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Canicule : les quatre règles fondamentales

N’allez pas croire que je surfe sur l’actualité de l’été. Certes, canicule il y a, et selon bien des avis autorisés, ce n’est pas près de s’arrêter. Je me souviens de mes premières conférences dans lesquelles j’annonçais l’air grave une prédiction du GIEC. « Une canicule de 2003 tous les 2 ans en 2050 ». C’était au début des années 2000. A peine 20 ans après, cela semble déjà fort crédible. 

Mais non, je ne surfe pas sur l’actualité. La preuve ? Je parle avec les architectes de maîtrise des surchauffes depuis plusieurs années. Aujourd’hui, la formation spécifique que nous leur proposons a beaucoup de succès. Bref : ce n’est pas une nouveauté. Mais ces dernières semaines, je suis entouré de gens suants et épuisés.

Leur problème n’est pas de concevoir un bâtiment dans lequel il fasse frais. Il est de se sentir mieux dans les locaux dont ils disposent. Bien sûr, il y aura toujours ceux qui, lassés, se ruent sur les climatiseurs low-cost que les grandes surfaces proposent. Mais ce n’est pas une solution, c’est un palliatif. 

La question de la surchauffe est à la fois complexe et très simple. Complexe, parce que la sensation est le résultat, parfois, d’un grand nombre de facteurs se cumulant. Pire : le ressenti à un instant T dépend bien souvent de nos actes bien des heures plus tôt. Cela n’est pas sans rappeler la dynamique du réchauffement climatique : quand il fait trop chaud, il est déjà bien souvent trop tard pour corriger le tir.

Elle est également simple parce que, si on prend un regard « panoramique » sur le phénomène, on peut l’aborder avec seulement 4 grandes règles. Ce sont un peu les têtes de chapitre de ma formation « surchauffe ». Et ce sont surtout des accès directs à des comportements adaptés en situation de canicule.

Je vous livre donc ces Quatre principes cardinaux pour mieux traverser les périodes de canicule, ou tout simplement éviter la surchauffe dans les locaux que vous fréquentez. Ils se déclinent évidemment en une multitude d’application concrète. Je n’en décrit que quelques unes brièvement, aussi n’hésitez pas à partager vos trucs en commentaires !

Règle anti canicule n°1 : Laisser la chaleur du dehors là où elle est

Du point de vue énergétique, un local quelconque peut toujours être considéré comme une baignoire qu’on vide ou remplit.

C’est une image simple pour comprendre qu’on ne fait bien souvent que « remplir » ou « vider » les choses (bâtiments, objets, corps, etc.) avec de la chaleur. Et en l’occurence, comme il fait très chaud dehors, il est essentiel de TOUT faire pour que la chaleur qui se trouve dehors n’entre pas chez nous. 

On peut bien sûr penser au rayonnement solaire. La règle sera donc d’éviter absolument tout rayonnement direct entrant. On le voit facilement : ce sont les tâches de lumière sur le sol ou les murs. Donc : on ferme tout ce qu’on peut fermer. Les volets, les stores, les brise-soleils. Mais aussi, on déploie les stores, les canisses ou les voiles d’ombrage. 

Cela vaut aussi pour les véhicules : on se gare à l’ombre, on ajoute des protections sur les vitrages, si possibles à l’extérieur. L’occasion, en passant, de constater l’immense différence entre une voiture noire et une voiture blanche. Ou encore… entre une tente blanche et une tente noire, comme l’a bien compris une grande marque française il y a quelques années. 

Mais il n’y a pas que les apports solaires, la chaleur peut également être transportée de l’extérieur vers l’intérieur par l’air renouvelé. La règle donc : dès qu’il fait plus chaud dehors que dedans, on ferme tout ! Toutes les fenêtres et portes restent closes, afin que l’air frais ne soit pas remplacé par de l’air plus chaud. Vous voulez des courants d’air ? Alors créez-les à l’intérieur, par exemple avec un ventilateur ou un brasseur d’air.

Nous connaissons en général bien cette règle empirique du « laisser la chaleur dehors ». Pour ma part, j’ai un souvenir très vif des journées d’été dans une maison sombre, car mes-grands parents fermaient tout. La règle suivante est moins courante, car ce n’est que récemment qu’elle a pris une importance particulière. 

