub’
    A bientôt 🙂

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