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Attestations RT2012 gratuites pour les architectes : 10 raisons de les encourager

J’ai annoncé il y a quelques jours le lancement prochain d’une formation en ligne dont l’un des objectifs est d’aider les architectes à réaliser eux-mêmes gratuitement les attestations RT2012 demandées au dépôt du permis de construire. Fondamentalement, cette formation n’est pas une nouveauté. J’en anime une dizaine de sessions par an depuis plusieurs années, ce qui représente pas mal d’architectes formés.

Mais le fait de diffuser massivement cette information a provoqué un phénomène surprenant. J’ai reçu de nombreux messages. Certains sont enthousiastes, beaucoup sont perplexes voire agressifs : mais pourquoi faire ça ? N’est-ce pas suicidaire venant d’un thermicien ? N’est-ce pas ôter toute valeur au travail de la performance énergétique ? Les questions sont nombreuses, et les suppositions sur mon intention vont bon train.

Par souci d’éclaircissement (et aussi d’économie de ma propre énergie) j’ai donc rassemblé quelques éléments de réponse qui me semblent justifier cette démarche. Pourquoi donc faciliter et soutenir la réalisation gratuite des attestations RT2012 par les architectes ? Mes arguments sont évidemment sujet à débat, les commentaires sont faits pour ça. Et soyez assurés que je les lis tous avec beaucoup d’attention !

Voici donc dix raisons pour lesquelles je pense approprié de permettre aux architectes de faire eux-mêmes gratuitement les attestations RT2012, et de les y aider.

(J’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont écrit, même les plus fâchés !-) Cela me fait toujours avancer dans la réflexion).

1- Parce qu’ils ont toujours pu faire ces attestations RT2012

L’attestation de prise en compte de la RT2012 que l’on remet avec le dossier de permis de construire est un document de quelques pages signé par… « La personne ayant réalisé l’attestation ». Normalement, il s’agit du maître d’ouvrage, mais c’est souvent l’architecte, en tant que mandataire, qui signe.

Dans de nombreux cas, la création de ce document nécessite un calcul de coefficient Bbio, effectué sur un logiciel agréé. Ces logiciels sont en vente libre, pour quelques centaines d’euros. Tout le monde peut en acheter un, et ainsi disposer de tout ce qu’il faut pour suivre tout le processus. Les architectes ne sont pas exception.

Donc… dès la création de la RT2012, les architectes on pu faire eux-mêmes leurs attestations. Ils en avaient le pouvoir, à défaut d’en avoir l’envie, la capacité ou d’en voir la nécessité.

2- Parce que ces attestations RT2012 leur posent un problème au quotidien

Malgré la relative simplicité du processus, rares sont les architectes à produire des calculs de Bbio. La raison principale en est que les outils qui réalisent ces calculs, au-delà de leur prix, sont conçus dans une logique très éloignée de celle de l’architecte. Même les m2 n’y ont pas la même signification. Les manipuler, même pour des opérations simples, demande donc un investissement considérable en temps. Une ressource bien précieuse, surtout quand on ne trouve pas grand sens à ce travail.

3- Parce que beaucoup ne trouvent aucune valeur à ces attestations RT2012

Car oui, que ce soient les architectes, les bureaux d’études ou même les institutions, tout le monde admet que l’attestation n’a presque aucune valeur en elle-même. Et c’est bien normal ! Son rôle n’est pas de justifier d’une valeur ou d’une performance d’enveloppe, qui évoluera de toute façon.

Elle a pour but d’attester la « prise en compte de la RT2012 », et implicitement d’obliger chaque acteur du bâtiment à prendre en compte cette réglementation dans sa conception. L’hypothèse du législateur était que, puisque le concepteur prenait en compte la législation, il se lancerait naturellement dans une démarche cohérente et fluide avec son thermicien. Vu de la Défense, cela paraissait logique.

Mais à partir du moment où il est possible d’obtenir ce papier en ayant consacré une attention très minime à ces questions, quelle valeur peut-on lui accorder ? C’est une contrainte de plus, et il est facile, en déboursant quelques dizaines d’euros, de l’obtenir. Pourquoi s’en priver ? On me demande un papier, je le fournis. Point. Et je peux continuer à travailler à mon projet.