Règle anti canicule n°2 : ne pas dégager de chaleur à l’intérieur 

Il ne viendrait à l’idée de personne d’allumer un radiateur au mois de juin. C’est évident : il y a déjà trop de chaleur, on ne va pas en ajouter ! Et pourtant, c’est bien souvent ce que nous faisons avec tous les appareils en fonctionnement C’est particulièrement vrai avec l’augmentation des équipements électriques ménagers ou informatiques depuis 20 ans. 

La règle consiste à ne laisser fonctionner que ce qui est strictement nécessaire. En termes négaWatt : sobriété maximale. 

canicule - cuiseurs solaires

Les merveilleux cuiseurs solaires de Bolivia intitulés – Sud Soleil

Première cible : la cuisine.

Mauvaise idée de se lancer dans des lasagnes ou un gigot chez vous. Ou alors installez le four à l’extérieur. Pour les confitures qu’on fait souvent l’été, privilégiez (comme ma grand-mère) un brûleur installé dans le garage ou à l’extérieur. Ou goûtez aux joies de la cuisson solaire. Réduire les cuissons, manger des salades ou du cru, mettre les liquides chauds en thermos, etc. Autant d’occasion de mixer « comportement de saison » avec « atténuation de la surchauffe ». Le seul qui est difficile à contrôler, c’est le réfrigérateur, qui dégagera toujours ses quelques dizaines de watts à longueur de journée, d’autant que sa consommation risque d’exploser avec la quantité de produits à rafraîchir. Si vous avez (comme ma grand-mère) un équipement dans le garage « au frais », c’est le moment ! Et n’hésitez pas à pré-rafraîchir vos courses (comme… la bière) à la cave.

Deuxième cible : informatique et compagnie.

La télé ? un chauffage. L’ordinateur ? Un chauffage. La box ? Un chauffage. On arrête tout ça autant que possible, ou en en décale l’utilisation aux heures plus fraîches. Ou installez-vous dehors pour travailler.

Oui, vous pouvez arrêter votre box quand elle ne sert pas, je le fais trois fois par jour. Et oui, dans les bureaux, vous pouvez arrêter la majeure partie du temps ces gros photocopieurs.

Oui, dans les vitrines, vous pouvez couper les écrans publicitaires, même si vous avez une climatisation.

canicule - débrancher

Une règle : si on peut éteindre, on éteint.

Oui, amis coiffeurs et coiffeuses, vous pouvez proposer aux gens de ne pas leur sécher les cheveux, et de leur faire le shampoing à l’eau froide.

Oui, amis régisseurs, vous pouvez limiter au maximum les éclairages de plateaux hors du spectacle.

Oui, amis bistrotiers, vous pouvez arrêter la télé que personne ne regarde. Et oui, amis commerçants, vous pouvez réduire les éclairages, en particulier ces petits halogènes qui chauffent beaucoup.

Amis boulangers, vous n’êtes pas les mieux lotis avec vos fours… mais certains n’hésitent pas à modifier les durées des levées pour placer les cuissons aux heures plus fraîches.

Et pour élargir la perspective : oui, vous pouvez arrêter le moteur d’un véhicule qui ne roule pas.

En plus de l’économie d’électricité, vous gagnez toujours un peu en température, et tout cela se cumule. Ajoutons qu’en canicule, le parc nucléaire tourne au ralenti, pour préserver les fleuves. Moins solliciter le réseau, c’est aussi un acte citoyen !

Vous pouvez garder un chiffre en mémoire : dans un bâtiment bien isolé, on chauffe une pièce de 10 m2 avec 200W (voire moins). Si vous allumez une télé de 100W, alors vous lancez l’équivalent d’un demi-chauffage en pleine journée d’été. Surveillez donc les étiquettes des appareils !

Troisième cible : le linge

Le lavage/séchage du linge est un grand impensé énergétique de la conception des locaux. Vu la puissance des appareils, normal qu’on les regarde d’un oeil mauvais en période de chaleur. Ce sera donc très simple.

  • une lessive à 60°, c’est un meuble à 60° posé pendant une heure chez vous. Donc, encore plus que d’habitude, baissez les températures et limitez les cycles en remplissant la machine. Et tant qu’à y être, profitez-en pour réduire les vitesses d’essorage, vu que vous allez appliquer le point suivant…
  • le soleil et la chaleur sont les plus merveilleux sèche-linge du monde. À l’inverse, un sèche-linge est un excellent chauffage d’appoint installé chez vous. Je vous ai raconté ailleurs l’histoire de ce bâtiment “mis à genou” par un excès de sèche-linge. C’est au moins pareil, sinon pire à la maison. Donc… le linge sèche dehors, offre des vacances au sèche-linge. Et si vous ne pouvez pas le faire dehors, alors faites le sécher quand vous pouvez ouvrir les fenêtres. Sinon, la hausse du taux d’humidité va accentuer votre sensation de chaleur.

