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Canette ou bouteille ? La réponse du Design Énergétique.

J’adore mon métier. Découvrir chaque jour ce qu’est le Design Énergétique m’amène à me pencher sur des problèmes aussi divers que la transition énergétique de notre pays, le froid aux pieds chez le livreur de colis parisien ou la gestion du confort dans une yourte. Néanmoins à chaque jour suffit sa peine, et la fin de journée voit arriver, c’est normal, l’heure de l’apéro. Personnellement, cela consiste en une bière bien fraîche. Enfin une application concrète et immédiatement utile de la réflexion énergétique !

Mais quel ne fut pas un jour mon désarroi lorsque, en quête un peu tardive d’une bière à pouvoir partager entre collègues, je me retrouvais devant ce dilemme : exactement le même produit, vendu soit dans une canette métallique, soit dans une bouteille en verre. Fichtre ! Comment choisir ?

C’est dans de tels instants que le Design Énergétique s’apparente à un trouble obsessionnel compulsif : il me fallait trouver une réponse à cette dramatique question. Et comme cela m’a emmené dans des raisonnements qui me semblent représentatifs de la démarche fondamentale qui nous intéresse, je partage avec vous ces quelques élucubrations.

Voici donc le raisonnement que j’ai suivi.

Design Énergétique étape 0 : quel est le problème ?

bière - canette ou bouteille

Avant d’être une bière fraîche, une bière est une bière pas fraîche. Mon exigence en matière d’apéritif va me demander de la refroidir suffisamment, disons autour de 6°C. Remarquons que, comme bien souvent, tout part de moi, de mon envie, de ma conception d’un apéritif et de la manière de déguster une bière. Tout cela est extrêmement personnel, bien que j’utilise plus couramment le terme de “culturel”. Ce “besoin”, ou ce “désir”, voire ce “caprice” (selon qui en parle et qui le juge) m’est strictement personnel, tout en étant, évidemment, sujet à une infinité de discussion. Je pourrais vous inviter à partager vos propres avis sur la question en commentaires, cela animerait certainement le débat. Puisque je consomme avec modération, nous prévoirons ici un demi-litre de bière, destiné à être partagé en deux demis. Cette détermination relève non seulement de la sobriété (ici, quasiment au sens le plus commun), mais également de la “sobriété énergétique dimensionnelle”. En déterminant la quantité de bière à refroidir, je dimensionne en grande partie le “service énergétique”, à me rendre. En langage d’énergéticien : le besoin énergétique, comptabilisé en énergie utile.

Par ailleurs, si l’on est comme moi, un peu désorganisé et que l’on ne pense qu’à dix-sept heures à acheter une bière destinée à être partagée à dix-huit, la rapidité du refroidissement est clairement un paramètre à prendre en compte. Si nous n’étudions que de la bière, cela reviendrait simplement à réfléchir sur la puissance, une quantité d’énergie à transférer sur une certaine durée. Malheureusement, nous ne sommes pas dans le cas d’une tireuse à bière : le précieux breuvage est livré avec son contenant, qu’il va également nous falloir refroidir… Le système énergétique que nous considérons est bien l’ensemble {contenu + contenant}.

Amusons-nous maintenant avec quelques calculs de coin de table.

Projet “bière fraîche” étape 1 : Refroidir ?

Le calcul

Pour être un peu plus précis, nous considérons une bière à 6° d’alcool, achetée à 25°C (c’est encore l’été), que nous souhaitons refroidir à 6°C. Nous allons tâcher de comparer le “besoin froid”, c’est à dire la quantité d’énergie à extraire de notre système complet. Le tableau ci-dessous détaille les différentes étapes du calcul. On peut rappeler que la capacité calorifique d’un matériau est la quantité d’énergie à injecter (ou retirer) d’un kilogramme de ce matériau pour faire évoluer sa température de un degré.

bière - formule

bière - tableau

Qu’en conclure ?

On peut tirer plusieurs conclusions de ce petit calcul, tant pour notre culture générale que pour l’organisation de notre apéritif (ainsi, ce blog vous permet non seulement d’optimiser votre apéritif, mais aussi d’alimenter la conversation !)

bière - comparatif

  • La variante “contenant en verre” a un bilan défavorable, principalement à cause de sa masse, plus de 10 fois supérieure à celle de l’emballage métallique.
  • Dans la variante métallique, le refroidissement du contenant ajoute moins de 1% au besoin énergétique. Dans la variante en verre, c’est 5% d’énergie demandée en plus. On peut dire que dans une canette métallique, on refroidit quasiment seulement de la bière. Ça commence à ne plus être le cas avec du verre.
  • Au final, le choix d’un contenant en verre augmente la demande énergétique de 5,1%, en ajoutant 0,542 Wh de besoin. Bon… sur les 10,3 Wh nécessaires au refroidissement de la bière, ce n’est pas forcément majeur, mais soyons précis.

Deux remarques que l’on peut ajouter, pour le plaisir :

  • Plus les volumes sont importants, plus la masse du contenant représente une part minime de l’ensemble. Conclusion… il vaut mieux acheter des grands volumes. En l’espèce, donc, la “sobriété énergétique et écologique” ne va pas dans le même sens que la sobriété de consommation alcoolique.
  • Plus la bière est forte, plus la part d’alcool est importante. Or, l’alcool est plus facile à refroidir, sa chaleur massique est moindre que celle de l’eau. Préférer une bière à fort titrage en alcool va dans le sens de la réduction de consommation énergétique. Si on jongle un peu avec les chiffres, on peut noter qu’une bière à 12° dans un emballage en verre se refroidit avec la même quantité d’énergie qu’une bière à 3° dans un emballage métallique. Je ne tire aucune conséquence particulière de ce constat, je ne veux pas d’ennuis avec les autorités sanitaires…

Vainqueur de l’étape 1 : le contenant en aluminium !

Projet “bière fraîche” étape 2 : influence du matériau

Le calcul

Me voilà donc revenu du débit de boisson, et je suis inquiet devant l’heure : mon partenaire de beuverie de fin de journée ne va pas tarder à arriver. Vite vite, je mets tout cela au congélateur (pour aller plus vite) et… quel contenant sortira vainqueur ? La question est grave.