4- Parce que c’est un point bloquant pour aller plus loin en matière d’énergie

Plusieurs responsables de bureau d’études m’ont expliqué que si l’on permet à l’architecte de faire lui-même gratuitement son attestation, il ne s’intéressera plus aux questions énergétiques. Un message me dit « tu les encourages dans leurs travers d’architectes qui croient savoir tout faire et n’avoir besoin de personne d’autre ». Un autre message me questionne sur « l’honnêteté intellectuelle consistant à encourager ce genre de pratiques au regard des enjeux réels sur le climat ».

Je pense au contraire que permettre aux architectes de reprendre la main sur ces attestations est une avancée vers la performance énergétique.

En effet, pour beaucoup d’architectes, aujourd’hui, la question énergétique se résume à celle de la contrainte réglementaire. Ils la vivent comme un poids, du temps et des ressources mal employées. Et tant que ce problème quotidien persiste, il est très difficile d’aller plus loin sur la question.

Imaginons que vous ayez une rage de dents. Si je viens vous voir et vous explique que c’est à cause de votre régime alimentaire que vous avez mal, vous m’enverrez balader, même si j’ai raison. Mais si je vous donne d’abord un antalgique pour vous soulager, alors, peut-être une fois la douleur calmée, nous pourrons discuter.

En aidant l’architecte à produire lui-même ses attestations, nous, thermiciens, l’aidons à résoudre son problème le plus prégnant en la matière, et nous lui montrons que nous sommes prêts à l’écouter.

5 – Parce que les seuls à craindre des attestations gratuites pour les architectes sont ceux qui vendent un formulaire sans valeur ajoutée

99€, et 15€ de réduction si vous signez tout de suite. Accompagnement de qualité ?

Alors que nous concevions le logiciel OSCAR et avions trouvé un moyen pour permettre aux architectes de produire les attestations, un haut responsable du Conseil National de l’Ordre des Architectes m’a posé la question suivante : « vous n’avez pas peur de perdre votre travail en permettant cela ? ».

Je lui ai répondu que mon travail est d’apporter une valeur ajoutée et de l’expertise aux architectes, pas de leur vendre un papier au prix le plus bas possible. S’il y a des structures qui ont à craindre que l’architecte reprenne la main sur ce processus, ce sont celles qui profitent de ce système pour « cracher de l’attestation », sans autre valeur ajoutée.

Pour survivre, un ingénieur doit facturer entre 400 et 800€ HT par jour. Si vous vendez l’attestation à 100 €, il vous faut donc en faire 4 à 8 par jour pour payer quelqu’un honnêtement (surtout si vous garantissez la livraison en 7h). Pour atteindre un tel débit, il y a deux solutions. Soit vous passez fort peu de temps sur le projet avec un process automatisé. Soit vous sous-payez les gens, ou n’employez que des agents de saisie, ce qui n’est guère mieux pour le projet. Dans un cas comme dans l’autre, vous vendez un papier, point. Qui s’est réellement penché sur la qualité du projet dans un tel cas ? Personne.

Alors que si l’architecte peut produire lui-même l’attestation, il doit saisir son projet, choisir des paramètres, s’interroger sur le résultat. S’il en a besoin (et dans ce cas seulement !) il s’adressera à son BE, et il saura pourquoi il le fait. Résultat : c’est le concepteur de l’enveloppe qui se penche lui-même sur sa réalisation, s’interroge et la met « sur les rails » de la performance.

6- Parce que les architectes ont des outils de conception et RT2012 spécifiques

Depuis le début de l’année 2016, tous les architectes de France disposent gratuitement d’une chaîne d’outils conçus spécifiquement pour eux. Ils leur permettent non seulement de gérer le processus RT2012, mais surtout de concevoir des enveloppes de niveau passif ou encore meilleur.

Quand je dis qu’il s’agit d’outils « conçu spécifiquement pour l’architecte », je veux dire qu’ils sont organisés selon leur logique, très différente de celle du thermicien. Ce n’est pas pour rien qu’aucun des acteurs habituels des logiciels thermiques en France n’a accepté de concevoir OSCAR aux origines du projet…

Les architectes ont donc tous les outils nécessaires gratuitement. Du moins, ils les ont payé avec leur cotisation auprès de l’Ordre. Il leur manque néanmoins souvent la méthode, la manière d’intégrer ces pratiques et outils dans leur processus de conception pour gagner en performance et en productivité. C’est tout l’objet de la formation proposée.

7 – Parce que cela concerne les projets sur lesquels il n’y a pas d’énergéticien.