Quatrième cible : chaudière et eau chaude.

Savez-vous que la plus grande partie de la consommation des ballons d’eau chaude sert au maintien en température, et donc… au chauffage de la pièce ? Si vous en avez le courage, c’est le moment de tenter les douches froides pendant une période (voire règle n°4). Si vous avez, comme moi, une chaudière individuelle dans la cuisine, coupez-la en journée, et ne l’allumez que si vous avez besoin d’eau chaude. 

Là encore, les exemples sont légion. Mais tous se résument à cette seule règle : si cela peut être éteint, alors on l’éteint. 

 

Règle anti-surchauffe n°3 : évacuer la chaleur dès que possible

canicule - Aix sur vienne

Pôle enfance à Aix-sur-Vienne – architecte Oekoumène / A. Bavière – design énergétique Incub’ Notez les “fenêtres de ventilation” équipées d’une résille anti-effraction. Le bâtiment fonctionne en ventilation naturelle assistée

Toute la journée, la stratégie consiste à ne pas trop remplir notre « baignoire énergétique » pour ne pas qu’elle déborde. Et dès qu’il fait frais (la nuit ou lors d’une journée de répit pendant une canicule), nous allons nous empresser de « vidanger ». 

Dès que la température extérieure passe sous celle de l’intérieur, donc, on ouvre tout ! Les meilleures heures sont au petit matin. La vitesse de refroidissement dépendra de la configuration du local et de la structure du bâtiment, mais le principe reste valable : courant d’air maximal. 

Bien sûr, la conception ou l’ajustement des locaux peuvent aider.

Règle anti canicule n°4 : gérer la surchauffe du corps

Comme tous les sujets énergétiques, la surchauffe est un problème humain avant d’être un problème technique. Tous nos ennuis, toute la thermique des vêtements et des bâtiments découlent de deux faits :

  • nous sommes des homéothermes : la température de notre corps doit rester constante
  • la vie est une réaction exothermique : notre corps vivant « produit » de la chaleur

Et pour respecter en tous temps ces deux conditions, notre corps doit constamment respecter l’équilibre. Nous devons évacuer vers l’environnement la quantité de chaleur que nous produisons. Et si la canicule est problématique, c’est parce qu’elle rend plus difficile cette constante « vidange thermique ». Notre corps s’épuise à se refroidir, et il s’épuise d’autant plus que :

  • il a beaucoup de chaleur à évacuer
  • il rencontre des obstacles à l’évacuation de cette chaleur

Remarque : En réalité, j’ai déjà abordé la question dans cet article. On y trouve toutes les clés qui permettent de rester au frais en agissant sur notre environnement et sur notre comportements. Je me permets quand même quelques compléments.

La « surchauffe » des locaux n’est pas vraiment le problème. Le vrai problème, c’est la surchauffe de notre corps. Avoir des locaux aussi frais que possible, ce n’est que fabriquer un environnement qui reçoit plus facilement la chaleur de notre corps. 

Mais nous pouvons encore réduire les obstacles à l’évaluation de la chaleur, autant que possible. Jusqu’à il y a peu, mes enfants passaient quasiment trois mois tout nus. Je vous l’accorde, c’est plus compliqué en ville. Mais nous pouvons tous réduire les vêtements, ces isolants de nos corps. Vêtements légers, oui. Mais aussi, à la mesure des « libertés » de chacun, enlever la cravate, mettre un bermuda, couper les cheveux, la barbe, vivre sans soutien-gorge, sans slip, en sandale.

Au passage… sentez-vous là clairement le « frottement » entre sujet technique et sujet culturel ? Loin de moi de penser que la vie sans soutien-gorge se résume à un sujet de thermique humaine (et voilà une belle boite de Pandore !-))

Et nous pouvons aussi limiter la chaleur à évacuer, c’est à dire refroidir notre corps, soit en « mangeant du froid », soit en lui « retirant du chaud ». Les boissons fraîches sont directement un « apport de froid », de même que les tisanes réchauffent en hiver. A l’inverse, manger un plat chaud, c’est ingurgiter quelques Joules qu’il nous faudra évacuer (souvenez-vous des lasagnes…) ensuite. 