Pour y répondre, nous allons la reformuler. Quel matériau laissera la vague de froid le traverser le plus rapidement ? Nous touchons ici à une notion chère à celles et ceux qui s’intéressent aux surchauffes d’été dans les bâtiments : le déphasage. Pour le problème qui nous concerne, nous n’allons pas entrer dans les détails. Il nous suffit de retenir quelques grands principes :

  • le déphasage est proportionnel à l’épaisseur de matériau à traverser : si la paroi est deux fois plus épaisse, la chaleur (ou le froid) mettra deux fois plus de temps à arriver.
  • le déphasage est inversement proportionnel à la racine carré de la diffusivité du matériau : si la diffusivité du matériau est deux fois plus importante, la chaleur mettra 1,14 fois moins de temps à arriver.

bière - rafraichir

La diffusivité est une propriété thermique délicate à appréhender intuitivement. Elle s’exprime par la formule : (en m2/s). D’une certaine manière, elle représente l’équilibre pour un matériau entre sa capacité à laisser passer la chaleur (λ, au numérateur) et sa tendance à absorber cette chaleur pour s’échauffer (le produit masse volumique*chaleur massique, au dénominateur).

Pour ce qui concerne notre bière, nous n’avons pas besoin d’en savoir beaucoup plus. Voici les principales valeurs que j’ai pu trouver.  (note à nos lecteurs : malgré mes recherches, je n’ai pu trouver d’information fiable sur l’épaisseur de verre d’une bouteille. Vous avez des infos ? Contactez-moi !)

  • La diffusivité thermique de l’aluminium est de 98,8, celle du verre de 0,5 (en 10-6 m2/s)
  • L’épaisseur d’une canette est de 100 micron, celle du verre est estimée à 2 mm.

Qu’en conclure ?

Ces valeurs sont assez explicites, et nous permet de tirer les conclusions suivantes :

  • Le contenant en verre est 20 fois plus épais que le contenant métallique (qui serait alors en verre). Le froid mettra donc 20 fois plus de temps à arriver jusqu’à la bière pour la refroidir.
  • La diffusivité de l’aluminium est environ 200 fois plus importante que celle du verre. A design égal, une réalisation en métal implique que le froid mettra environ 14 fois moins de temps à atteindre la bière.

La canette étant à la fois métallique et plus fine, elle permet au froid d’atteindre la bière en 14*20=280 fois moins de temps que la bouteille en verre. Le résultat se passe de commentaires, pour ceux qui ont besoin d’avoir de la bière fraîche rapidement.

Vainqueur de l’étape 2 : le contenant en aluminium, encore.

Projet “bière fraîche” étape 3 : influence de la géométrie

Le calcul

Nous avons vu précédemment l’influence du matériau (nature, épaisseur) sur la rapidité de rafraîchissement de la bière. Nous ne pouvons pas en rester là, car la géométrie du contenant a également une influence importante. En effet, la chaleur est échangée à la surface extérieure du contenant. Plus cette surface sera importante, plus le refroidissement sera rapide, toutes choses égales par ailleurs. Nous trouvons ici une autre notion importante dans l’approche des phénomènes thermiques : la compacité. Il s’agit du rapport entre le Volume et la Surface qui le délimite.

En ce qui nous concerne, nous travaillons à volume constant, soit un demi-litre de bière. Quelle forme est la plus favorable au refroidissement ? Pour le savoir, nous avons simplement tracé la courbe “Surface déperditive en fonction du rayon”. Il nous suffit ensuite de savoir qu’une canette normale a un rayon de 3,3 cm (pour les canettes “sleek”, c’est 2,94 cm), celui de la bouteille de bière étant de 3,75 cm.

Qu’en conclure ?

bière - géométrie

Sur le simple aspect géométrique, la canette présente 4,6% de surface déperditive en plus. Cela signifie que, toutes choses égales par ailleurs, la canette étant moins compacte, elle est plus favorable au rafraîchissement de son contenu.

On peut ajouter deux remarques pour élargir le propos :

  • Si on diminue encore le rayon, le contenant devient de moins en moins compact. Ainsi, une canette “sleek” refroidira encore mieux le liquide.
  • Lorsqu’on augmente le rayon, la courbe passe un minimum avant de remonter. Ce minimum se trouve, pour un demi-litre, à un rayon de 4,3 cm. C’est la forme de cylindre pour laquelle le refroidissement sera le moins rapide.

Vous l’aurez noté, néanmoins, les écarts ne sont pas hallucinants. Et surtout… augmenter les surfaces, c’est augmenter la quantité de matière nécessaire à la fabrication. N’aurions-nous pas quelques chose à regarder de ce côté ?

Vainqueur de l’étape 3 : la canette… un peu.

Projet “bière fraîche” étape 4 : analyse du cycle de vie

Le calcul

Les questions énergétiques posent très souvent la question du périmètre considéré. Si je ne considère que mon petit problème de refroidissement d’une bière entre le magasin et mon réfrigérateur, nous avons déjà quasiment déjà répondu à la question.

Néanmoins, il a bien fallu fabriquer ces différents contenants. C’est très différent de fabriquer une canette aluminium et une bouteille en verre. Qu’en est-il donc du bilan énergétique de cette étape ? Pour répondre à cette épineuse question, je me suis tourné vers mon ami le professeur Emmanuel Rauzier. Manu (Appelons-le Manu) est la personne responsable du volet industriel du scénario négaWatt, autant dire qu’il en connait un rayon sur ces questions. Je lui ai donc soumis mon problème (“Manu… j’achète quoi ?), et cela l’a intrigué.

Je vous épargne les éléments détaillés, mais voici les principales hypothèses qu’il a retenues :

  • L’aluminium “moyen” contient aujourd’hui 53 % d’aluminium recyclé et 47% d’aluminium primaire.
  • Le verre “moyen” contient aujourd’hui 45 % de verre recyclé et 55 % de verre primaire.
  • Comptés en énergie primaire, il faut aujourd’hui 31,05 kWh pour fabriquer un kilogramme d’aluminium, et 4,50 kWh pour le verre. Ces données intègrent un facteur de conversion de 3,3 de final vers primaire pour l’électricité, ainsi que les parts relatives des productions/recyclages alimentés à l’électricité ou sur d’autres sources énergétiques primaires.

Le petit tableau suivant résume les résultats finaux.

bière - ACV

Qu’en conclure ?

Les résultats nous ont surpris, autant Manu que moi-même. L’aluminium sort nettement vainqueur, la canette est 65% moins “coûteuse” à fabriquer sur le plan énergétique. A cela deux raisons majeures :

  • La masse d’une canette aluminium est très nettement inférieure à la masse d’une bouteille en verre. Il faut donc beaucoup moins de matière pour rendre un service équivalent, c’est-à-dire, contenir 50cl. de bière.
  • L’aluminium est très bien recyclé en France, mieux que le verre, et avec un rendement énergétique supérieur.

Si, donc, je me base sur la sobriété et l’efficacité énergétique du contenant, je choisis là encore la bière en canette d’aluminium. Vous pouvez également comparer ces résultats avec l’énergie utile que nous devons extraire pour rafraîchir notre bière. Pour rappel : environ 11 Wh. Il y a un facteur 40 entre l’énergie pour fabriquer une canette et l’énergie pour rafraîchir ma bière !