Dans un monde idéal, une part du budget de chaque projet serait consacrée à rémunérer honnêtement un énergéticien. Ce n’est déjà pas toujours le cas sur les gros projets, comme nous le rappelle Olivier Sidler. Mais sur une multitude de petits projets, en particulier les extensions, les maisons individuelles ou les petites rénovations, c’est carrément hors de question, l’architecte a déjà du mal à se payer lui-même. On comprend que le recours aux attestations low-cost soit une voie logique.

Or, l’architecte est outillé pour gérer ces attestations plutôt simples sur des petits projets. Pourquoi ne pas lui donner tous les moyens de réaliser ces attestations en moins de 30 mn, alors qu’il a accès à tous les outils ? Une demi-heure pour économiser 100€, c’est un taux horaire de 200 €/h, peu courant en architecture, sans compter le sentiment d’autonomie et de compétence.

8 – Toute passerelle est bienvenue pour franchir le fossé entre les architectes et les bureaux d’études

A quelques rares exceptions près, architectes et ingénieurs / techniciens de bureau d’étude sont d’accord : la communication est difficile. Entre ces mondes, les logiques, les modes de raisonnement, les mots, la compréhension des enjeux, tout diffère. Et pourtant il nous faut travailler ensemble.

Permettre à l’architecte d’avancer en sécurité et en autonomie dans l’univers énergétique, c’est construire une passerelle. OSCAR a été conçu pour cela, et comporte des outils spécifiquement dédiés à faciliter la communication avec les énergéticiens. Et quand bien même le travail RT2012 est réalisé par un BE, je pense qu’il a tout à gagner à récupérer un projet déjà mis sur les bons rails.

9 – Parce qu’on a tous envie de faire du travail interessant, ce que les attestations RT2012 ne sont pas

attestations - pénible

Allons Jessica, encore une petite attestation RT2012 ?

C’est un truisme : tout le monde préfère faire des choses intéressantes. Produire une attestation RT2012 n’est pas une chose intéressante. Concevoir un bâtiment performant, au contraire, est une chose intéressante.

La plupart des architectes qui suivent en salle cette formation sur les attestations RT2012 savent, avant la pause de midi, générer une attestation en moins de 6 minutes. C’est le seuil symbolique et psychologique d’un taux horaire dépassant 1000 €/h. Ils en concluent logiquement « en fait… ce n’est ni difficile, ni intéressant… passons à autre chose ». Et nous ne parlons plus que de performance des bâtiments.

Banco ! Lorsqu’une étape qui paraissait absurde et complexe devient anecdotique, cela laisse beaucoup de place pour du travail intéressant et constructif. Tout le monde y gagne.

10 – Parce que ce n’est pas aux ingénieurs de dire de quoi les architectes ont besoin

Lorsque nous développions OSCAR, j’ai été le premier à refuser de toucher à la RT2012. Je trouvais que ce n’était pas un travail pour les architectes. Je trouvais plus intéressant d’ajouter un calculateur de confort ou un détecteur de surchauffe. J’ai accepté à contre-coeur de quand même permettre cette passerelle réglementaire. Et j’ai mis plusieurs années à me rendre compte que j’avais tort.

Aujourd’hui, 100% des mails que je reçois en réaction à cette annonce de formation viennent de thermiciens. Pas d’architectes. Les architectes, ils s’inscrivent. Les thermiciens, eux, s’interrogent sur ma santé mentale et mes intentions car je semble avoir oublié que « les architectes ont besoin d’être accompagnés ».

Il y a une différence fondamentale entre un besoin et une stratégie conçue pour répondre à ce besoin. Nous savons tous qu’il y a besoin de montée en compétence sur les questions énergétiques. Cela vaut pour les architectes comme pour les ingénieurs.

L’attestation RT2012 de niveau PC représente aujourd’hui le minimum du minimum en matière de compétence et de performance énergétique. C’est un peu l’équivalent du code pour le permis de conduire.

Pour poursuivre l’analogie, on pourrait dire que beaucoup d’ingénieurs me disent que les architectes ont besoin d’apprendre l’éco-conduite, le freinage au pied gauche et le double-debrayage. C’est peut-être vrai. Mais les architectes disent que leur premier problème, c’est de passer le code. Je trouve juste de les y aider, en ayant confiance qu’ensuite, il apprendront à conduire de mieux en mieux.