Ah, j’allais oublier : notre « production de chaud » est liée à notre niveau d’activité. Vous voulez restez frais ? Faites la sieste. Ce n’est pas pour rien que la sieste est culturellement plus répandue dans les pays du sud. 

Je n’ai pas trouvé de photo illustrant le “bain dérivatif”, mais vous voyez l’idée…

Et enfin, cherchez toutes les occasions de rafraîchir. Oui, il y a la piscine ou les rivières. Mais vos douches et bains peuvent aussi être frais. Vous prenez une douche chaude l’hiver pour vous réchauffer ? Passez à la douche froide. Au passage, vous pouvez vous lancer dans le challenge « 30 jours de douches froides », inspiré de la méthode Wim Hof.

Et pour sortir du poncif « prendre des douches plutôt que des bains », je vous rappelle qu’on peut aussi se laver et se rafraîchir plus intelligemment, en ciblant les parties qui échangent bien de la chaleur. Je pense à l’ancestral bain de siège froid ou au presque aussi ancien bidet. Les plus jeunes demanderont aux plus anciens… 

Canicule – en conclusion

Je voulais faire très court, et je me suis laissé emporter, tant les exemples sont légions. Mais les exemples, c’est à chacun de les trouver. Ce qui y donne accès, ce sont ces quatre règles cardinales anti-surchauffe que je vous rappelle :

  • Règle anti-surchauffe n°1 : Laisser la chaleur du dehors là où elle est
  • Règle anti-surchauffe n°2 : Ne pas dégager de chaleur à l’intérieur. 
  • Règle anti-surchauffe n°3 : Évacuer la chaleur dès que possible
  • Règle anti-surchauffe n°4 : Gérer la surchauffe du corps

Ces quatre principes universels vous permettent de gérer votre propre confort dans toutes les situations. En effet, ils ouvrent sur tous les phénomènes énergétiques liés à la surchauffe. 

Et si vous êtes concepteur de locaux (architectes, technicien de bureau d’études, etc.), ces quatre règles vous donnent également les clés pour aborder la question de manière systématique.

Il me reste à conclure en vous souhaitant un très très bel été en restant frais. Peut-être même ressentirez-vous ce petit sentiment réjouissant qui survient quand on n’en est plus à « subir la canicule », mais à comprendre consciemment qu’on reste aussi frais que possible. 

PS : Pouvez-vous me rendre un petit service ? partagez en commentaires vos « trucs » anti-surchauffe. Dans la perspective d’un éventuel prochain livre, cela serait une grande aide !

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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Jacques - 25 juin 2019 Reply

Bonjour

Un concept que j’aime bien : une pièce technique regroupant tous les appareils qui chauffent : chaudière, stockage ECS, congélateur, box, arrière du frigo (frigo encastré dans la cloison), etc…
En hiver cette pièce est dans le volume isolé et contribue au chauffage.
En été, cette pièce est fermée avec le reste de la maison, et largement ouverte sur l’extérieur. L’idéal étant qu’elle devienne cuisine d’été.

Et un petit rappel : la RT2012 est nulle sur le confort d’été

    pascal - 26 juin 2019 Reply

    Bonjour Jacques,

    oui, c’est une solution de conception qui facilite bien des choses. C’est important de le prévoir dès le début de la conception (en projets neufs), parce que c’est vraiment dur à rattraper derrière !-).
    Et oui, si la RT2012 (et la RT2005 avant elle) étaient d’une quelconque utilité concernant la surchauffe, les bâtiments récents autour de nous le montreraient. Une belle démonstration par l’absurde…
    Belle journée à vous.