Ce qu’affirment surtout ces résultats, c’est la chose suivante : une bouteille en verre n’est pas faite pour être recyclée, mais ré-employée. Le modèle français consistant à casser une bouteille en parfait état pour recycler le verre est une absurdité. Dans de nombreux pays, la consigne est en place, et elle l’est encore en France pour les professionnels et dans certaines régions. On n’a donc pas, une fois la bouteille vide, à en re-fabriquer une. Il suffit de la re-remplir, ce qui est énergiquement très efficace, la même bouteille sert plusieurs fois.

Conclusion

Personnellement, avant de m’être plus précisément penché sur la question, j’aurais spontanément choisi des contenus en verre. Peut-être est-ce lié au fait que les bières de qualités ne se trouvent en général pas en canette métallique ? Peut-être simplement à ma perception  d’un emballage plus « prestigieux » ? Peut-être, enfin, est-ce lié au fait que culturellement, depuis des siècles, les contenants pour les liquides sont en verre, parce que ré-employés ? Pensons aux vins, aux cidres artisanaux dont on réemploie les bouteilles ou aux bocaux de confit de canard que confectionnait ma grand-mère. Pourtant, lorsqu’on regarde la filière industrielle des bouteilles en verre pour les liquides alimentaires aujourd’hui (la bière dans cet article mais la question serait la même pour le vin, le lait, etc.), il n’y a pas photo : les contenants aluminium sortent nettement mieux du point de vue énergique.

Ajout de mai 2018 : une conclusion passionnante est également apportée par nos amis québécois, qui se sont posés la même question dans un pays où la consigne est bien développée (voici le rapport complet). Leur conclusion est évidente : les contenants verre consignés sont trois fois moins impactants que les contenants aluminium. 

L’autre point, du point de vue énergétique et du service rendu, j’obtiens une bière fraîche plus rapidement avec un bilan énergétique plus favorable. Que demander de plus ?

La conclusion, sur toute la ligne, reste la même : lorsque j’ai le choix, le meilleur contenant du point de vue énergétique est la canette métallique.

Épilogue

J’ai mis beaucoup plus de temps que je l’avais imaginé à écrire cet article. Entre les premières questions à Manu et la publication, presque deux mois se sont écoulés. Deux mois pendant lesquels j’ai pu méditer sur les conclusions à tirer et… consommer quelques bières. Et bien vous savez quoi ? J’ai un mal fou à ne plus acheter de bouteilles en verre.

Je suis très frappé de ce comportement. Gravement atteint de “designite énergétique” à un stade aigu, on pourrait s’attendre à ce que je n’hésite plus une seconde après des conclusions aussi évidentes. Et bien non. Je freine des quatre fers. Résistance au changement, dit-on parfois… En moi émergent d’autres questions pour justifier mon inaction : J’ai entendu dire que l’aluminium est toxique, non ? Et puis les bonnes bières ne se trouvent qu’en bouteille.

Au final, cette résistance m’intéresse presque autant que la réponse rationnelle à la question énergétique. En effet,  je retrouve dans cette lutte intérieure le même phénomène que l’on retrouve dans bien des sujets de design énergétique : pourquoi nous comportons-nous de la manière dont nous nous comportons même si cela apparait souvent irrationnel ?

Sur ce je vous laisse, ma bière est maintenant fraiche, il ne faudrait pas qu’elle se réchauffe ! A votre santé !!

PS : Après tout, si je ne consommais la bière qu’à la pression, la question ne se poserait pas (Ah bon ? Et le rafraîchissement du verre ? Et le chauffage du bar ?…)

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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florent colella - 1 décembre 2018 Reply

Bonjour,

Certe en ne s’interressant que au coté énergétique de l’ensemble votre approche semble la meilleur. Par contre je suis très étonné de voir le mot écologie et que vous n’évoquiez aucunement la question comment on produit et extrait les matières premières pour les deux matériaux. L’un est une catastrophe écologique et l’autre et l’un des éléments les plus présent sur terre.
Je me permet de vous mettre un lien parmi tant d’autre : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/boues-rouges-dans-les-calanques/l-article-a-lire-pour-comprendre-le-scandale-des-boues-rouges_1810895.html

Cordialement,
Florent COLELLA

    pascal - 1 décembre 2018 Reply

    Bonjour Florent,

    l’un des enseignements de cet article, c’est justement que les questions sont… sans fin ! Rien que sur l’énergie, j’ai dû me restreindre. Et vous avez bien sûr raison quand aux autres impacts.
    En tous cas, l’approche ACV est partiellement intégrée dans les chiffres utilisés pour le « contenu énergétique », qui intègrent les taux de recyclage actuels.
    Je pense que c’est un biais de considérer que pour le verre, on se base sur « l’un des éléments les plus présents sur terre ». Avec du sable, on est loin d’avoir du verre… et le sable est aussi une ressource rare, dont l’exploitation pose de lourds problèmes (https://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/29/le-sable-marin-devient-un-objet-de-trafic_1325755_3244.html)
    Masi vous avez raison : l’impact est loin de se résumer à l’énergie.
    La conclusion finale reste celle-ci : ré-employons les contenants plutôt que les matériaux.
    Belle journée.

    Pascal

Fabien - 17 octobre 2018 Reply

Bonjour et merci pour cet article : super intéressant et qui permet de voir les marges de manœuvre qui sont à notre disposition. C’est grisant de rentrer dans ce jeux de la recherche de l’optimum énergétique.

Du coups, me viens une question : un des facteurs est le ration volume de liquide par rapport à la quantité de matière utilisée pour le contenant. Et pour rester dans le domaine de la bière : les fûts de bière de 3 ou 5 L pour les tireuses “domestiques” semble présenter un meilleur ratio que la canette de 33 ou 50 ml.
Par contre, la tireuse domestique consomme de l’énergie.
Est ce qu’il vaut mieux acheter des canette stockées dans le frigo ou un fût et une tireuse domestique ?

    pascal - 22 octobre 2018 Reply

    Et bien mon cher Fabien, ma foi… Je n’en sais rien !
    Quelques mois après la rédaction de cet article, je dois avouer que je n’ai pas épuisé le sujet.
    Tu as raison, le ratio entre poids du contenant et poids de contenu semble fondamental. J’ai récemment découvert que pour le champagne (et tous les vins à bulles) en bouteilles de 75cl (j’utilise peu les magnums !-)), il y a plus lourd de verre que de champagne..