Et pour conclure sur les attestations RT2012

Au moins pour ces 10 raisons, je trouve juste de proposer une formation « Attestations RT2012 gratuite pour l’architecte ». Mais si vous parcourez ce blog, je pense qu’il sera clair qu’il n’est ni dans mes habitudes, ni dans mon ambition de me contenter du minimum réglementaire. Tout en vivant honnêtement de mon travail, j’ai à coeur de permettre à chacun d’envisager une ambition au-delà de la RT2012. Puisqu’il faut commencer là, je trouve normal d’aller m’adresser aux gens là où ils sont pour leur simplifier la vie.

Mais soyez assurés que cette formation n’est que la première d’une série qui nous emmènera, je l’espère, bien plus loin.

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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Aymeric - 14 août 2020 Reply

Bonjour,
Je suis ingénieur thermicien et effectivement, le Bbio c’est pas un vrai métier de thermicien.
Pourquoi ne pas se rejoindre sur une ambition d’objecitf ? RT2012 globalement ce sont des parois avec un coeff U=0,20W/m².K donc c’est généralement ce que je dis à l’archi qui m’appelle.
Pour un U=0,2 = R=5m².K/W tu peux l’atteindre avec ce que tu veux ITI/ITE, MOB ou Monomu peut importe.
Généralement, on s’entent sur une épaisseur de murs de 40cm et on reporte la définiton des parois à l’APS.

Michel Meunier - 24 janvier 2018 Reply

Salut Pascal

Quelle embrouille pour si peu de valeur ajoutée sur ces attestations… je pense que les réactions mauvaises doivent provenir de gens qui ne comprennent pas le monde dans lequel on vit. Bon sang mais il suffit de regarder autour de soi pour rapidement comprendre que le Bim va tout avaler, tes attestations Oscar comprises… D’ailleurs regarde bien ce qui se passe sur les techniques constructives modulaires Hors Site et impression 3D et compare à ce qui s’est passé sur l’automobile entre 1950 et 2000. Conseille leur de lire “J Rifkin la société à coût marginal zéro”.

D’ailleurs pour un client on vient de produire un configurateur pour des bâtiments de bureaux et écoles Hors site qui valide la conformité Bbio et Cep à partir de 17 critères de sensibilité…On a fait plus de 500 000 simulations et pas à 99€ la simulation 🙂

Et puis bon sur un bâtiment de 6M€ récupérer un business de 6000€ pour une étude RT2012 c’est pas un métier. Sauf à lui donner du sens en employant des gens en réinsertion ou des migrants…

Je pense que la vraie question à se poser pour un chef de BE aujourd’hui c’est ” qu’est ce que je vais faire demain pour apporter de la plus value réelle sur ce marché en mouvement perpetuel ? “.

Bonne journée à toi Michel

Jean-Yves Mesnil - 22 janvier 2018 Reply

Les RT ont paradoxalement détruit toute cohérence scientifique et technique dans les BE …le Bbio n’est d’aucune aide pour la conception…moi même, lors des études passives je refuse de faire la RT alors que je dispose du logiciel. On est sur un autre monde conceptuel…et tous ceux qui font de la RT en série, le font car c’est une vache à lait qui fait tourner la boutique…..le problème c’est qu’on finit par penser regles Th qui sont fausses, alors qu’il y a des normes de qualité !!!

    pascal - 22 janvier 2018 Reply

    Bonjour Jean-Yves,
    merci de votre commentaire. Je partage votre opinion : le monde de la RT est un monde différent de celui de la conception performante. Les logiques, les objectifs, les outils, beaucoup de choses diffèrent, même si en apparence, c’est “de la thermique”.
    D’où l’importance, une fois que nous aurons parlé RT et réglé ces problèmes “de base”, d’ouvrir la discussions vers la “vraie” conception.
    A bientôt.
    Pascal