    Pascal

Anonyme - 6 août 2018 Reply

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6430787997893038080
Belle journée

note de Pascal : pour plus de facilité, je reproduis ici le Post LinkedIn proposé par notre lecteur

(Post de Laurent Boiteux – Chef de Projet & Formateur – cadre de vie bâti – – innovation organisationnelle)
Réflexion du jour :
canicule, grosses chaleurs, surchauffes et inconfort d’été ? Certains disent qu’ils vivent fréquemment (et difficilement) ces épisodes climatiques.
Sincèrement, je me demande si ce n’est pas une fake news… 😉

Notre expérience en tant qu’organisme de formation tendrait à prouver qu’en réalité
IL N’Y A PAS DE PROBLÈME DE SURCHAUFFE DANS LES BÂTIMENTS !
En effet, parmi toutes les formations que nous proposons chaque année depuis 2013, celles qui traitent de la gestion du confort d’été ne se remplissent jamais (moins de 5 inscrits par module). Si notre offre ne trouve pas de participants c’est certainement qu’il n’y a pas de besoins et de marché. Donc, il n’y a pas de problème de chaleur dans nos bâtiments 😉

Comme diraient nos amis les Shadoks
“s’il n’y a pas de solutions, c’est qu’il n’y a pas de problème” 😉
donc, “s’il n’y a pas de formation, il n’y a pas de surchauffe” 😉

Cela est d’autant plus étonnant que nous portons une grande attention à la qualité des contenus et au choix des formateurs tout en pratiquant des prix considérés comme bas (300€ par jour).

Heureusement que nos autres modules se déploient beaucoup mieux 🙂
Je vous souhaite un bel été, chaud ou frais selon votre convenance, mais sans usage de clim’ s’il vous plait ;-).

Bertrand - 5 août 2018 Reply

Bravo Pascal pour cet article. Je me pose souvent la question par rapport à nos combles, maintenant bien isolée avec de la laine de verre. En été, la chaleur s’accumule, et finit par se relâcher vers 22h/23h, alors qu’on s’en passerait bien… J’hésite à installer une Vmc spécifique dans les combles pour pulser de l’air extérieur vers les combles dès que la température baisse, et faire suppression pour évacuer toute cette chaleur emmagasinée… Bref, c’est pas gagné !

    pascal - 6 août 2018 Reply

    Bonjour Bertrand
    Merci de votre retour. De tels systèmes sont parfois installés, avec des succès plus ou moins avérés… Je ne sais pas si vous parlez plutôt de combles perdus ou de combles habités. Dans ce derniers cas, justement, les laines minérales sont problématiques, car bien qu’isolantes, elles offrent un déphasage insuffisant. Cela fait partie des articles que je dois encore écrire, et c’est l’un des grands thèmes de la formation sur la surchauffe. L’utilisation d’isolant cellulosiques (de bois, de chanvre, ouate de cellulose, etc.) réduit très largement ce soucis.
    Bonne journée !

    Pascal

Ludovic - 5 août 2018 Reply

Hello

Bravo pour cet article qui pertine bien.

Les chambres sont trop chaudes pour dormir ? Un enjeu de taille quand on a des enfants qui se couchent avant que la surventilation nocturne n’ait pu rafraichir l’intérieur.

Nous, quand il faut chaud chaud, on invite les enfants à se prendre une petite douche fraîche avant de se coucher. Et on leur donne une serviette de table mouillée, à se mettre sur le corps, dans le lit. C’est radical.

Quant à moi, je fais l’amour avec ma femme. Alors certes on surchauffe, mais après, l’endormissement est très efficace. (cette technique fonctionnant toute l’année).

Bien à vous

    pascal - 5 août 2018 Reply

    Bonjour Ludo,
    et merci pour le partage de tous ces trucs. Je n’ai pas essayé celui-vi avec mes enfants, je m’en vais tenter l’expérience.
    Je n’ai pas encore écrit sur le sujet, mais… il n’est pas nécessaire de “surchauffer” pour faire l’amour, ce qui permet d’augmenter encore l’efficacité de ta méthode. Après, comment dire… le livre “design énergétique des bâtiments” s’appelait initialement “Le Kamasutra de l’énergétique”. Les liens se font, mais ne sont pas entendables dans toutes les sphères !-).
    Bonne canicule, donc !
    Et à bientôt.

    Pascal

vajnovszki - 5 août 2018 Reply

Salut Pascal,

J’ai immédiatement publié ton article !

On dirait mon alter ego thermique, je retrouve dans ta présentation tout ce que je me casse la tête à expliquer à mon entourage. On me surnomme « Police canicule » 🙂 L’entourage proche l’a bien compris et respecte les règles, les autres me traitent de casse-pieds et préfèrent les climatiseurs 🙁

Effectivement, tes explications formalisées sont formidables !