    La difficulté dans ta question, c’est le changement d’usage.
    L’exemple de mon article restait relativement simple parce que mon comportement était le même : dans les deux cas, je mettais ma bière au frigo. même procédé, même quantité de bière.

    Dans ton cas, si on veut être honnête, il faudrait comparer à même quantité de bière tirée, et inclure un éventuel temps de mise en route de la machine.

    Mais je me dis que, sur le fond, j’aime dans la tireuse ce principe : on ne refroidit QUE la bière, pas son contenant. Et rien que cela me semble la plus grande sobriété possible. IL ne reste, ensuite, qu’à optimiser l’efficacité (ce qui n’est pas peu, je te l’accorde).

    J’ajoute : de nombreux lecteurs m’ont précisé que la fonction de la bouteille est également de fournir de l’inertie. La bière en bouteille de verre resterai fraîche plus longtemps. C’est probable… quoiqu’il suffirait peut-être de prévoir des manchettes isolantes, évitant que la main ne réchauffe la bière.

    Epilogue : quand je vois les ramifications infines de ce sujet, je me dis que j’ai encore de la ressource quant aux articles de ce blog.

    Merci encore Fabien, et bon apéro dans les Hautes-Alpes.

Amy - 13 septembre 2018 Reply

Mais, mais….?!! La bière la moins énergivore c’est celle faite à côte de chez moi, ou par moi-même, stockée – dans du verre consigné ou que je ré-utilise moi-même – dans ma cave !
Ceci pour dire que je ne suis pas sûre de voir la pertinence d’une analyse sur un aspect seulement d’un produit (ici son emballage).
Mais je salue la démarche et le boulot fait !

Sinon, longue vie aux résines epoxy (revêtement intérieur canettes).

Et pour le “Pourquoi nous comportons-nous de la manière dont nous nous comportons même si cela apparait souvent irrationnel ?” –> Mais parce que nous sommes des êtres éminemment émotionnels et non rationnels. Ah, quand le mythe du “rationnel” tombera, quel bonheur !
Le cerveau rationnel chope de la donnée, il est même friand de données dites “objectives”, mais même s’il lui les trouve pertinentes et valables, les données, ce n’est pas lui qui a la main pour le choix final…
Voilà, c’était my 2 cents.
All the best, love!

Bruno - 1 juin 2018 Reply

Sujet intéressant.

Il y a 2 sujets :
1/ une boutade sur la vitesse de rafraichissement, qui est aussi la vitesse de réchauffement, donc votre bière en canette restera fraiche moins longtemps ! Le segment de clientèle adressé me semble donc bon : ceux qui sont pressés de boire et boivent rapidement !

2/ un vrai sujet sur le cycle de vie. Dans votre ajout, pensez à corriger recyclé par consigné, cela n’a rien à voir ! Quand on recycle, on perd en qualité, on consomme beaucoup d’énergie. La consigne à l’inverse ne nécessite qu’un nettoyage. Il est clair que le système de consigne est le plus vertueux. Il est présent en Belgique, il existait auparavant en France, et a été retiré car il est jugé contraire à la liberté des entreprises (il nécessite en effet la standardisation des bouteilles pour qu’elles ne voyagent pas trop), et contraignant pour les filières de recyclage qui cherchent avant tout à s’en mettre plein les poches (cf. les bouteilles de lait en plastique qui pourraient ne plus être recyclées). Donc militons pour le retour de la consigne !

Bonne continuation

    pascal - 2 juin 2018 Reply

    Bonsoir,

    si l’amorce est une boutade, le sujet de la vitesse de rafraîchissement / réchauffement n’en est clairement pas un ! les cycles thermiques peuvent être nombreux dans la vie d’une boisson.
    Sauf erreur de ma part, j’ai été clair sur la distinction entre recyclage et consigne, et il y a eu plusieurs commentaires éclairants à ce sujet. Je répète donc ce que je dis : la consigne est intelligente et doit être encouragée… et l’aluminium ne sort vainqueur que dans un monde qui a renoncé à la consigne.
    Merci en tous cas de votre retour.
    Et santé !

    Pascal

      Thomas - 25 juillet 2019 Reply

      Bonjour,
      comme le dit Bruno, dans votre ajout de l’étude Québecoise vous avez écrit, je cite : “Leur conclusion est évidente : les contenants verre recyclé sont trois fois moins impactants que les contenants aluminium.”. Vous vouliez sûrement dire Les contenant en verre consignés. En tout cas, merci pour l’analyse.

        Amélie Maroiller - 25 juillet 2019 Reply

        Merci Thomas de votre oeil aiguisé, c’était bien une coquille, elle est désormais corrigée.

        A bientôt, et santé !

Fred - 25 avril 2018 Reply

Je ne rentre pas dans le calcul, mais ton analyse très complète conforte ma préférence pour les bières de qualité (belges). Elles sont en bouteille certes, mais ré-employées grâce au réseau de distribution mis en place pour satisfaire les amateurs. Elles titrent en général entre 8 et 10 degrés donc plus facile à rafraîchir. Mais surtout Pascal, une bonne bière ne se boit pas à température de réfrigérateur, mais à température de cave.
Je t’invite quand tu veux à déguster une délicieuse bière passive sur ma terrasse

Jean-François Bélanger - 18 mars 2018 Reply

Bonjour Pascal, merci pour cet article. Je me pose régulièrement ce type de question et je suis arrivé à une conclusion différente. Je vis au Québec où les bouteilles de bière en verre sont consignées et dans ce cas bien précis, il à été démontré par le CIRAIG en 2015 qu’il était trois fois moins impactant pour l’environement et pour la santé de l’homme d’utiliser une bouteille en verre à usage multiple (donc consigné) que les canettes d’aluminium. Voici la référence :

https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/acv-contenants-biere-rapport-2015.pdf

Vu la popularité de ce blog, ça peut être bien d’en mettre une petite mention dans le haut!
Merci 🙂

    pascal - 19 mars 2018 Reply

    Bonjour Jean-François,
    merci beaucoup de ton commentaire et de la belle référence que tu transmets. Cela correspond et affine nettement ce que je disais en conclusion : la canette aluminium est efficace dans un système (comme en France) mal organisé.
    A bientôt, et mes amitiés à l’Amérique du Nord.
    Pascal

Mathieu - 10 janvier 2018 Reply

Sympa l’article ! Un certain nombre de calculs, mais ça ne dépasse pas le domaine récréatif, tellement l’analyse de cycle de vie semble assez partielle. Mais ce serait une bonne approche pour expliquer les différents transfert thermiques aux étudiants !