Jacques ALLIER - 22 janvier 2018 Reply

Bonjour Pascal,
Les architectes ont un besoin crucial de comprendre la thermique du bâtiment afin de prendre les bonnes décisions pour parvenir à une frugalité des besoins.
Depuis la RT2012, il y a bel et bien une interactivité entre le dessin et le calcul énergétique se substituant à la pratique séquentielle antérieure: on dessine puis on calcule (quelque soit le dessin d’ailleurs). Pour les petits projets, neufs bien sûr encore plus pour les projets de rénovation, ce processus ne peut être partagé pour des raisons économiques et si bien sûr on veut que le travail soit bien fait. Dans ces conditions, l’architecte doit absolument maîtriser les calculs nécessaires.
Les thermiciens qui s’insurgent ont tord de s’inquiéter de cette situation. Imaginons qu’un architecte sache utiliser un logiciel de calculs réglementaires. Cette situation ne fait pas de lui un thermicien! Imaginons maintenant qu’il ait un projet d’un immeuble collectif d’une vingtaine de logements. Bien qu’il sache faire les calculs, il y a de grandes chances qu’il les confie à un BET parce qu’il n’aura pas envie d’assurer une saisie fastidieuse. En revanche, je suis absolument convaincu que les relations avec le BET seront meilleurs parce qu’il connaîtra mieux le monde de l’autre. Réciproquement le BET ne pourra plus faire passer des solutions en profitant de l’absence de connaissances de l’architecte.
Mais revenons à OSCAR, pour lequel j’ai été béta-testeur. A l’origine, Oscar n’a pas été fait pour les calculs réglementaires et le discours a vite évolué vers un outil pédagogique pour maintenant prétendre effectuer la première attestation.
S’il doit être un outil pédagogique, je ne suis pas sûr qu’une boîte noire soit la meilleure façon de faire comprendre l’importance des éléments à prendre en compte. En outre ces éléments doivent être complets. Je serais curieux de savoir le nombre d’architecte qui n’utilisent pas la saisie simplifiée des ponts thermiques et préfèrent en établir la liste détaillée.
Par ailleurs, dire qu’Oscar génère l’attestation due au permis est abusive. Oscar ne fait qu’exporter les données sur un logiciel agréé qui générera l’attestation. Quid des données qui n’auront pas été saisies, les masques par exemple? Quitte à saisir des données complémentaires ne serait-il pas plus simple d’utiliser directement un logiciel agréé?
Il n’en reste pas moins vrai que si Oscar contribue à désinhiber les architectes à l’égard de la thermique c’est une bonne chose.

Bien à toi

    pascal - 22 janvier 2018 Reply

    Bonjour Jacques,
    merci beaucoup de ton complément très riche.
    Tu rappeles, à juste titre, qu’Oscar n’a pas été pensé à l’origine comme outil “allant vers le réglementaire”. Comme je l’explique dans l’article, je trouvais personnellement que c’était une mauvaise idée de le sortir de son rôle originel, à savoir un appui pour la pré-esquisse.
    Je pense qu’il conserve son rôle pédagogique. Tu as raison, peu de gens vont jusqu’à saisir des ponts thermiques détaillés, mais je pense qu’à ce stade, ce n’est pas si grave. Je m’explique…
    Pour saisir un projet, il faut, à un moment, choisir une valeur. Dans la pratique, en formation, les stagiaires lèvent la tête et demandent “et là, qu’est-ce qu’il faut mettre ?”. Je pense qu’il y a beaucoup de valeur à cela. Si tous les gens qui utilisent des logiciels de simulation, quelqu’ils soient, avaient se réflexe de sortir la tête de l’outil pour se poser la question du sens de la valeur à saisir, alors… beaucoup de choses iraient mieux !-). Et c’est un gros morceau de la formation que parler de la “juste relation” à l’outil.
    Et paradoxalement, cela semble plus facile pour les architectes que pour les ingénieurs.

    C’est pourquoi je pense aujourd’hui que le plus grand manque en matière d’utilisation de logiciels de simulation est dans la remise à leur place comme outil. L’enjeu est de les remettre au service d’une méthode, pas de leur laisser dicter leur logique.

    Oui, c’est vrai, ce n’est pas directement Oscar qui génère l’attestation. Le processus est rendu possible par un chaînage de 3 outils. Depuis début 2018, la relation avec l’outil agréé qui génère le fichier XML (pas l’attestation non plus) s’est grandement fluidifié. IL est vrai que dans la présentation de la formation actuelle (mais ce n’est pas fini !-)), par souci de simplicité du discours, je ne parle que d’Oscar. Mais soyez assuré que les autres outils ne sont pas oubliés, et que Cype, qui fait un très beau travail collaboratif, n’est pas oublié.

    Enfin, tu parles des “données qui n’ont pas été saisies”, car il est vrai que dans le processus, certaines données sont gérées automatiquement. Il y a deux aspects à la réponse.
    – lors de l’export, l’architecte s’engage à avoir lu et compris le cadre dans lequel le processus se déroule. Un document public (qu’on trouve ici) précise ces hypothèses.
    – déjà sur Oscar (hors RT), un gros travail a été fait pour identifié le niveau d’information pertinente à saisir (ou pas) et à donner (ou pas). C’est en réalité une question qui se pose pour toute simulation. Est-ce que tout le monde saisit un masque lointain correct lors d’un calcul direct sur logiciel agréé ? J’en doute… et parfois, c ‘est la bonne chose à faire.