On pourrait rajouter que les seuils de tolérance à la chaleur sont différents d’une personne à l’autre. Le mien est, parait-il, dérisoire, d’où les moqueries et l’incrédulité que mes conseils suscitent.
N’empêche que, en entrant chez moi, les gens s’imagine que j’ai la clim…

Je plains les habitants des petits logements mal isolés et mono-orientés qui n’ont vraiment aucune autre solution que de sortir de chez eux et passer leur journées dans les espaces rafraichissantes dont on nous parle aux infos. Pour ceux-là et pour les « intolérants » comme moi, voici un autre petit truc rafraichissant : porter un T-shirt mouillé, ça aide vraiment, on peut même dormir avec !

Un autre truc de bon sens : cuisiner la nuit et sortir les casseroles chaudes dehors. (En prennant la ventilation nocturne comme acquis)

Si j’avais une tribune, je conseillerais au maitres d’ouvrage d’exiger/accepter, pour les logements RDC et pour les tous les bureaux, un système anti effraction qui permette une VENTILATION MASSIVE TOUTE LA NUIT : des grilles enroulantes, comme celles des boutiques, par exemple, ou un autre, pourvu qu’il permette cette ventilation. Actuellement, tous les utilisateurs des bureaux FERMENT LES FENÊTRES en partant à 18h, lorsque la chaleur est à l’apogée, dehors comme dedans, pour les re-ouvrir le lendemain à 9h, lorsqu’il est déjà trop tard !!! Et c’est reparti…

Un autre « truc » de conception : faire des sorties d’air massives en partie haute. Les actuelles trappes de désenfumage ne servent qu’à désenfumer en cas d’incendie ! Serait-il si difficile à concevoir des trappes qui s’ouvrent pour l’aération également ?! (Les entrées ‘air iraient de soi)

Et, comme je pinaille, j’ai une question pour toi. En baissant les VR (Alu) en été, pour garder la fraicheur, vaut-il mieux le faire complètement ou bien laisser les petits trous, pour l’aération ? En fait, la question est « est-ce que la température entre VR et vitrage est la même avec le VR complètement fermé ou non ? Bien sur, des fenêtres performantes et neuves se fichent de cette éventuelle différence de température, mais des fenêtres vieillissantes, peut être pas.

Chaleureusement,

Ana

    pascal - 6 août 2018 Reply

    Bonjour Ana,
    merci pour tous ces trucs de concepteur, et également celui du t-shirt mouillé, effectivement très efficace.
    J’ai mis un peu de temps a réfléchir à ta question. A mon avis (et sous le contrôle d’autres lecteurs), je pense qu’il vaut mieux laisser les “petits trous pour l’aération”. En effet, le VR déphase peu. Il y a donc de bonnes chances que l’espace entre VR et vitrage s’échauffe, à un niveau qui dépend évidemment de beaucoup de paramètres (l’orientation, l’absorptivité du VR, l’étanchéité de l’ensemble, les caractéristiques de la menuiserie, etc.).
    IL me semble que les petits trous permettent, au moins, la mise en place d’une convection naturelle. Ainsi, la température derrière le VR reste, au pire, celle de l’extérieur, et on conserve au VR uniquement son rôle de pare-soleil.
    Disons que c’est une première approche… il reste à tester en vrai !! Et si j’ai faux, merci de me le dire.
    Belle journée, et à bientôt.

    pascal

      Ana URSU-VAJNOVSZKI - 6 août 2018 Reply

      Merci, ça me rassure.
      Encore un truc, pour la catégorie “laisser la chaleur dehors” : couper la VMC pendant la journée de canicule. Moi, j’ai un interrupteur, mais que peuvent faire ceux qui habitent en logements collectifs ?

        pascal - 9 août 2018 Reply

        Bonjour Ana,
        je serai prudent avec ce “truc anti-canicule”. Dans les logements, il est obligatoire de laisser un débit hygiénique, pour des raisons… hygiéniques justement. Néanmoins, lorsque je travaille sur la ventilation, je pars toujours du principe que “personne n’a besoin d’une ventilation, mais d’un air de qualité”. Voir à ce sujet l’article suivant.
        Donc… si l’on s’assoit sur l’interdiction de couper la VMC, je recommanderais aux personnes qui arrêtent l’équipement de s’équiper d’un mesureur de CO2, a minima, ceci afin de vérifier que la qualité d’air reste suffisante.
        L’arbitrage entre un air pollué et un air trop chaud n’est certes pas forcément facile… Mais il me semble important de se souvenir qu’une ventilation ne sert pas qu’à faire du bruit et consommer de l’électricité, d’autant que les débits sont faibles en comparaison d’une fenêtre ouverte.
        Belle journée !
        Pascal

          Ana URSU-VAJNOVSZKI - 10 août 2018 Reply

          Effectivement, arrêter la vmc ce n’est pas un conseil à généraliser, mais à prendre avec des pincettes. Il faut avoir suffisamment d’air intérieur (donc grande maison et faible occupation), éviter les activités polluantes… et mesurer le taux du CO2. Bref, c’est du luxe.