J’ai travaillé dans une centre de traitement des emballages en Colombie Britannique, à Victoria BC, avec de nombreuses micro-brasserie. Effectivement, là bas on triait certaines bouteilles en verre, tel Phillips Brewery et Steamworks, et certaines “Molson Canadian”, en tant que “refillable”, à la différence des NRBC (non refillable beer container). Elles avaient quasiment toutes la meme forme et la meme couleur, ce qui nous permettait de trier assez facilement et de mutualiser la gestion des bouteilles entre les différentes marques.
Mais c’était un pourcentage assez faible du verre traité, et cela reste une exception au Canada, où toutes les provinces ne sont pas aussi avancées qu’en Colombie-Britannique là dessus.

Thomas - 25 novembre 2017 Reply

Whaouu, quel dossier ! J’ai toujours été persuadé que la canette était bien meilleure d’un point de vu énergétique mais quand c’est prouvé par A + B c’est toujours plus solide.

Au Canada, on trouve par exemple d’excellente bières artisanales en canette. Je n’achetais que ça quand je vivais là bas.
J’avais d’ailleurs fait une dégustation horizontale de la même bière en bouteille et en canette avec une petite préférence pour la canette, la vidéo est intégré dans cet article que j’avais écris il y a quelques temps si ça t’intéresse https://www.happybeertime.com/blog/2015/12/03/les-canettes-de-biere-sont-elles-meilleures-que-les-bouteilles/?cprotect=2

Hervé - 18 novembre 2017 Reply

Salut Pascal,

Je me suis régalé à lire cet article et les échanges qui ont suivis.

A bientôt pour déguster une bière pression locale!

Amitiés.

Hervé

Steven - 16 novembre 2017 Reply

Bonjour,
Le design énergétique va donc jusqu’au bout de l’usage alors je trouve qu’il manque un dernier paragraphe qui pourrait changer la donne et justifier de préférer le verre par discalification de la canette alu.

Combien de minutes en plus faudrait il au verre à etre refroidi afin de donner des minutes nécessaires à se reservir la deuxième et dernière tournée à une température encore agréable minimum de la bière? 10 degrés pas exemple.

La canette se réchauffe sans doute trop vite dans l’usage pour donner le temps à finir la bouteille.

Grand merci pour ce parfait billet.

Steven

    pascal - 17 novembre 2017 Reply

    Bonjour Steven,
    finalement, je trouve que la démarche de design énergétique trouve son sens quand elle permet d’enclencher une réflexion comme la tienne. Je ne sais pas si cela permet d’aller “au bout de l’usage”. Ce qui est certain, c’est qu’elle invite à se pencher sur le monde réel, et à intégrer (comme nous le voyons sur ce sujet) une foule d’éléments peu habituels dans la réflexion énergétique traditionnelle. Il me semble qu’elle trouve sa place quand elle permet d’exercer notre libre arbitre de manière plus éclairée quant aux enjeux.
    A bientôt, et merci encore d’être ici !

    Pascal

Philippe - 15 novembre 2017 Reply

J’ai cherché à approfondir le sujet…
https://www.happybeertime.com/blog/2015/12/03/les-canettes-de-biere-sont-elles-meilleures-que-les-bouteilles/?cprotect=2

Bon, j’arrête mes recherches avec Google. Déjà 3,7kWh dépensés à faire mes recherches sur le net !

    pascal - 15 novembre 2017 Reply

    Et bien Philippe, merci de ce lien. Il y a quelque chose de très représentatif dans l’article dont tu nous donnes le lien : les mots et thèmes sont proches (“garder la fraîcheur”), sauf que… ils ne veulent pas dire la même chose ! On parle en effet ici de “la fraîcheur du houblon”.
    J’y retrouve (mais peut-être suis-je déformé…) le même questionnement que dans cet article, dans lequel je discute de la notion de “performance”, mot d’une signification très différente selon à qui on le demande.
    Merci encore, et à bientôt.
    Pascal

Allan - 15 novembre 2017 Reply

Bonjour Pascal…J’ai bien lu ton texte…Effectivement, l’aluminium sort vainqueur…Sur ce bilan énergétique (que je n’ai pas vérifié….)….Reste quand même une chose : la bière est un liquide acide…que se passe-t-il au contact de l’aluminium ? Ne se retrouve-t-on pas à voir de la bièrate d’alumine (j’écris n’importe quoi…), des biéroaluminates….ou autre sels d’aluminium….que sais-je ? Or, les sels d’aluminum ne sont pas très, très bons pour la santé….
On pourrait alors se poser la question : comment se fait-il que l’on ne trouve pas du vin en canette ? Car mis à part l’aspect 1) refroidissement (pas franchement la même chose pour un vin…même un blanc) 2) refroidissement rapide….l’aspect ACV semble militer en faveur de la canette…non pas pas de façon absolue, mais simplement parce que, comme tu le soulignes, la réutilisation du verre via les consignes ne se fait pas ( ne pas oublier, dans ce cas, le coût énergétique du nettoyage des bouteilles!!)…Amicalement, Allan

    pascal - 15 novembre 2017 Reply

    Bonjour Allan,
    Et bien… comme je l’ai dit, les aspects sanitaires ou chimiques sortent de mon champ de compétence, je renvoie donc chacun à d’autres recherches.
    Deux commentaires (jusqu’à présent) ont précisé un point qui me semble important : la canette est a priori adaptée pour une consommation rapide, pour les bières qui ne “vieillissent” pas. Par ailleurs, l’article mis en lien par Philippe décrit la technique d’embouteillage, et le soin pris à supprimer la présence d’oxygène.
    Mais sur ces points, je n’en sais pas plus que quiconque. Peut-être quelqu’un a-t-il conçu un blog du Design Chimique ? IL pourrait avoir la réponse à ce genre de questions.
    A bientôt.

    Pascal

    John Arktor - 17 novembre 2017 Reply

    Bonjour,
    Les canettes en métal sont recouvertes d’un revêtement intérieur de protection.
    Celui-ci fait débat en raison de la présence – ou non – de Bisphénol A.
    Je dis “ou non” car les molécules le remplaçant sont parfois pires.

    Néanmoins, comme je le disais plus bas, ce n’est pas un problème pour les bières à boire jeunes. Les échanges chimiques prennent du temps, et on peut estimer que ces échanges n’aboutiront pas à la présence de matières nocives dans la bière tant qu’elle est consommée rapidement. Pour les IPA qui se boivent très jeunes et ont une DLUO courte, ce ne sera jamais un problème, sauf à boire la bière après la DLUO – ce qui est une mauvaise idée car les arômes du houblon auront alors disparu complètement ou presque).

    Chimiquement, le verre reste le plus stable dans le temps, il est donc conseillé de ne jamais vieillir de bières en canettes de métal, mais toujours en bouteille, debout (pour ne pas toucher la capsule), et dans un endroit sec et frais (et à l’abri de la lumière).