    D’une manière générale, il reste valide qu’Oscar et la chaîne d’outils de génération d’attestations RT sont pertinents pour les projets simples. Pour tous les cas plus complexes, où des hypothèses particulières prennent du poids, il reste fondamental de travailler différemment.
    Disons qu’OSCAR se positionne à un endroit où les logiciels “normaux” pouvaient être de trop gros outils. Cela permet à l’architecte de s’aventurer dans cet univers. Mais cela ne veut pas dire qu’on peut partir en exploration de l’Amazonie avec opinel “modèle enfant”.

    Belle journée !

    pascal - 22 janvier 2018 Reply

    Bonjour Jacques,
    merci beaucoup de ton complément très riche.
    Tu rappeles, à juste titre, qu’Oscar n’a pas été pensé à l’origine comme outil “allant vers le réglementaire”. Comme je l’explique dans l’article, je trouvais personnellement que c’était une mauvaise idée de le sortir de son rôle originel, à savoir un appui pour la pré-esquisse.
    Je pense qu’il conserve son rôle pédagogique. Tu as raison, peu de gens vont jusqu’à saisir des ponts thermiques détaillés, mais je pense qu’à ce stade, ce n’est pas si grave. Je m’explique…
    Pour saisir un projet, il faut, à un moment, choisir une valeur. Dans la pratique, en formation, les stagiaires lèvent la tête et demandent “et là, qu’est-ce qu’il faut mettre ?”. Je pense qu’il y a beaucoup de valeur à cela. Si tous les gens qui utilisent des logiciels de simulation, quelqu’ils soient, avaient se réflexe de sortir la tête de l’outil pour se poser la question du sens de la valeur à saisir, alors… beaucoup de choses iraient mieux !-). Et c’est un gros morceau de la formation que parler de la “juste relation” à l’outil.
    Et paradoxalement, cela semble plus facile pour les architectes que pour les ingénieurs.

    C’est pourquoi je pense aujourd’hui que le plus grand manque en matière d’utilisation de logiciels de simulation est dans la remise à leur place comme outil. L’enjeu est de les remettre au service d’une méthode, pas de leur laisser dicter leur logique.

    Oui, c’est vrai, ce n’est pas directement Oscar qui génère l’attestation. Le processus est rendu possible par un chaînage de 3 outils. Depuis début 2018, la relation avec l’outil agréé qui génère le fichier XML (pas l’attestation non plus) s’est grandement fluidifié. IL est vrai que dans la présentation de la formation actuelle (mais ce n’est pas fini !-)), par souci de simplicité du discours, je ne parle que d’Oscar. Mais soyez assuré que les autres outils ne sont pas oubliés, et que Cype, qui fait un très beau travail collaboratif, n’est pas oublié.

    Enfin, tu parles des “données qui n’ont pas été saisies”, car il est vrai que dans le processus, certaines données sont gérées automatiquement. Il y a deux aspects à la réponse.
    – lors de l’export, l’architecte s’engage à avoir lu et compris le cadre dans lequel le processus se déroule. Un document public (qu’on trouve ici) précise ces hypothèses.
    – déjà sur Oscar (hors RT), un gros travail a été fait pour identifié le niveau d’information pertinente à saisir (ou pas) et à donner (ou pas). C’est en réalité une question qui se pose pour toute simulation. Est-ce que tout le monde saisit un masque lointain correct lors d’un calcul direct sur logiciel agréé ? J’en doute… et parfois, c ‘est la bonne chose à faire.

    D’une manière générale, il reste valide qu’Oscar et la chaîne d’outils de génération d’attestations RT sont pertinents pour les projets simples. Pour tous les cas plus complexes, où des hypothèses particulières prennent du poids, il reste fondamental de travailler différemment.
    Disons qu’OSCAR se positionne à un endroit où les logiciels “normaux” pouvaient être de trop gros outils. Cela permet à l’architecte de s’aventurer dans cet univers. Mais cela ne veut pas dire qu’on peut partir en exploration de l’Amazonie avec opinel “modèle enfant”.

    Belle journée !

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