    Bénédicte - 3 septembre 2018 Reply

    Bonjour Pascal,

    Cela fait des lustres que je veux vous remercier, vous féliciter et vous encourager à écrire, encore et encore. C’est un pur bonheur que de vous lire à chaque article, tant pour le fond qui est passionnant, instructif et plein de bon sens, que pour la forme (j’adore votre plume).
    Alors MERCI, MERCI et encore MERCI de nous faire partager votre savoir, vos expériences, vos conseils….

    Pour répondre à Ana, je gère des bâtiments dans le Sud de la France, j’ai déjà fait ouvrir des exutoires de désenfumage pour la ventilation nocture de certains bâtiments (les fenêtres du RDC étaient également équipées de barreaudage –> parfait pour les courants d’air) mais j’ai rencontré plusieurs problèmes : dans les zones ventées, certains exutoires ont été arrachés par le vent/voilés et non refermables, à d’autres endroits nous avons été inondés (gros orage d’été, pas toujours prévisible), enfin certains exutoires se déclenchent avec des cartouches gaz, il faut être bien sûr d’en avoir d’avance pour réarmer. L’idée est très bonne mais vigilance. Je rajouterai que ces exutoires (desenfumage, skydone, lumidome..) devraient pouvoir être équipés de rideaux extérieurs(type vélux.
    Bonne fin d’AM à tous

      pascal - 5 septembre 2018 Reply

      Bonjour Bénédicte,
      merci beaucoup de votre enthousiasme, je suis très touché. Je vais tâcher de continuer alors !-).
      Je suis également amusé : l’un des tous premiers projets sur lesquels j’ai travaillé lorsque j’ai basculé dans le monde du bâtiment était pour Poste Immo. Aujourd’hui encore, c’est un exemple que j’utilise souvent pour illustrer la notion d’usage non-conventionnel : un centre de tri postal a des horaires de fonctionnement atypiques qui posent de vraies questions !
      Merci également de votre retour d’expérience. C’est vrai que les exutoires, par leur position haute et souvent leur grande taille, sont des candidats à la ventilation. Je trouve néanmoins délicat d’utiliser des systèmes de sécurité incendie à un autre usage. Le sujet est sensible. S’il y a ici un bureau de contrôle ou un assureur, peut-être peut-il nous éclairer ?
      En revanche, votre pratique montre bien que globalement, “ça marche”, à condition de gérer les cas non-nominaux (orages, vent, etc.), ce que les exutoires incendie ne font naturellement pas. Quand il y a incendie, on ne se pose pas la question du temps qu’il fait…
      Belle journée, et à bientôt.

      Pascal

Hugues - 5 août 2018 Reply

Bonjour et merci pour l’article qui risque de pouvoir ressortir de plus en plus régulièrement!
Petite remarque sur les questions alimentaires: ne pas oublier de boire beaucoup afin de ne pas limiter la transpiration et paradoxalement, dans le désert, on doit du thé bouillant, ce qui peut paraître contre-intuitif mais apparemment, les boissons chaudes entrainent une dilatation des vaisseaux sanguins à la surface de la peau, ce qui permettrait de mieux diffuser la chaleur.

    pascal - 5 août 2018 Reply

    Bonjour Hugues,
    et merci de votre retour.
    Oui, j’ai déjà croisé cette pratique de la boisson chaude en période chaude. J’avoue ne pas avoir encore fouillé pour vérifier si le bilan est positif entre :
    – le gain éventuel de refroidissement par vase-dilatation, dans des conditions où le corps me semble déjà “au taquet” de ce point de vue
    – l’ajout “dans le corps” d’une quantité de chaleur supplémentaire.
    Si quelqu’un a la réponse et la documentation liée, je suis preneur !
    Merci encore, et à bientôt.
    Amicalement,
    Pascal

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