    Ceci dit, les avantages de la canette métal restent importants pour les bières à consommation rapide (opacité, orifice très réduit permettant la conservation des arômes, poids, prix, coût énergétique…), mais seulement pour ces dernières !

Nicolas Robert - 15 novembre 2017 Reply

Merci Pascal pour cet article. Je “bois” tes paroles !
J’avais finalement trouvé la solution sans vraiment m’être penché plus que ça sur le sujet. Avec ma tireuse à bière utilisant des fûts de 6l en aluminium consignés, la seule surconsommation énergétique viendrait de la tireuse en elle même…
Prochaine étape : calculer la consommation nécessaire pour refroidir le fût et la vérifier à l’aide d’un compteur d’énergie.
Au plaisir de te lire et de partager une bière fraîche.
Nicolas

    WhilelM - 15 novembre 2017 Reply

    Il me semble que tu ne refroidis pas le fût à proprement parler avec une tireuse mais seulement le liquide que tu sers. Ce qui est bien en terme de sobriété énergétique.

      Nicolas - 21 novembre 2017 Reply

      Si je ne dis pas de bêtise, le fût est refroidi dans mon cas (perfectdraft 6L) par le système Peltier, utilisé également pour les glacières réfrigérantes.
      Il faut donc refroidir le fût et compter 15 heures pour passer d’une température ambiante à 3°C.
      Nicolas

john Arktor - 14 novembre 2017 Reply

Très intéressant comme article. A noter tout de même qu’en magasin spécialisé, les meilleures bières se trouvent aussi en canettes. A noter aussi que selon que la bière soit propice au vieillissement ou non, on préférera le verre ou non. Les bières à boire jeune (IPA notamment), préféreront la canette alu, quant aux bières de type stout, bières de garde, et en général celles qui vieillissent bien, elles seront mieux en bouteilles. La faute notamment, mais pas que, à la neutralité du verre, et aux composants recouvrant l’intérieur des canettes alu.

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Merci beaucoup de cet avis, qui me semble celui d’un spécialiste de tous les autres indispensables aspects de la dégustation de bière !

      John Arktor - 17 novembre 2017 Reply

      Merci 🙂
      J’oubliais un point fondamental.
      La bière ne se boit pas froide.

      Surprenant, mais fondamental. En effet, les saveurs de la bières sont notamment dues aux huiles essentielles présentes dans le houblon, et aux éléments aromatiques présentes dans le malt et les levures, n’oublions pas l’importance de la dureté de l’eau (entre autres caractéristiques).

      Ces saveurs, avec le froid, vont être plus difficiles à identifier par le système sensoriel humain, et ce pour plusieurs raisons :
      – les papilles et le nez fonctionnent mieux dans une gamme de températures moyennes, proches de celle du corps.
      – les esthers et autres molécules aromatiques s’évaporent avec la chaleur, permettant leur captation par nos papilles et notre nez (important le nez !)
      – la température va faire varier la perception “tactile” du liquide, par le palais et la langue notamment.

      Chaque bière a un degré optimal de dégustation, que votre marchand spécialisé pourra vous indiquer. A titre personnel, je trouve que 12 à 17 degrés Celsius sont une bonne température moyenne pour profiter des saveurs d’une bière. Bien sûr, les lagers de type Pils ne sont pas comparables aux Imperial Stouts, les premières se buvant plutôt fraiches (8°), et les dernières beaucoup moins.

      Pour rejoindre le sujet originel, il faut donc aussi prendre en compte l’évaporation des substances aromatiques, et le mode de consommation de la bière : au goulot ou dans un verre ?

      La canette a ici, lors d’une consommation à même le récipient, un avantage fondamental par rapport à la consommation au verre ou à la bouteille : elle dispose d’une ouverture très minime, ce qui lui permet de conserver plus longtemps les arômes. Et par rapport à la bouteille, elle a une forme plus adaptée à cette conservation à l’intérieur du récipient. Bien sûr en cas de consommation au verre, attention à quel verre utiliser pour favoriser cette conservation des arômes (la Tulipe belge a ma préférence).

      Tout cela pour ajouter encore un point positif à l’utilisation de la canette en métal (à noter que le mot canette désigne aussi la bouteille de verre, d’où ma précision “en métal”), et c’est la raison pour laquelle certaines brasseries ne vendent plus que des canettes, pour certains types de bières (Cloudwater, Magic Rock…)

      Merci encore pour ce bel article, et j’espère ne pas avoir été assommant avec mes précisions de geek ^_^

        pascal - 17 novembre 2017 Reply

        Bonsoir John,
        c’est parfait ! Merci du temps pris à faire notre éducation à tous. Je comprends, comme conséquence directe à votre commentaire, que mon cas d’un refroidissement à 6°C n’est pas vraiment représentatif d’un amateur véritable. A la fois… je suis parti d’un postulat “bière fraîche de fin d’après midi d’été”, et j’admets volontiers que l’expérience voluptueuse et gustative n’est probablement pas ma motivation première dans une telle situation.
        Merci encore, et à bientôt.
        Pascal

Philippe - 14 novembre 2017 Reply

Ah, j’aime bien cet article … et tous les commentaires que ça suscite !

On y parle d’apéro, de ce qu’il faut boire et grignoter avec, etc.
Très fort Pascal ! Tu sais choisir les sujets qui vont faire couler l’encre et la salive 😉

On y parle d’énergie, et d’impacts. Et de périmètre aussi. Quid du transport, etc, etc.
L’apéro le moins carboné ne veut pas dire grand chose en soi. Ca dépend si on le prends au bar ou à la maison. Ca dépend comment on le paye… Tiens, une devinette : pour un même picon-bière pris au bar, quel est le moindre impact selon que je le paye avec ma carte bleue, ou demain en Bitcoin ? (devinette des plus sérieuses !)

On y parle de choix personnels : je préfère un alzheimer précoce à cause de l’alu de la canette ou les perturbateurs endocriniens de sa version plastifiée 😉

On y parle d’intuition : Gaston Bachelard disait “l’intuition première est un obstacle à la pensée scientifique”. Faut s’en méfier parfois, mais il faut aussi lui faire confiance et trouver le bon dosage entre rationnel et intuition. Faut pas se priver de sérendipité tout de même !

En tout cas, sur des sujets souvent sans fin, il faut garder l’esprit ouvert.
C’est bien d’être analytique quand il le faut, mais il faut avant tout utiliser la bonne focale pour choisir le périmètre de réflexion adapté. Dans une analyse de cycle de vie, on ne considère pas un objet ou un système, mais d’abord une unité d’oeuvre qui définit le périmètre d’usage.

Bon, il est 17h30… c’est trop tôt pour sortir les olives ?

    pascal - 15 novembre 2017 Reply

    Merci Philippe de cette belle synthèse. Oui, il reste des questions profondes sur le choix cornélien entre arachides et olives, entre verres et gobelets, entre flûtes et coupettes…
    Diable, il me semble que nous sommes ensemble pour encore quelques temps.
    A bientôt

    Pascal

Joël Tetard - 14 novembre 2017 Reply

Merci pour votre excellent article sur le design énergétique appliqué aux bières !

Très pédagogique et qui illustre bien la démarche d’une analyse d’éco-conception devant prendre en compte de nombreux facteurs.

Bien cordialement.

Joël Tétard
ALKAEST Conseil
http://www.alkaest.com

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Merci Joël !
    A bientôt… et à votre santé !

Frene - 14 novembre 2017 Reply

Un des points qui n’est pas présent dans tout ça est… le gout.
Prennez une bière Carlsberg bouteille ou cannette (bon c’est de toute façon pas très bon mais c’est une des rares que j’ai bu également en canette) la bière est clairement moins bonne en cannette…
Il faudrait faire le test avec plusieurs différentes bière évidement mais pour moi c’est un énorme NON.

    John Arktor - 17 novembre 2017 Reply

    Bonjour,
    Pour faire simple et un peu simpliste, ce mauvais goût de la canette vient avant tout de 3 facteurs majeurs :
    1- le goût de la bière : la Carlsberg, accordons nous pour admettre que c’est assez dégueu… Une bonne bière en canette est une bonne bière. Et chaque bière a un contenant mieux adaptée à elle : les IPA en canette, les Stout en bouteilles, pour résumer.

    2- La conservation en magasin : la canette varie en température bien plus vite que la bouteille, comme on l’a vu dans l’article. Ça implique bien plus de précautions de stockage pour ne pas abimer le liquide à l’intérieur par d’incessants changements de température qui altéreront la chimie du produit. Et avouons le, les supermarchés ne se soucient que rarement de ces “détails”.

    3- Le facteur culturel : en France, on associe la canette aux bières bas de gamme, dites “bières de punks à chiens” (en tout cas c’est ce qui se dit dans ma ville :-/). Il faut déplorer cet état de fait, mais on le comprend quand on voit l’état des rayons de supermarchés, allant de la Maximator à la Desperados, en passant par la Kro et la 8-6… Essayez les magasins spécialisés, et vous aurez un tout autre aperçu (bon, le prix ne sera pas le même non plus…). Mine de rien, ce facteur culturel a un impact réel sur le goût perçu, à notre insu parfois.

    Bon apéro, en tout cas 🙂

      pascal - 17 novembre 2017 Reply

      Merci beaucoup de cette réponse éclairée et éclairante.

Renzo - 14 novembre 2017 Reply

Bonjour
Article intéressant…petite erreur sur l’épaisseur de la canette alu:1 micron?!
Cordialement

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour, merci de votre remarque, effectivement, il y avait une coquille (maintenant corrigée), l’épaisseur est de 100 micron. C’est bien cette valeur qui est prise dans les calculs.
    A bientôt
    Pascal

noez - 14 novembre 2017 Reply

Bonjour Pascal,
Mon homme a trouvé une solution : il brasse à la maison et réutilise donc les bouteilles. Sur le transport on gagne aussi pas mal car il achète les matières sèches (grains, houblons, levures). L’eau du village est réputée bonne et nous vient du massif de la chartreuse.
Seul bémol on a au maximum 3 brassins (donc 3 recettes) différents à disposition… et en ce moment un seul! 🙁
A bientôt pour boire un verre quand on aura refait les stocks !
Noémie

Guy - 14 novembre 2017 Reply

Bonjour,

Une lecture bien sympathique, dont la conclusion pourrait être “vive les contenants réutilisables” car les fût de bière pour les tireuses dans les bars sont en aluminium et je doute qu’ils soient refabriqués entre chaque utilisation. Donc, d’un point de vue énergétique, il se pourrait que boire une bière au comptoir soit plus écologiquement responsable (et socialement aussi).

Néanmoins, il y a plusieurs coquilles, la plus gênante est celle qui indique qu’il faut 4,50 kWh pour fabriquer 1 kg de verre ou bien le calcul des 0,719 kWh pour fabriquer une cannette en verre est erroné.

En espérant que cela vous sera utile.

Salutations

GM

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour Guy,
    merci de votre retour. Concernant votre mention d’une coquille, je viens d’ajouter quelques lignes pour détailler le calcul que m’a fait parvenir Emmanuel Rauzier. En particulier, il intègre un coefficient de conversion de primaire vers final de 3,3 (et non 2,58, la valeur “conventionnelle”), et il intègre également les parts relatives de process alimentés par l’électricité ou par une autre source primaire.
    Si effectivement vous pensez ces valeurs erronées, pourriez-vous me donner quelques éléments complémentaires (vous pouvez passez en message privé par notre formulaire de contact), que je puisse le cas échéant vérifier ?
    Merci beaucoup.
    Bien cordialement,

SALMON - 14 novembre 2017 Reply

Il y a un facteur qui n’est pas pris en compte, et qui penche en faveur de la bouteille, justement du fait de sa masse…
C’est le temps de refroidissement.
Ta canette, si tu la bois pas vite en été, c’est vite chaud, avec le verre, c’est un peu plu lent.

Et enfin quid de l’impact du matériel sur nos santés? On entend partout que l’alu, c’est pas bon…?

Le mieux serait peut être encore d’avoir directement une tireuse à bière chez soi…

J’espère pouvoir en discuter prochainement autour d’un bon verre d’eau!

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour Yann,

    Tu as raison, qui dit refroidissement rapide dit réchauffement rapide, la thermique est symétrique.
    Mais ma foi, cela ouvre aussi la porte à de merveilleux petits accessoires qu’Incub’ produira peut-être un jour, comme la “chaussette isolante”, permettant de garder une boisson au frais ? On refroidit la canette (ou la bouteille, d’ailleurs) nue, puis on l’habille pour ralentir les échanges. Cela permet de cumuler deux besoins contradictoires : refroidir vite, puis réchauffer lentement.
    Certainement une destination rêvée pour nos chaussettes en laine pendant la saison estivale. Tu les mets aux pieds l’hiver, et tu as chaud. Tu mets tes canettes dedans l’hiver, et elles restent fraiches.

    Après tout, nos amis anglais ont peut-être raison : pourquoi ne pas se mettre à boire des bières chambrées ?

    Attention quand même à ne pas me lancer sur de tels sujets, je risque de beaucoup m’amuser, et les articles se multiplier.
    Belle journée.

    Pascal

    PS : et pour l’aluminium et les impacts sanitaires dans un tel cas… je ne suis pas expert. Peut-être l’un de nos lecteurs pourra nous éclairer ?

Jacques ALLIER - 14 novembre 2017 Reply

Merci Pascal
Il n’y a plus qu’à ajouter le contenu carbone et la jonction avec E+C- sera parfaite…

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Merci Jacques, vous avez raison, je vais penser à monter une formation sur la réglementation thermique des bâtiments illustrée par l’organisation d’un apéritif neutre en énergie et en carbone, ça me paraît être un concept prometteur !

J - 14 novembre 2017 Reply

Un aspect qui n’a pas été traité côté consommation énergétique, c’est le coût du transport. Transporter un matériau lourd est plus coûteux que transporter un matériau léger !

Cela dit, je suis d’accord avec vous : moi aussi, je suis nettement plus attiré par le verre que par l’aluminium.
Différentes pistes de réflexion :
– le plaisir (ou les plaisirs …)
– le contact avec la matière, la « sensualité » …
– le « contact visuel »,
– le contact avec la forme, autant au niveau de la main qu’au niveau des lèvres. Pour moi, il est nettement plus agréable de porter un goulot de bouteille en verre à ses lèvres, plutôt que de porter l’ouverture hyper non ergonomique de la canette !

Que dire de l’impact environnemental de l’aluminium avec ses boues rouges ? C’est un autre sujet …

Vous avez évoqué la toxicité de l’alu dans la conclusion. Effectivement !
Peut-être qu’au-delà du côté rationnel tel que vous l’avez présenté au sujet de la consommation énergétique d’un contenant plutôt qu’un autre, sans réfléchir, intuitivement, nous savons que le verre est meilleur que l’alu pour nous.

Et si, au lieu de chercher à tout calculer et étudier scientifiquement, nous faisions confiance à notre intuition et que nous nous laissions aller naturellement, simplement vers ce qui est bon pour nous !!!

Merci.

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour,
    Je pense que vous avez raison de souligner que le sujet est potentiellement sans fin, du côté “rationnel” (impacts environnementaux, sur l’effet de serre, sur la santé, etc.) autant que “émotionnel” (visuel, sensualité, perception de la valeur, etc.).
    Pour rebondir sur votre conclusion, je pense qu’aujourd’hui il est sage de ne pas trancher entre “tout calculer et étudier scientifiquement” et “faire confiance à notre intuition”, mais au contraire de faire les deux simultanément, quand c’est possible. Nourrir notre intuition par le calcul, sentir ce que nous évoque un résultat de calcul, ou au contraire questionner notre intuition par les éléments accessibles par le calcul… Et au final, il nous reste toujours ceci : nous posons NOTRE décision, un acte dont nous sommes responsable. A notre charge de nous donner les éléments propices à le trouver pertinent.
    (et quand en plus cela permet de nous amuser un peu, ce n’est pas plus mal !-))
    Amicalement,

    Pascal

Vincent PROVOT - 14 novembre 2017 Reply

Bonjour Pascal,

J’ai lu l’étude en diagonale et je retiens que pour la bière, l’alu serait mieux que le verre.

J’ai rédigé un article similaire il y a quelques mois : “Vin ou bière ?”. Je ne raisonne pas en kWh, mais en gCO2.
Le vin sort vainqueur : https://www.linkedin.com/pulse/buvez-d%C3%A9carbon%C3%A9-du-vin-vincent-provot/

Mais effectivement, il faut relativiser les chiffres : je me suis basé “bêtement” sur les données ADEME, qui ne sont que des moyennes et ne reflètent pas bien la disparité des situations. Mais ça fait ressortir des tendances intéressantes.

En tout cas, l’apéro est un sujet fédérateur, et je pense qu’il est pertinent de publier ce type d’article, qui amène les gens à réfléchir à l’ACV de leur apéro, en buvant un coup. C’est un contexte favorable à la réflexion 😉

Next step : mettre en perspective ces impacts liés au liquide avec les impacts liés au solide (cacahuètes, olives, pizza, etc), pour identifier l’apéro le moins carboné. Et qu’on ne vienne pas me dire “l’apéro le moins carboné est celui que l’on ne prend pas”, car j’ose imaginer que dans une société négawatt, nous prendrons toujours le temps de passer de bons moment autour d’un verre, en bonne compagnie !

Bonne continuation !
Vincent

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour Vincent,

    merci beaucoup de votre retour. Vous avez raison : voilà un sujet qui suscite l’enthousiasme !

    La conclusion n’est pas exactement celle qui vous évoquez. Enfin, si, pour la réponse très concrète : sur le plan énergétique, la canette s’en sort nettement mieux.

    Mais les deux conclusions les plus troublantes sont pour moi celles-ci :

    – la canette s’en sort mieux dans un système plutôt mal organisé, qui recycle le verre plutôt que d’employer les bouteilles. Disons que c’est la meilleure solution dans un contexte globalement peu intelligent
    – malgré la conclusion plutôt claire, le comportement est très difficile à changer. Bon, on le sait par ailleurs, mais le VIVRE, sur un sujet comme l’apéro, c’est quelque chose que les « experts » devraient faire plus souvent avant de taxer bien souvent les « gens » d’immobilisme ou de mauvaise volonté.
    A bientôt !

    Pascal

Jean-Marc GIVAUDAN - 14 novembre 2017 Reply

Bonjour et merci pour cet éclairage rafraichissant.

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Merci Jean-Marc. À votre santé.

    Pascal

WhilelM - 14 novembre 2017 Reply

Salut,

Pourquoi ne pas mentionner l’existence de la possibilité d’utiliser des bouteilles consignées dans la conclusion. Ça revient en France. Bon, ça restreint le choix de la bière, mais ça mériterais une meilleure mise en valeur.

En tout cas excellent article, je n’ai pas vérifié les chiffres, mais on ne peut mettre en doute la qualité de la réflexion. Merci !

    pascal - 14 novembre 2017 Reply

    Bonjour,
    merci de votre retour. J’évoque brièvement la consigne à la fin de l’article, car elle est en place pour les particuliers dans certaines régions, par certaines marques. Elle est aussi en place pour les professionnels. J’ai tendance à ne pas “encourager” ou a donner de conseils, faisant plutôt confiance aux envies des lecteurs et à leur possibilités selon leur contexte.
    Maintenant… si vous connaissez vous-même des marques ou des lieux qui facilitent ces démarches et qui ont mis en place la consigne pour leur produits, n’hésitez pas à en parler ici.
    A bientôt.

    Pascal

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